Mévente à la SOSUCO : Sauver les intérêts du consommateur, des employés et de l’Etat

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L’institut Free Afrik a animé une conférence de presse le vendredi 16 octobre 2015 à Koudougou sur la crise que traverse la société sucrière burkinabè (SN-SOSUCO) depuis plusieurs mois, marquée notamment par la mévente de sa production. La mévente s’explique, selon une étude que l’institut a menée sur le marché sucrier, par plusieurs raisons.

Des recherches, selon l’institut Free Afrik, montrent que la consommation nationale de sucre est partagée entre la SN-SUSUCO (1/3) et les importateurs (2/3).

« Des importations qui sont assurées dans les meilleurs des cas par une vingtaine d’acteurs. Mais c’est moins d’une douzaine d’acteurs qui écrasent le marché », fait remarquer Ra-Sablga Ouédraogo, président de l’institut Free Afrik.

Ces importations sont devenues trop importantes en raison de trois phénomènes. Le moindre coût du sucre importé, le système de valeur de l’UEMOA qui sous-évalue (entre 10 et 20 %) la valeur du sucre importé et la fraude à l’importation.

Les animateurs de la conférence de presse
Les animateurs de la conférence de presse

« Une quantité importante de sucre entre sans payer la douane ou en sous déclarant ou en sous payant la douane ou en déclarant par des sociétés qui ne sont pas réellement les vraies sociétés d’importation », explique-t-il pour illustrer le phénomène de la fraude.

« Il y a une société à un capital social d’un million de F CFA mais qui a bénéficié en 2014, sous le gouvernement Compaoré, d’une autorisation d’importation de 5 000 tonnes de sucre pour une valeur d’un milliard de F CFA pendant que cette société n’a qu’un million de capital. En début 2015, cette société a importé pour 560 millions de F CFA de sucre avec un capital d’un million. Il y a des constats dans les documents de l’Etat qui montrent que cette société est un prête-nom et qu’elle agissait pour une plus grande société », ajoute-t-il.

Cette situation a eu pour conséquences de nuire à la vente des produits de la SN-SOSUCO. Le gouvernement de la transition décidait en mars 2015 de l’arrêt de délivrance des autorisations d’importation du sucre pour pallier à ces problèmes et essayer d’augmenter la consommation du sucre produit localement.

Mais des dérogations spéciales continuent d’être faites parallèlement à la décision du gouvernement, aux dires de Ra- Sablga Ouédraogo.

Cette même étude indique que les conséquences de cette crise que vit la SN-SOSUCO peuvent être énormes. Il existe en effet un risque de suppression de 3 000 emplois, dont 1 500 permanents. Si la crise actuelle n’est pas solutionnée, il y aura un manque à gagner pour les recettes de l’Etat en 2015 qui pourrait se situer entre 8 et 15 milliards de F CFA, prévient Ra-Sablga Ouédraogo.

Trois paramètres sont à prendre en compte dans la résolution du phénomène, explique le directeur de l’institut. Il s’agit des intérêts du consommateur, les emplois et les recettes de l’Etat. A court terme, l’étude propose l’arrêt effectif de la délivrance d’autorisations d’importation et une justice fiscale.

Elle propose aussi que la question de l’importation dans le développement des industries locales soit portée dans les débats publics afin d’aboutir à une réforme de la régulation du secteur.

Revelyn SOME

Burkina24



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Il y a 4 commentaires

  1. Qui sont les actionnaires des la Sosuco? Quand l entreprise est rentable les actionnaires s en mettent plein les poches, quand ?a ne marche pas cest a l ?tat de payer pour sauver les emplois!!! J aurai pr?f?re que l ?tude nous propose et vrai plan de redressement Qui rendrai plus comp?titif la Sosuco tout en ?vitant le protectionisme , dans un esprit de libre concurrence …

  2. Pr?voir des d?rogations fiscales sp?ciales pour certaines soci?t?s industrielles (Vrai sources d’entr?e de devises).
    PROT?GEONS NOTRE INDUSTRIE.
    L’IMPORTATION NE VA PAS NOUS D?VELOPPER. SOYONS VISIONNAIRES…

  3. Nous allons pas laisser quelques personnes pill?s nos maigre ressources pendant 27 ans et continuer au vu et su de tous les burkinabe sous la transition.nous savons que c ‘est les memes soci?t?s pretes noms qui fraudent aux impots , en douane, et les memes faux documents servent a occuper tous les terrains dans les zones industrielles .Allons seulement…..

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