Coup d’État au Burkina : Fada dit non aux putschistes

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Depuis l’annonce du coup d’État perpétré par le Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP) le 17 septembre 2015, la Place de l’Unité de Fada est bondée de monde. La population est venue à ce lieu symbolique pour dire non aux putschistes.

Fada N’Gourma, à 220 km de la capitale burkinabè Ouagadougou. Il est 17 heures ce jeudi 17 septembre 2015. Le soleil a fini sa course. La transition aussi. Un couvre feu est annoncé pour 19 heures par les nouvelles autorités. Mais ici la ville est “morte”. Boutiques fermées, voix barricadées, étalages ramassés, femmes et enfants dedans. Dehors, à pied, à vélo, à moto ou en voiture, les gens convergent vers la Place de l’Unité. Une seule intension, dire non aux putschistes.

Les activités ont cessé.
Les activités ont cessé, le marché central fermé.

19 heures, la place est déjà noire de monde. Ici on s’en fout du couvre feu. Chacun y va de ses commentaire « nous irons demain à Ouaga combattre ! » dit-on par là. Plus loin on scande des paroles hostiles au nouvel homme fort : « Diendéré doit mourir ! C’est un sanguinaire ! Le RSP doit être dissout ! Nous ne respecterons pas ses décisions, on s’en fout du couvre feu ! »

Au fur et à mesure que la nuit avance la foule grandit, la circulation devient de plus en plus difficile. Les artères de la ville sont occupées par les camions et les véhicule de transport bloqués par les manifestants. Peu après certains conducteurs rejoignent la foule. Là, on consulte en permanence, facebook, burkina24, lefaso.net… Toute information qui tombe est immédiatement partagée. Quand on apprend que le domicile de Diendéré à Yako est incendié on lance de clameurs.

L’heure avance, 21 heures, deux pickups militaires surgissent à la Place de l’Unité. La foule les entoure, deux militaires avancent : « Nous sommes avec vous, nous ne sommes pas là pour le couvre feux. Nous voulons juste demander un passage pour aller au Camp Nungu ». A ces mots la foule jubile. « On a l’armée avec nous ! L’armée est avec nous ! ». La foule leur cède le passage. L’enthousiasme s’augmente dans la foule et les slogans reprennent.  À 22 heures le rassemblement commence à diminuer. Les uns et les autres se donnent rendez-vous pour demain 8h.

 

Tiabrimani NADINGA

Correspondant à Fada N’Gourma.

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