Affaire de fausses cartes d’électeur : L’UPC demande à la police de communiquer

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L’Union pour le progrès et le changement (UPC) demande aux autorités et plus particulièrement à la Police nationale de communiquer sur l’affaire de confection de fausses cartes d’électeur.

La direction nationale de campagne de l’UPC a animé un point de presse ce 15 septembre 2015 pour interpeller l’opinion sur le silence qui règne par rapport à la suite donnée à l’affaire des fausses cartes d’électeur retrouvées dans un cybercafé à Ouaga 2000.

Les animateurs du point de presse ont informé que le dossier se trouve au niveau de la police judiciaire, mais expliquent que rien d’autre ne filtre. Ils estiment qu’il faut plus de communication sur le sujet, au regard du contexte et de la gravité du cas.

« Il faut communiquer. C’est vrai, les enquêtes n’aiment pas le bruit. On demande aux enquêteurs de nous dire à ce stade, qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que cela est confirmé ou pas ? C’est le minimum », indique Me Séraphin Somé, avocat du parti et membre de la direction de campagne.

L’UPC entend en effet que l’opinion soit située sur la véracité ou non des soupçons de fraudes qui suintent de cette affaire.

Etre situés

« Nous attendons d’être situés sur les commanditaires, les exécutants, à quelle fin cela était fait, comment ils comptaient procéder pour tirer un gain de cette manœuvre frauduleuse qui est engagée. (…) Est-ce des ragots, est-ce des rumeurs ou est-ce en réalité un début de fraude et quelle est l’ampleur de cette fraude ?», détaille Me Séraphin Somé.

Le parti de Zéphirin Diabré, qui est candidat à la présidentielle d’octobre 2015, déclare craindre des fraudes électorales et ce, malgré les assurances données par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Me Barthélémy Kéré. L’UPC ne semble pas partager en effet cette assurance.

Fichier inviolable ?

« Nous faisons confiance à la CENI », commence Ali Seye, vice-président de la direction de campagne. « Seulement, ajoute-t-il, nous tenons à ce que le président de la CENI intègre dans l’inviolabilité de son fichier, un fait qui est réel. Aujourd’hui, nous sommes au 21e siècle et tout évolue. (…) Les systèmes centraux de la CIA, du FBI, du KGB (…) sont aujourd’hui violables. (…) Nous voulons qu’on mette les Burkinabè dans les réalités. Tout est possible avec ce fichier, même s’il est inviolable. C’est plutôt l’esprit qu’il faut combattre ».

L’UPC a tenu néanmoins à préciser que le citoyen qui a découvert le cybercafé où se fabriquaient les fausses cartes d’électeurs n’est pas de ses rangs. Il ajoute aussi n’avoir pas mené ses propres enquêtes. « Nous sommes républicains », précise Ali Seye. « L’affaire est au niveau de la police judiciaire. Faisons confiance à la police judiciaire», renchérit Me Séraphin Somé.

Ce sont 5 000 cartes d’électeurs qui auraient été retrouvées et saisies par la police et une personne mise aux arrêts. Selon plusieurs confrères, deux grands partis politiques seraient impliqués dans cette affaire.



Abdou ZOURE

Abdou Zouré, journaliste à Burkina24 de 2011 à 2021. Rédacteur en chef de Burkina24 de 2014 à 2021.

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