A quand la baisse des prix du transport au Burkina Faso ?

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Ceci est une déclaration de l’Association Burkinabè des Consommateurs de Services de communications Electroniques (ABCE) sur la baisse des prix des hydrocarbures et ses conséquences sur le prix du transport au Burkina.

Suite à la récente baisse des prix des hydrocarbures, décidée par le Gouvernement de la Transition, l’Association Burkinabè des Consommateurs de Services de communications Electroniques (ABCE) se demande quand est-ce que le prix des produits, denrées et services liés au carburant vont également baisser au profit des consommateurs ?

En tant que structure associative de défense des consommateurs, l’ABCE entend, par la présente déclaration, dénoncer ce qu’on pourrait qualifier de « mépris » des transporteurs vis-à-vis des consommateurs ?

Ainsi,depuis le 13 novembre dernier, le prix des hydrocarbures a connu une baisse à hauteur de 30 FCFA, ce qui a ramené les prix à la pompe de 682 à 652 FCFA. Si le caractère insignifiant de cette baisse peut être souligné, il convient de ne pas perdre de vue que c’est la deuxième fois en une année que les prix des hydrocarbures ont connu une diminution dont la première était de 50 FCFA. Par conséquent, si l’on additionne les deux baisses (50 FCFA+30 FCFA), il résulte une réduction totale de 80 FCFA.

Or, de la première à la récente baisse du prix des hydrocarbures, ni les prix des denrées ni ceux des services liés aux hydrocarbures n’ont connu de baisse. C’est le cas des services du transport qui mérite une attention particulière. De mémoire des consommateurs burkinabè, on se rappelle difficilement d’une baisse du prix des transports consécutive à celle des hydrocarbures. Ce qui est courant, c’est qu’à chaque augmentation de ces prix, ceux du transport suivent immédiatement et de façon vertigineuse.

Pour ce qui concerne les récentes baisses du prix du carburant (soit un cumul de 80 FCFA), les transporteurs feignent d’ignorer que la base de fixation de leur prix est le coût des hydrocarbures. Comment comprendre qu’une simple augmentation de 25 FCFA de ces prix puisse entraîner une augmentation de l’ordre de 500, de 1000 F et même plus, des prix du transport, alors qu’une baisse cumulée de 80 F laisse les mêmes transporteurs indifférents ? La question mérite d’être posée d’autant plus que nous sommes dans une situation post-insurrectionnelle, donc révolutionnaire des mentalités des populations, des consommateurs et le slogan « plus rien ne sera comme avant » ne saurait résonner seulement à l’endroit des politiques mais aussi et surtout à l’endroit des commerçants.

En tout état de cause, l’ABCE tient, une fois de plus, à interpeller les acteurs du transport sur la nécessité de revoir leurs prix à la baisse consécutivement à la baisse du prix du carburant. Cette indifférence de ces acteurs ne doit perdurer quand on sait aussi qu’ils se concertent « irrégulièrement » pour fixer les prix sur tous les axes du territoire national afin de rendre la vie plus chère aux consommateurs.

C’est pourquoi, rappelant pour l’occasion, à l’endroit tant des transporteurs que des autorités publiques compétentes, que la concertation entre commerçants en vue de fixer un prix « unique » est une entente interdite par les textes communautaires de l’UEMOA (cf. article 3. b du Règlement n° 02/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2002). L’ABCE interpelle donc les autorités publiques à jouer leur rôle de contrôle du respect de la règlementation économique en matière de concurrence et de consommation pour l’avènement d’une véritable concurrence dans le domaine des transports au Burkina Faso. Elle rappelle à titre d’intérêt que cette interpellation des différents acteurs du transport est sans préjudice des mouvements de boycott de certains services qu’elle viendrait à lancer, sur interpellation des consommateurs, les jours à venir. Ce boycott pourrait d’ailleurs concerner les services de communications électroniques en premier lieu, notamment à l’égard d’un opérateur de téléphonie mobile bien connu pour ses arnaques à l’égard des consommateurs.

Pour le Bureau Exécutif de l’ABCE,

Le Président

Seydou BARRO



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