Me Prosper Farama: « Tant qu’il y aura de l’impunité, il y aura des crimes qui vont se perpétuer »

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L’interpellation sur la situation des victimes et des familles des victimes de l’insurrection ainsi que du putsch manqué de septembre se poursuit. La Coordination des associations pour l’assistance et le secours populaire (CASSAP) est montée au créneau ce jour 24 octobre 2015 pour une fois de plus attirer l’attention des autorités sur la situation que vivent les victimes au quotidien. La coordination les a réunies ce matin pour les tenir informées des initiatives qu’elle a décidé d’entreprendre dans la lutte pour leur cause. C’était à l’espace Gambidi sis au quartier Dassasgho de la capitale.

Interpeller. Evoquant le cas des victimes de l’insurrection dont la cause n’a pu être prise en compte par le gouvernement que plusieurs mois plus tard lors du conseil des ministres tenu à Fada par la mise en place d’une commission d’enquête, le Pr Séni Kouanda, président de la coordination a estimé que la nécessité sied de se réunir.

Pour lui, le seul fait que les autorités actuelles doivent leur présence aux martyrs et blessés de l’insurrection ne suffit pas pour faire prendre aux autorités leur responsabilité. Il fallait donc s’organiser autour d’une même structure. « Il faut qu’on puisse s’organiser et qu’on puisse interpeller les autorités que nous sommes là pour vous accompagner, pour être avec vous », a indiqué le Pr Kouanda.

Perpétuer la mémoire des disparus              

Mais avant, il a évoqué la nécessité de perpétuer la mémoire des disparus. Pour Me Prosper Farama du collectif d’avocats réuni pour défendre la cause des disparus et blessés du putsch, il est plus qu’étonnant que les tombes des martyrs de l’insurrection soient restées « intactes », depuis leur enterrement.

Quelques victimes et représentants de victimes présents à l'assemblée générale.
Quelques victimes et représentants de victimes présents à l’assemblée générale.

C’est pour toutes ces raisons que la coordination a tenu à rassembler les victimes et familles des victimes pour leur témoigner sa solidarité. La coordination compte aussi sur l’appui du collectif d’avocats pour maintenir la pression.

Pour Me Farama, tout cela aurait pu être évité et l’assemblée générale du jour n’aurait pas eu lieu. « Partout où il y a impunité, si les gens ne se mobilisent pas pour qu’on sanctionne fermement et immédiatement ceux qui ont commis cela, ça se répète toujours », a décrié Me Farama.

Absence de justice. L’avocat s’indigne au regard de la suite des événements, après l’avènement du putsch. Il s’étonne qu’il n’y ait pas eu des arrestations. « Tant qu’il y aura de l’impunité, il y aura des crimes qui vont se perpétuer », a déclaré l’avocat. Selon Me Farama, si on avait juste convoqué Diendéré, il n’aurait pas fait sortir ses éléments.

Il estime que ce qui ne doit pas être perdu de vue, c’est bien le fait que ceux qui ont commis des crimes doivent payer de leur vie. Me Farama se demande comment la réconciliation peut être possible si les responsabilités ne sont pas situées. « Avant qu’on arrive à réconciliation-paix, il faut qu’on dise qui a fait quoi, qui a donné l’ordre de tuer et pourquoi », suggère l’avocat. Et pour y parvenir, il demande aux victimes de bien vouloir ester en justice.

En rappel, la Coordination est composée de l’ABASSEP, l’ASAB, le MBDHP, l’’ODJ, le SYNTSHA, et l’UGEB.

Oui Koueta

Burkina24

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