Mgr Paul Ouédraogo : Le Coup d’Etat “a rendu service à l’unité nationale”

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Ceci est une interview réalisée par le service de communication de la conférence épiscopale et qui permet à Mgr Paul Ouédraogo, président de la Commission de réconciliation nationale et médiateur national dans la récente crise qui a secoué le Burkina de donner des détails et son analyse sur l’avant et l’après coup d’Etat du 17 septembre 2015.

Dans la crise politique que vient de vivre notre pays, Mgr Paul OUEDRAOGO Archevêque métropolitain de Bobo-Dioulasso et Président de la Conférence épiscopale Burkina/Niger a pris part active aux multiples concertations entreprises en vue du retour à la paix. Celui qui par ailleurs est le Président de la commission nationale de la réconciliation répond sans détours, traçant comme un bilan le déroulement d’une crise qui aura emballé tout un continent.

Excellence, certaines gens pensent que le coup d’Etat a été déclenché à cause du contenu du rapport que la commission nationale de réconciliation a déposé, qu’en dites-vous, en tant que Président de cette commission ?

Mgr Paul OUEDRAOGO: Merci de me donner l’occasion de m’exprimer sur ce que nous vivons actuellement au Burkina Faso. Le 14 septembre dernier, la commission de la réconciliation nationale a en effet déposé son rapport général auprès du premier ministre, comme c’était stipulé dans la loi.

Mais pour cela, nous avions eu besoin d’un mois de prolongation, parce que la mise en place du travail a été difficile et que l’organisation a mis du temps. Ainsi, au lieu de rendre le rapport le 13 août, nous devions le rendre le 13 septembre. Vu que ce jour était un dimanche, c’est finalement le lundi 14 septembre que avons rendu le travail.

Le 16 septembre au conseil des ministres, le régiment de sécurité présidentiel (RSP), a fait irruption, et a pris presqu’en otage les membres du gouvernement, le Président et son premier ministre. Puis la situation a évolué jusqu’à ce qu’à travers une déclaration, un organe dénommé le conseil national pour la démocratie, dise assumer désormais l’autorité de l’Etat. Bien sûr, beaucoup se sont empressés de dire que c’est le dépôt du rapport des travaux de la commission nationale de la réconciliation qui a déclenché cette réaction du RSP. Une telle allégation est-elle fondée ou pas ? Pour sûr, parmi les réformes préconisées au niveau institutionnel, le rapport proposait qu’il y ait une refondation de l’armée et de son commandement.

Ceci, parce qu’il y a des disfonctionnements graves, et pour le bien de la population et de celui de l’armée même, ces disfonctionnements demandent à être corrigés. Le rapport des travaux proposait donc que dans le cadre de cette refondation, il faudrait probablement dissoudre le camp du Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP).

Et cette proposition demandait que le RSP soit redéployé à des missions autres que celle d’assurer la sécurité du président du Faso. C’est ce que dit le texte de la commission de la réconciliation nationale. En cela, le rapport reprend d’ailleurs une recommandation qui avait été faite en 1999 par le collège des sages, qui demandait déjà que la sécurité du Président du Faso soit assurée par une élite de la gendarmerie et de la police comme cela se fait partout, parce que l’on n’a pas besoin de militaires à cette mission. D’aucuns donc ont pensé que le rapport était l’élément déclencheur du putsch.

Mais cette thèse parait difficile à croire. Quand on pense à la date du dépôt du rapport, et l’organisation rapide du RSP pour mener cette action, on est plus enclin à croire que c’était plutôt une action préparée, réfléchie et que les dispositifs étaient en place.

Qu’est-ce qui vous le fait dire ?

Mgr Paul OUEDRAOGO : Invités avec d’autres personnes à participer à des rencontres de médiation en cette journée du mardi 16 septembre, nous avons essayé de comprendre en fait qu’est-ce qu’il y avait sur la table comme revendication de la part du RSP.

Nous voulions savoir s’il s’agissait de revendications corporatistes qui demandaient qu’on réfléchisse pour trouver des solutions. Mais sur la table, à l’étonnement de la plupart, il y avait le problème de l’exclusion. Les putschistes disaient donc que le processus qui est enclenché va donner force à une fracture sociale importante et grave au niveau du Burkina, et c’est pour juguler cette fracture que le RSP entendait réagir, en empêchant la transition de continuer dans le sens où elle était engagée, puisque le corps électoral avait déjà été convoqué et que la campagne électorale devait commencer le dimanche 20 septembre.

De négociations en négociations, nous n’avons pas réussi, à dissuader le Conseil National pour la Démocratie (CND), de se mettre en route et de s’organiser.

La réaction de la population a été spontanée. C’est-à-dire que personne au Burkina n’a accepté de marcher dans ce coup de force, pas même l’armée. En réalité le RSP s’est isolé. A ce niveau, il n’est pas superflu de mentionner que le chef d’état-major à chaque fois qu’il a l’occasion, rappelle que depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, l’armée burkinabè a compris que réellement, elle devait se transformer pour revenir à ses prérogatives régaliennes, celles d’assurer la sécurité des populations et l’intégrité du territoire national.

Il y a donc tout un mouvement et un consensus au niveau de la haute hiérarchie militaire, pour que les militaires de plus en plus au Burkina, se retirent du politique pour ne laisser cette activité qu’aux civiles. Il était donc difficile dans ces conditions, -le chef d’état-major l’a dit lors des négociations-, que l’armée, en même temps qu’elle entreprend de se retirer de la sphère politique, prétende décider d’imposer un régime militaire au peuple.

Comment avez-vous donc procédé pour faire comprendre au Général Diendéré, l’incohérence des mobiles du putsch avec les objectifs d’une armée qui ne veut plus se mêler de la politique ?

Mgr Paul OUEDRAOGO : A ce niveau, il est clair que le RSP savait qu’il s’engageait dans une opération difficile parce qu’il ne pouvait pas avoir l’aval de l’armée nationale pour ce coup de force. Je pense que c’est cela qui a compliqué les choses.

Ainsi la Communauté internationale, et surtout la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ont volé rapidement à notre secours pour essayer de voir comment on pouvait gérer au mieux la question. Les projets d’accord ont été donnés. Dans ces négociations, je dirai que parce que le RSP était en position de force au point de départ, les négociations ont pris beaucoup de temps.

Le Président Yayi Boni du Bénin au bout de 48 heures a dû rentrer chez lui parce qu’il avait des urgences. Le Président Macky Sall a dû prolonger son séjour au Burkina pour que nous puissions sortir de cette crise. Et pendant ces 72h, les séances de travail ont été difficiles entre l’écoute des différentes factions de la population, les partis politiques, la société civile, les syndicats.

Les rencontres du Général Diendiéré avec le RSP ont pris beaucoup de temps. Nous avons mis également du temps pour nous entendre avec le Général Diendéré sur un certain nombre de choses.

La conséquence est que lorsque les médiateurs ont rencontré le président KAFANDO, il n’a eu droit qu’à recevoir d’eux la copie rédigée et corrigée avec les suggestions des uns et des autres, juste avant de le lire à l’ensemble de la population. Et c’est le lendemain lundi 21, que le texte était disponible, puisqu’il a été imprimé tard le soir, juste avant la cérémonie de clôture à la fin de laquelle le Président Macky SALL a repris son avion pour regagner son pays.

Un des points d’achoppement dans les concertations était la question de l’exclusion que défendait farouchement le CND. L’argument tenait-il vraiment ?

Mgr Paul OUEDRAOGO : A propos de la question de l’exclusion, je n’aime pas personnellement beaucoup ce mot. C’est un des mots pièges à travers lesquels souvent, une minorité peut jouer à la victimisation et soulever des problèmes qui n’en sont pas. Tous les codes électoraux se prononcent sur des éligibilités et des inéligibilités.

Il n’y a aucun code électoral qui n’ait pas de disposition d’inéligibilité. Le Burkina a eu son code d’inéligibilité, où il a défini comme étant inéligibles les personnes qui ont soutenu de façon manifeste la modification de l’article 37 lors du régime du Président COMPAORE. Il est vrai que juridiquement, on ne voit pas très bien ce que c’est que « soutenir ouvertement ». Je comprends très bien que la cour de la CEDEAO ait levé les bras au ciel, en demandant au conseil constitutionnel comment il allait pouvoir mettre en application ces expressions qui ne sont pas d’ordre juridique. La CEDEAO craignait le risque d’une application massive d’un tel code, qui peut mettre le pays plus en difficulté qu’il n’apportait des solutions.

Mais en face, le conseil constitutionnel savait de quoi il relevait. Ainsi a-t-il défini comme étant des attitudes ou comportements de soutien, -refusés par la réaction populaire des 30/31 octobre-, ceux qui de par leur position ou de par leur responsabilité ont posé des actes dans ce cadre. Il ne s’agissait pas d’essayer de cibler tous ceux qui ont participé à des meetings, à des marches ou à des contremarches.

Le code a décidé que les membres du dernier gouvernement du Président Blaise COMPAORE qui ont adopté le projet de loi de la modification de l’article 37 pour le transmettre à l’assemblée nationale, ne sont pas éligibles. Ensuite ceux qui à l’époque étaient dans le parlement et se trouvaient dans le camp de ceux qui coûte que coûte voulaient la modification de l’article 37, qui ont même été hébergés à l’hôtel près de l’assemblée nationale pour procéder à ce vote, ceux-là également ont été déclarés inéligibles à cause de ces actes posés.

Il faut s’en tenir à ce que le conseil constitutionnel a disposé. C’est vrai que l’on peut en discuter, mais quelquefois, il y a des solidarités qui se cachent derrière le mot exclusion et dont je ne voudrais pas parler. La preuve est que les candidats de l’ancienne majorité qui ont été déclarés inéligibles, ont refusé la décision du constitutionnel, dans leur première réaction, menaçant pour certains qu’il n’y aurait pas d’élection au Burkina.

Mais ils ont été interpelés d’abord par leurs propres militants qui leur ont fait comprendre la maladresse de leurs propos. En effet dans les déclarations qui ont suivi la décision d’inéligibilité émise par le conseil constitutionnel, ces candidats voulaient-ils signifier qu’en dehors d’eux il n’y a pas d’autres qui soient capables d’assumer ces responsabilités dans leur parti ?

Voulaient-ils dire qu’en dehors d’eux les autres membres du parti restent incapables de porter les aspirations du parti dans une compétition électorale ?

Je comprends que la sagesse ait prévalu. Les partis dont les candidats ont été déclarés inéligibles ont entendu raison et donc ont procédé à leur remplacement par d’autres candidats et sont partants pour les élections. Il n’y a donc pas d’exclusion, puisqu’ils sont partants pour les législatives.

Mais au niveau des présidentiels, la candidature est personnelle même si l’on est porté par un parti. Là encore des inéligibilités ont été prononcées. La sagesse aidant, les concernés ont fini par accepter la décision du conseil constitutionnel et comme ils l’ont dit eux-mêmes, «  pour le bien du peuple ».

Tout semblait être bien parti. Ce qui est surprenant donc, est que le RSP, vienne par la force et de très mauvaise manière, prendre en otage un conseil des ministres, une première au Burkina malgré ce que nous avons connu comme coups d’Etat.

C’est la première fois qu’un coup d’Etat prend des allures de terrorisme et c’est très dommage. En plus, ce coup arrive à un moment où il n’y a pas de problème. En invoquant le problème de l’exclusion, les putschistes viennent pour défendre des personnes qui ont fini par se ranger derrière le conseil constitutionnel.

Les putschistes ne forment pas un parti politique, et ils n’ont pas de candidats. Ils ne sont donc pas concernés par le coup de force qu’ils ont opéré. J’ose espérer encore que ce n’est pas un coup de force commandité ! Ce qui est sûr il est arrivé à un très mauvais moment et dans des circonstances pas heureuses.

Pourquoi insinuiez-vous l’hypothèse d’un coup de force commandité ?

Mgr Paul OUEDRAOGO : On est tenté d’y croire, pour la simple raison que si les putschistes réclamaient des revendications corporatistes, parce qu’ils se sentaient brimés pour ceci ou pour cela, l’opinion aurait pu essayer de comprendre.

Mais les putschistes parlent de l’exclusion et ce n’est pas leur corps qui est concerné. Pendant ce temps, la réaction de certains de l’ex majorité a consisté à saluer ce coup de force comme pouvant donner une chance pour la démocratie, alors que la société civile burkinabè dans son ensemble, a récusé cette manière de procéder.

Même pour défendre l’exclusion, on n’avait pas besoin de l’arme de la violence. D’aucuns arguent donc qu’on est en droit de penser que le coup a été commandité. Mais s’il s’avérait qu’effectivement l’ancienne majorité détient les manettes de ce coup, elle sera emmenée à assumer. Si c’est le RSP qui a pris sur lui de rendre ce service à l’ex majorité, il lui aura rendu un très mauvais service.

Beaucoup disent que la révolte du peuple s’est faite plus vive après la publication des conclusions de la médiation de la CEDEAO, et que la médiation à l’interne semble avoir fait plus d’effet, êtes-vous de cet avis ?

Mgr Paul OUEDRAOGO : Disons que les deux démarches ont tous porté le fruit escompté de la réconciliation. C’est vrai qu’après les premières conclusions tirées de la médiation des Chefs d’Etat, la résistance populaire s’est vite organisée, parce que ces conclusions n’allaient pas dans le sens des attentes du peuple.

C’est ainsi que l’armée à un moment donné, a compris qu’elle devait prendre ses responsabilités vu qu’elle n’était pas partante pour ce coup de force. Il était manifeste que les autres unités à travers le pays n’ont pas été consultées. Il y a eu donc cette réaction à la fois militaire et civile. La tension est montée et a conduit le pays à deux doigt de l’affrontement entre les forces putschistes et le reste de l’armée nationale. Dieu merci, la sagesse a prévalu et grâce aux médiations des uns et des autres, le mercure est redescendu.

Le RSP et l’armée régulière se sont retrouvés chez le Mogho Naba et se sont entendus. Un pacte de non-agression s’est conclu entre eux. Actuellement, ils doivent être en train de faire l’inventaire de l’armement qui est dans le camp du RSP. Après cela, il appartient aux autorités de la transition de voir ce qui va être trouvé comme solution consensuelle.

Depuis les évènements de février 2011 et même avant, le peuple burkinabè entretenait comme un désamour envers son armée. Peut-on dire qu’avec ce putsch, l’armée et le peuple se sont réconciliés ?

Mgr Paul OUEDRAOGO : La « bagarre » comme expliquent les putschistes, est partie pour éviter l’exclusion et donc la fracture sociale qui était en train de se dessiner.

A cause de la réaction nationale et internationale, on a le sentiment que la situation a plus rendu service à l’unité nationale parce qu’en définitive on constate que tout le monde s’est soudé et l’armée régulière est restée derrière son peuple. Puis le RSP a fini par regretter ce qu’il a posé comme acte. C’est du gagné.

Nous sommes maintenant tous d’accord que ce n’était pas à faire, et le Général DIENDIERE lui-même a confessé ne plus vouloir en parler et qu’il regrette, vu tous les dégâts en termes de blessés, et de vies humaines perdues. C’est le même sentiment qui anime aujourd’hui le RSP qui dans son ensemble reconnait que c’est quelque chose à ne pas faire. Dans l’unité retrouvée, il reste à négocier des accords avec à la fois la dimension de justice et de pardon, et je pense que le Burkina peut repartir en regardant l’avenir avec un peu plus de sérénité.

Quel rôle peut ou doit jouer l’Eglise dans de pareilles crises ?

Mgr Paul OUEDRAOGO : Nous concernant, nous entendons résonner Africae Munus, l’exhortation post synodale du Pape Benoit XVI, donnée à Cotonou lors de sa visite pastorale en Afrique, au sujet de l’engagement des chrétiens à la suite du Christ aujourd’hui. Elle interpelle sûrement l’Eglise dans le service qu’elle doit rendre à la nation, en matière de réconciliation, de justice de paix et de pardon.

Les pasteurs doivent donc comprendre que leur rôle est d’aider les populations, aussi bien les gouvernés que les gouvernants, à gérer réellement la vie des peuples et des nations selon les voies de vérité, de justice et de réconciliation. La gouvernance en Afrique a beaucoup de blessures.

Que ce soit la gouvernance politique, la gouvernance sociale, la gouvernance économique, institutionnelle et même environnementale, il y a beaucoup de problèmes et l’Afrique, a des progrès à faire. C’est donc le devoir de l’Eglise, de ses pasteurs unis à leurs peuples, de participer à la construction de ce continent, ainsi qu’à l’assainissement de cette gouvernance. Prêter le concours partout où le dialogue est possible est le rôle de l’Eglise et de ses pasteurs en particulier. Ceci dit, notre avantage au Burkina est d’avoir cette unité d’action entre confessions religieuses et communautés coutumières.

Elle est quelque chose à la fois informel et formel, mais qui ne rentre pas dans les institutions étatiques. Nous agissons comme force morale, avec la chefferie traditionnelle organisée autour du Mogho Naba, la communauté musulmane, protestante et catholique qui ont pris l’habitude de se concerter autant que possible pour avoir des actions communes et participer de façon commune à des concertations ou à des lieux de dialogue.

Dans les événements qui viennent de se produire, nous avons pu intervenir à divers nouveaux pour essayer d’apaiser la situation et aider les voies de la sagesse et de la retenue à prendre le dessus. Toutes les communautés ont appelé à la prière, parce que comme croyants nous savons que la paix nous vient de Dieu qui agit dans les cœurs. C’est en définitive Lui qui sait ramollir les cœurs pour que le dialogue l’emporte sur la violence dans la recherche des solutions des problèmes.

Dans cette crise, on constate malheureusement que des chrétiens se sont négativement illustrés. Ce fait n’interpelle-t-il pas sur le comportement des chrétiens laïcs en politique ?

Mgr Paul OUEDRAOGO : A l’ occasion des campagnes qui allaient s’ouvrir, nous avons livré un message à l’endroit du peuple chrétien et des hommes de bonne volonté. Nous avons rappelé que l’engagement du chrétien laïc en politique est une forme suprême de charité. Nous invitions spécialement les chrétiens à prendre leur responsabilité comme chrétiens, en leur donnant également des repères. En politique il faut avoir le courage de la vérité, le courage de la justice, le courage de la paix.

Si on veut s’engager en politique ce devra être pour ces causes-là. Ce à quoi nous pasteurs invitons les chrétiens, c’est qu’ils acceptent de se convertir et qu’ils reconnaissent que la politique ne leur demande pas de renier leur foi chrétienne. Au contraire, leur foi chrétienne les oblige à mettre le meilleur d’eux-mêmes au service de leurs peuples et au service de leurs frères et sœurs.

Mais puisque « le cœur humain est compliqué et malade » le cœur aura toujours besoin de conversion, ce que le chrétien en politique doit comprendre et rechercher au quotidien. L’autorité est d’abord service, elle n’est pas une question de puissance économique ou de richesse, et Jésus-Christ compte sur tous ses disciples pour qu’ils conçoivent leur autorité comme étant un service au bénéfice de leurs frères et sœurs.

C’est ce qui doit être mis en pratique en politique. En définitive on demande aux chrétiens de ne jamais oublier que Jésus Christ leur demande de se mettre au service de leur peuple, en donnant le meilleur d’eux-mêmes en matière d’honnêteté, de vérité, de compétence.

Mais parce que quelquefois les intérêts individuels ou de groupe viennent s’interposer, les chrétiens ont tendance à étouffer la parole de Dieu qui leur demande d’aller sur les chemins de l’amour fraternel. Saint Jean-Paul II disait que, le fait que le mensonge compagnonne avec la politique, n’est pas une raison suffisante pour que le chrétien s’abstienne de s’y engager.

Si le chrétien attend que le domaine politique soit assaini avant de s’y engager, sur qui compte-t-il pour cet assainissement ? Les chrétiens doivent s’engager en politique pour rendre service surtout aux plus démunis, aux plus vulnérables. Ceux qui en ont le charisme doivent donc descendre dans l’arène politique, mais toujours pour respecter ce qui est fondamental, la vérité, la justice, le pardon et surtout une gouvernance économique, sociale, politique, environnementale qui fait le développement intégral de nos peuples.

Itw. Réalisée par abbé Joseph KINDA

Com. Conférence Episcopale


NDLR : Le titre est de la Rédaction B24



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