Tronçon Fada-Bogandé : Entre nids de poule, radiers et coupeurs de route

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Les routes de la région de l’Est sont connues pour leur dangerosité. Mais certaines d’entre elles sont encore plus dangereuses que d’autres. C’est le cas du tronçon Bogandé-Fada. Longue de 135 km, cette partie de la route nationale n°18 est un vrai chemin de croix. En cette période de l’année, on peut la qualifier de la route de tous les dangers.

Coupeurs de routes, radiers cassés, accidents, voiture ou moto endommagées, nids de poules, animaux sur la voie.

Telles sont les dures réalités des usagers de la route nationale n°18, reliant Bogandé, chef lieu de la province de la Gnagna, à la capitale de région de l’Est, Fada N’Gourma. Chaque arrivée saine et sauve à destination, est vécue comme un coup de chance pour les voyageurs.

Depuis l’installation de l’hivernage, les voies qui étaient déjà en mauvais état sont devenues impraticables. « Chaque fois que je dois prendre la route pour aller à Fada, je suis très angoissé, a dit un infirmier en service à Bogandé. À mes débuts, je pensais que c’est la moto qui était mieux. Mais hélas, j’ai été déçu le jour où j’ai roulé. La voie a désaxé ma moto, sans parler des accidents qu’ont failli provoquer les animaux sur la voie  », a-t-il terminé.

Les déboires dont parle cet agent datent de deux ans. Mais aujourd’hui encore on vit les mêmes réalités, sinon pire.

Samedi 12 septembre 2015. Il est 7h30 à Bogandé quand un minicar de transport en commun, dans un état pas très enviable, klaxonne. Une bousculade s’engage entre les passagers. Pas de pitié pour les personnes âgées et les femmes. Ce n’était que le début d’un interminable calvaire.

Plein comme un œuf, le car démarre. De son siège, pour ceux qui sont assis, le voyageur voyait le sol à travers quelques trous sous ses pieds. Les flaques d’eau que le car traverse jaillissent sur les passagers. Le bruit du moteur, ses huiles et sa fumée envahissent l’intérieur du car dès qu’il atteint sa vitesse de croisière, 30 km à l’heure à peu près, état de la voie oblige.

Sur la route le chauffeur compose avec les bœufs, les chèvres, les moutons et autres animaux. Les passagers eux ont une peur bleue de certains endroits. Les coupeurs de route peuvent surgir à tout moment.

Au radier de la Sirba, un silence de mort s’installe dans le véhicule. Personne n’est sûr de sortir vivant de ce radier qui a déjà fait plus d’une dizaine de morts en moins de trois ans. Après le radier, les voyageurs ne se sentaient toujours pas hors de danger. Les marres sur la voie sont inévitables. Le chauffeur ne peut que choisir celles qu’il juge moins profondes. Et là, ce sont les passagers et le véhicule qui en pâtissent.

Les conséquences de cette situation sont incalculables. Un long temps mis pour parcourir une courte distance, c’est-à-dire 5 heures pour 135 Km, soit une vitesse moyenne de 27 km à l’heure.

Sur une route nationale ces statistiques font inévitablement froid dans le dos. Il est donc redondant de dire que cette voie doit être bitumée, ou à défaut être entretenue au moins. Il n’est pas utile d’attendre que des populations sortent dans la rue avant de se pencher sur la question de dangerosité du tronçon Fada-Bogandé.

Tiabrimani NADINGA

Correspondant de Radio B24 à Fada N’Gourma



Rédaction B24

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