Réné Bagoro : Michel Kafando « est resté courageux »

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A sa sortie du premier conseil des ministres d’après coup d’Etat, Réné Bagoro, magistrat et ministre en charge de l’habitat, séquestré avec le Chef de l’Etat Kafando, lors du coup d’Etat, a été interrogé sur ses conditions de détention. Il a insisté sur le courage de Michel Kafando

Vos ravisseurs vous ont-ils dit pourquoi vous a été retenu ?

Réné BAGORO (R.B) : J’avoue que jusqu’à ce que je sois libéré, on ne m’a pas sincèrement dit qu’est-ce qui m’était reproché. Sauf quand on partait dans le véhicule qui nous a amenés, celui qui était à côté de moi disait : « c’est terminé maintenant, on est tous Burkinabè ».

Quand nous étions assis, il faut dire qu’au début, ils ont mis le président et le Premier ministre dans une salle, ce que nous on entendait : « on disait voilà nous on est des assassins, on va tuer maintenant, les hommes politiques sont tous foutus, voilà Balais citoyen, on va voir maintenant ». On entendait quoi.

On estime que peut-être c’est dû à notre engagement dans la société civile, aussi à notre qualité de juriste, parce qu’apparemment ils en avaient gros contre le code électoral.

Quand après ils nous ont séparés, moi j’ai été mis dans une salle enfermée avec le chef de l’Etat.

Ils ne nous ont jamais dit, sauf qu’entre temps, un capitaine est venu me voir et il m’expliquait que mon arrestation était due à un certain nombre de manipulations, parce qu’ils estimaient que non seulement j’en voulais au RSP, mais aussi au niveau de la justice, je crois que là-bas également certains avaient estimé que j’avais fait remplacer des gens que l’ancien régime avait mis en place.

Je pense que l’un dans l’autre, on reprochait mes prises de positions, ce qui me fait croire que derrière ces militaires, il y a même des magistrats.

Vous étiez enfermé dans la même salle avec le Chef de l’Etat ,vous venez de le dire, comment est-ce qu’il était pendant cette situation ?

R.B : Oui, il faut reconnaître que le Chef de l’Etat a été fort. Ce qui nous a permis aussi d’être forts, parce que vous imaginez c’est quelqu’un qui est âgé et il est resté sur le fauteuil, parce que lui, il a fait une nuit, donc deux jours et une nuit, parce qu’on l’a ramené vers 20h le lendemain.

Il est resté sur son fauteuil. Nous avons causé, parce que, il faut dire que jusqu’à 21H, nous ne savions pas ce qui se passait. Donc c’est après que nous avons su ce qui se passait. Mais il est resté courageux. Il a demandé après des ouvrages que nous lisions pour passer le temps.

Monsieur le ministre, les derniers instants de votre séquestration…. 

R.B : Il faut dire que les derniers instants, j’ai trouvé ceux qui me gardaient très courtois. Il y a un capitaine qui est venu voir et qui m’expliquait que, eux, ils ne voulaient pas, ce sont des gens qui les ont instrumentalisés, etc etc.

J’ai eu l’impression qu’il était en train de nous amadouer, mais moi j’ai considéré que c’était trop tard. Donc quand on m’a annoncé que j’allais être ramené à la maison, c’est tout naturellement que j’attendais tout sourire. Mais il faut dire qu’il n’y a pas eu véritablement quelque chose qui nous permet de savoir pourquoi nous avons été interpellés.

En tant que juge, qu’attendez-vous faire ?  

R.B : Je crois que je l’ai déjà dit. J’ai été enlevé et séquestré. Je porterai plainte tout naturellement pour enlèvement et séquestration.

Propos retranscrits par Mamady ZANGO (Stagiaire)

Burkina24



Rédaction B24

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