Taux élevé de goitre et d’anémie : Halte à l’importation de sel non-iodé au Burkina !

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Le Club des journalistes et communicateurs en nutrition et sécurité alimentaire (CJCN/SA) a organisé du 28 au 30 octobre 2015 dans le Sahel, une caravane de presse financée par l’UNICEF (United Nations International Children’s Emergency Fund) et conduite par la Direction de la Nutrition dans le cadre de la mise en œuvre de « la stratégie de l’iodation universelle du sel ». Une rencontre d’information et de sensibilisation avec les acteurs clés notamment les importateurs et grossistes de sel et des visites de terrain à Gorom-Gorom et à Dori ont marqué les temps forts de cette caravane.

La notion de qualité, toujours, préoccupe peu les consommateurs burkinabè. Et cela est dû surtout à la faiblesse de leur pouvoir d’achat, à l’ignorance, à l’analphabétisme.

Les dernières statistiques ont prouvé que seulement 23% des ménages consomment du sel adéquatement iodé au Burkina. Le pays n’est pas producteur de sel. Un décret ministériel précise néanmoins que tout sel importé doit être iodé.

Une femme atteinte de goitre...
Une femme atteinte de goitre…

En effet, des carences en iode peuvent être à l’origine de diverses anomalies en l’occurrence le goitre, l’anémie, le faible poids de l’enfant à la naissance, la prématurité, un retard mental, le crétinisme, la stérilité, des avortements spontanés chez les femmes enceintes, etc.

Une détaillante de sel à Gorom-Gorom.
Une détaillante de sel à Gorom-Gorom.

L’iode est une composante alimentaire de nature minérale indispensable notamment à la croissance de l’enfant, au développement des muscles et au bon fonctionnement du système nerveux.

Selon le directeur régional de la santé du Sahel, Dr Dénis Yelbéogo, les avantages du sel iodé destiné à l’alimentation humaine, animale et industrielle, semblent « méconnus » par les populations.

D’autres, comparant les prix, préfèrent importer, vendre et ou consommer du sel non-iodé tout en ignorant les « conséquences dramatiques ».

Bien que le taux de carences en iode soit en baisse de plus de 20% au Burkina et que dans le Sahel, le taux d’iodation du sel soit passé de 0 à environ 60% en 2015, les acteurs du domaine pensent qu’il faut toujours continuer la sensibilisation.

Le ministère de la santé a pour sa part adopté de nombreuses stratégies dans ce sens, allant de la vérification de l’emballage du sel, du contrôle de sa qualité, du stockage jusqu’à sa mise sur le marché destiné au consommateur final. Signalons également que le sel importé au Burkina provient principalement du Sénégal, du Ghana et du Togo.

La stratégie de l’iodation universelle du sel à l’œuvre…

Ce jeudi 29 octobre, à la Direction régionale de l’économie du Sahel (DRES) à Dori (environ 270 km de Ouagadougou), une rencontre d’information avec les importateurs et grossistes a été organisée.

Ont pris part aux échanges, entre autres des représentants de la Direction de la nutrition, la Mairie de Dori, la Chambre d’industrie et du commerce, du district sanitaire de la localité, du Laboratoire national de santé publique, la Douane, la Direction de la protection des végétaux et du conditionnement, la Direction du contrôle et de la qualité et l’Agence de contrôle de la normalisation.

Plusieurs communications ont été faites sur les conséquences de la consommation du sel non-iodé à Dori.
Plusieurs communications ont été faites sur les conséquences de la consommation du sel non-iodé à Dori.

« Les importateurs et grossistes de sel doivent être des acteurs importants pour la mise en œuvre de la stratégie de l’iodation universelle du sel… C’est une séance de sensibilisation et surtout un appel à adhésion au principe de la stratégie », a formulé le Haut-Commissaire de l’Oudalan, Daouda Traoré, représentant le Gouverneur de la Région du Sahel.

Le sel iodé est peu connu des populations de Dori et de Gorom-Gorom. C’est un constat fait par les Hommes de médias sur le terrain.

Au grand marché de Gorom-Gorom (environ 60 km de Dori), où certains appellent le sel iodé « sel des Arabes », Mohamed Hack est un détaillant, mais avoue ne pas le connaitre. « Notre sel vient de Ouaga, du Sénégal et du Ghana », confie un autre détaillant, Irissa Ouédraogo qui semble par contre avoir une « petite » notion du sel iodé.

Pour Boureima Koéta, un semi-grossiste à Dori, « c’est de bouche-à-oreille qu’on a appris récemment qu’il y a du sel importé de mauvaise qualité ». Les avantages du sel iodé, insiste Diallo Amadou, un grossiste à Dori, sont méconnus dans le Sahel. Et il faut selon lui poursuivre les sensibilisations.

Noufou KINDO

Burkina 24

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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