Le Conseil constitutionnel a sorti son couperet : Allons seulement aux élections !

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On a longtemps spéculé sur l’exclusion, beaucoup disserté sur l’inclusion et peu parlé de la réclusion qui guette certains candidats exclus. Aujourd’hui ça y est, le Conseil constitutionnel a libéré certains de leur charge électorale. Comme ça ils pourront s’occuper calmement de leur défense devant la Haute cour de justice, où leur dossier est pendant.

Eddie, pense à Kossyam en se rasant

Il se susurre qu’il aurait fait du forcing pour rester candidat du CDP. On raconte que le CDP sur les conseils d’ADO aurait fait un cadeau à KDO (Kadré Désiré Ouédraogo), mais celui-ci ayant tardé à saisir la perche, Eddie en patron du CDP, a sauté sur l’occasion. Comme quoi, on ne met pas le chapeau au genou quand la tête est présente.

Inexpérimenté en politique, Eddie a voulu jouer au gros bras en menaçant le Conseil constitutionnel. Fraîchement investi candidat, il déclarait « qui peut m’interdire d’être candidat, qui ? » comme pour dire « a tigui tey » : Eh bien Kassoum est là pour lui interdire d’être candidat. Comme dirait le chanteur, quelle que soit la grosseur de la marmite, son couvercle peut être trouvé.

Eddie est envahi par Kossyam, il ne pense qu’à sa candidature, au lieu de s’activer à la victoire de son parti aux législatives, il a contesté devant le Conseil constitutionnel, la décision du Conseil constitutionnel. C’est vrai qu’il n’est pas juriste, mais tout le monde sait que les décisions de Kassoum sont sans recours.

Boureima BADINI, le juriste expert

Eddie a été prévenu par Boureima Badini qui lui demandait de battre le fer pendant qu’il était chaud. Ancien ministre de la justice, magistrat rompu à la chose législative, il affirmait à son camarade président du CDP que le Conseil constitutionnel n’aura pas le choix si le code électoral demeure en l’état, que d’invalider la candidature de tous ceux qui ont dormi à Azalaï hôtel la veille de l’insurrection et ceux dont les yeux ont vu Blaise signer le projet de loi devant modifier l’article 37. Mais Eddie a cru que les bonnes vieilles méthodes du CDP pouvaient prospérer.

Au moins l’exclusion leur permettra de se dégonfler et d’accepter au moins que les choses ont changé.

Une désobéissance à l’appel à la désobéissance civile.

Dès qu’ils ont été exclus, Eddie et sa suite ont lancé une désobéissance civile. Ils ont oublié qu’au sein même du CDP, le malheur des uns fait le bonheur des autres. D’autres attendent pour remplacer leurs camarades inéligibles. Voilà le CDP contraint de faire ce qu’il ne voulait pas faire : mettre ses vieux dinosaures à la retraite politique et faire émerger de nouvelles personnes au moins pour cinq ans.

La cécité complaisante du CDP

Désobéi par le peuple suite à leur appel à la désobéissance civile, les recalés ne démordent pas. Au lieu de fourbir leurs armes pour gagner les législatives, car cela est possible, le CDP peut arriver majoritaire ou ravir le poste de chef de file de l’opposition. Mais non, les dignitaires exclus sont allés plaider leur propre cause devant Kaf de transition.

Achille TAPSOBA est allé sans Eddie, pleurer sa cause. Ce monsieur ne peut que s’en prendre à lui-même. Il était présenté comme l’idéologue du CDP. Eh bien il doit cesser de se laisser aveugler par son besoin de rester collé au pouvoir. Son idéologie peut prospérer dans l’opposition. Il faut savoir utiliser son intelligence en toute situation.  D’ailleurs à sa sortie d’audience, il avait un langage d’opposant. C’est bien Achille, l’apprentissage commence maintenant. Comme c’est dur d’être opposant !

Le Burkina Faso, un cas d’école.

Il ne reste plus qu’à réussir les élections du 11 octobre pour couronner le tout.

La transition burkinabè est un cas unique, aucun emprisonnement de masse des anciens dignitaires, aucune chasse aux sorcières et pour couronner tout ça, des exclus qui prennent acte de leur exclusion sans trouble à l’ordre public. C’est pas beau ça ?

Malgré les pressions de la CEDEAO et de certains chefs d’Etat, Kaf de transition a tenu bon, le dialogue a prévalu et l’esprit de l’insurrection a été préservé.

Gilbert a fait profil bas

Il a été le premier à s’incliner devant la décision des sages. Il est revenu trop tôt sur la scène politique, heureusement que Kassoum lui a accordé le temps de se reposer et surtout de préparer sa défense, pour éviter la réclusion après l’exclusion.

Au repos mon général ! En caserne mon colonel !

Unique général de gendarmerie du Burkina, diplomate rompu à la gestion des conflits armés, Djibril est recalé, malgré ses hauts faits sur le plan international, son interview sur RFI, les tentatives de son avocat de nous divertir avec la différence qu’il y aurait entre réclamation et recours.

Maintenant il faut que le général revienne dans les rangs de l’armée, on a besoin de son expertise pour reconstruire notre Burkina. On attend beaucoup de vous mon général, mais pour Kossyam je vous dis au repos !

Par ces temps qui courent on a besoin de tous nos militaires unis et combattifs, mon colonel, sans rancune, répondez maintenant à votre chef de corps qui vous demandait de clarifier votre situation, retournez en caserne, votre place y est !

Pour les autres, attendons sagement le 11 octobre, mais attention au candidat que le CDP soutiendra, le peuple pourrait le confondre à Eddie et ça peut faire mal.

Yelmighan


« Les sermons du vieux  Yelmigan » est une chronique satirique proposée par un « Observateur » avisé de la société burkinabè. Elle traitera deux fois par mois (le 1er et le 15 du mois) sur Burkina 24 de sujets liés à la vie de la nation burkinabè. Véritable sermonneur, le Vieux Yelmigan ne prendra pas de gant pour parler à ses fils et ses filles de leurs comportements quotidiens dans la société.  Ame détestant les sermons, s’abstenir donc !

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