Burkina : Une minute de silence en mémoire des martyrs

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Une minute de silence a été observée sur le territoire national en mémoire des martyrs de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du putsch du 16 septembre 2015. La sirène a retenti du haut de la tour de l’Hôtel de ville de Ouagadougou, répercutée sur l’ensemble du territoire, grâce à une synchronisation entre les radios et les télés. Au Rond-point des Cinéastes à Ouagadougou, des Burkinabè ont sacrifié au cérémonial.

La sirène ce vendredi à la mairie

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Ouagadougou, Place des Cinéastes. En face, la mairie de Ouagadougou. Sur le sommet de l’Hôtel de ville, les trompettes de la sirène, à 9h40 exactement, laissent sortir de leurs entrailles le retentissement qui marque le début de la minute de silence qui doit être observée sur l’ensemble du territoire national.

A dix mètres de l’enceinte de l’hôtel, la Radio municipale retransmet ce hurlement mécanique à travers ses antennes, repris depuis l’émetteur de la Radio nationale.

Des quatre artères qui débouchent sur le monument au cinéaste, c’est d’abord la surprise qui se lit sur le visage des usagers. Mais le jeu de la mémoire rappelle ce qui était distillé depuis près d’une semaine par le ministère de l’administration territoriale : devoir de mémoire aux martyrs.

Des usagers ont observé un arrêt
Des usagers ont observé un arrêt

Les freins sont actionnés et les corps se lèvent des motos, pendant que d’autres descendent des voitures. Les piétons marquent un arrêt. Le hurlement dure une minute exactement avant de redescendre progressivement pour finalement s’éteindre. Les bruits de motos reprennent lentement le dessus, de même que le jeu des feux tricolores autour du Rond-point des cinéastes.

Enseigner à l’école. Non loin de là, dans l’enceinte du Trésor municipal, des Burkinabè ont observé le cérémonial. « Les gens se sont arrêtés. Ceux qui étaient en circulation se sont arrêtés », déclare Flavien Dima, pendant que Zacharia Ouédraogo, qui revenait à bord d’un véhicule assure qu’il en a fait de même. «On revenait de la ville et arrivé devant la BCEAO, la sirène a sonné. Comme nous étions au courant, on est sorti du véhicule, on s’est arrêté », relate-t-il.

Le cérémonial semble avoir acquis leur adhésion. « Les familles sauront qu’on n’a pas oublié. Ils sauront que le peuple est toujours derrière eux », explique Asséta Zerbo, l’air ému dans sa tenue de vigile. Une pensée n’a pas manqué d’être adressée aux disparus. « Que Dieu apporte le rétablissement à ceux qui sont blessés. Paix à l’âme de ceux qui sont morts », prie Zacharia Ouédraogo.

Ils estiment qu'il faut répéter le rituel de la sirène chaque année
Ils estiment qu’il faut répéter le rituel de la sirène chaque année

Ils estiment qu’il faut pérenniser ce cérémonial et qu’il soit notamment annuel et réitéré à chaque 30 octobre. Flavien va plus loin. Il propose que toute sa signification soit expliquée aux élèves dans les salles de classe. « J’aimerais que cela soit répété chaque année, quel que soit le Président. Même dans les écoles, il faudrait que chaque année, à la même date, que dans les classes, les élèves observent une minute de silence afin qu’ils comprennent que c’est une période sombre de notre histoire que nous avons traversée », souhaite-t-il.

Ce sera aussi une façon de rafraîchir la mémoire aux futurs dirigeants du pays. Zacharia Ouédraogo se montre même sentencieux : « Le président qui négligera cela, Dieu le négligera ! ». Les voilà donc prévenus !

Le gouvernement de la transition s’est en tout cas acquitté de sa part en organisant une série d’activités en mémoire des martyrs qui va du 29 octobre au 1er novembre 2015. Un dépôt de gerbes a eu lieu au cimetière municipal ce 30 octobre, le lieu où reposent les martyrs de l’insurrection et du putsch.

Abdou ZOURE

Burkina24



Abdou ZOURE

Abdou Zouré, journaliste à Burkina24 de 2011 à 2021. Rédacteur en chef de Burkina24 de 2014 à 2021.

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