Burkina : La fin du désarmement de l’ex-RSP est actée

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La fin du désarmement de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) a été symboliquement actée par une sobre cérémonie à la Place de la Révolution, ce 6 octobre 2015 à Ouagadougou.

« La présente cérémonie a (…) pour but de marquer la fin du désarmement de l’ex-RSP et de faire constater son effectivité à la délégation de la CEDEAO et aux chefs d’Etat-major des pays membres ». Une phrase du Premier ministre Isaac Isaac Zida, prononcée à la Place de la révolution ce mardi au nom du Chef de l’Etat Michel Kafando, qui marque le requiem de l’ex-RSP.

Triste réputation. Une unité dont le Premier ministre a rappelé la renommée en ces termes.

«Depuis sa création, le RSP a été utilisé par le régime du président Compaoré pour freiner les aspirations légitimes du peuple burkinabè à une vie démocratique réelle.

Au lieu de contribuer à la protection des populations, ce corps devenu une menace permanente contre la marche radieuse du peuple burkinabè et un instrument pour imposer la volonté d’un groupuscule, qui, incapable d’apprendre les leçons de l’histoire de notre peuple, se condamne ainsi à répéter les erreurs d’un passé à jamais révolu dans la conscience collective des Burkinabè ».

Le Premier ministre est aussi revenu sur le coup d’Etat du 16 septembre 2015 (qui a fait 14 morts et 251 blessés), qui, selon lui,  “n’était que le couronnement d’un plan savamment préparé par le tristement célèbre Général  Gilbert Diendéré et dont l’objectif était de mettre fin à la Transition et d’installer un régime de terreur ».

Le Premier ministre a félicité le peuple burkinabè pour son « comportement exemplaire », salué la bravoure des soldats et le professionnalisme de la hiérarchie et remercié la communauté internationale pour son soutien.

Désarmement. Revenant sur les conditions de ce désarmement, le président de la commission technique, Colonel Salif Tinguery, a expliqué les raisons de l’arrêt du processus et de la « prise par la force » de l’armement de l’ex-RSP. « Toutes les opérations d’enlèvement ont été émaillées d’incidents provoqués par des éléments armés, le plus souvent d’un effectif de 8 à 10 personnes, dit-il. De simples comportements hostiles, ils sont passés aux menaces, puis à des agressions physiques sur le personnel technique ».

Une mitrailleuse, exposée à la Place de la Révolution © Burkina24
Une mitrailleuse, exposée à la Place de la Révolution © Burkina24

Concernant les auteurs du putsch, le Premier ministre a expliqué aux chefs d’état-major de la CEDEAO que la justice est sur leurs traces.

Voir aussi == L’échantillon des armes en images

« Ceux qui ont planifié et exécuté ce coup d’Etat répondront de leurs actes devant la justice », affirme-t-il, avant d’ajouter que « ainsi donc se tourne une page douloureuse de notre histoire dont les enseignements seront tirés par tous afin d’éviter à notre peuple une telle tragédie à l’avenir ».

Réaffectation. Pour le reste, les anciens soldats de l’ex-RSP ont été réaffectés dans les autres garnisons. « (…) Tous ou presque ont rejoint leur corps. Leur intégration a donc commencé et des instructions ont été données à toutes les unités et aux populations qui les accueillent afin de les recevoir en toute fraternité », affirme le chef du gouvernement. Quant aux armes, elles iront dans le patrimoine commun des Forces armées nationales et réaffectées aux différentes garnisons qui en ont besoin.

Les citoyens ont pris d'assaut les armes disposées à la Place de la Révolution et communié avec les militaires © Burkina24
Les citoyens ont pris d’assaut les armes disposées à la Place de la Révolution et communié avec les militaires © Burkina24

Le Premier ministre et ses invités ont ensuite visité un échantillon des armes de l’ex-RSP, exposées à la Place de la Révolution où de nombreux citoyens ont également pu les “admirer”, après le départ des officiels.

Vidéo== Des citoyens s’expriment

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A noter que le Premier ministre a été ovationné par la foule venue assister à la cérémonie. Des slogans ont été scandés en faveur de l’armée. “Enfin, tout est fini ! Nous allons pouvoir manger et causer avec notre armée”, a lâché un citoyen, visiblement enthousiaste.

Abdou ZOURE avec Stella NANA

Burkina24

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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