2ie : Nouvelle fronde après le licenciement de 15 travailleurs

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Le débrayage continue à l’Institut d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2IE). Ce mercredi 2 décembre 2015, une partie des travailleurs a encore manifesté son mécontentement suite au licenciement de 15 personnes en sus des 3 autres qui avaient été remerciés entre juin et octobre 2015.

4 délégués du personnel, 1 délégué syndical, 1 chauffeur, 2 du personnel administratif, 1 enseignant, 1 informaticien, 4 comptables et 1 personne à double casquette (comptable et délégué du personnel). Au total, ce sont 15 travailleurs de l’Institut d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2IE) qui ont été remerciés le 9 novembre dernier.

Ce qui a amené une partie du personnel à déserter encore une fois les bureaux pour exiger la réintégration de leurs camarades. Depuis le 11 novembre, ces travailleurs ont ainsi bloqué tous les accès à l’institution. De ces limogeages, Thiam Sylla, délégué du personnel et faisant partie des personnes licenciées donne les raisons avancées par le Directeur général : « après un mouvement dans la maison, le directeur nous a accusés d’avoir saccagé des ordinateurs. Ce qui est faux parce que la gendarmerie est partie et elle n’a rien vu. Donc pour ces motifs, il nous a licenciés ».

Un déficit de 1 milliard 400 millions de F CFA. De son entendement, cette raison est fallacieuse et avance : « M. Maiga (le directeur général de 2ie) n’aime pas toute sorte d’organisation dans la maison. C’est pourquoi il s’oppose aux délégués du personnel et syndicaux ». Pour les comptables licenciés, Thiam Sylla rapporte que « depuis le départ de l’ancien directeur général, on a des problèmes financiers. En décembre 2014, il y avait un déficit de 1 milliard 400 millions.

En juin 2015, soit 6 mois après, il (le nouveau directeur, NDLR) dit qu’il a ramené ce déficit à 67 millions. A ce que nous sachions, 2ie ne fabrique pas de l’argent. Ça veut dire qu’au niveau des comptes, il y a eu un tripatouillage. Je pense que ce sont ces manquements que les comptables ont dû voir et du coup, ils deviennent un peu gênants ».

Une médiation avait été menée par le ministère de l’agriculture et cela a abouti à l’adoption, le 30 novembre, de quatre mesures : la levée des décisions de licenciement, la levée du blocus et de toute entrave à l’accès aux sites, la tenue d’un conseil d’administration et un moratoire général pour l’arrêt de toute action pouvant compromettre ou troubler le climat social, mais tardent à être mises en œuvre. Et les grévistes pointent l’administration du doigt.

Pour les travailleurs, la fin de ce débrayage dépend du directeur. « S’il revient sur les licenciements, nous arrêterons la grève », informe Thiam Sylla.

Un acte terrorisme. Sur le site de 2ie, d’autres travailleurs réclament leur droit à accéder sur le site et avaient décidé de reprendre le travail ce jour. C’est le cas du Pr Arouna Karambiri qui estime, sans cautionner les licenciements, que les frondeurs doivent trouver d’autres moyens pour régler leur différend avec l’administration sans « prendre le site en otage ».

Pour lui, ce que font ces collègues s’apparente à « une entrave à la liberté des travailleurs. C’est un acte terroriste », dit-il. Il faut le dire et employer les bons mots, poursuit-il : « une institution internationale, une enclave diplomatique avec un accord de siège au Burkina Faso est prise en otage. C’est un acte terroriste ». Il en appelle aux autorités pour leur protection, car « si rien n’est fait, prévient le Pr Arouna Karambiri, 2ie sera fermée définitivement ».

Pour l’heure, les étudiants prennent leurs cours à Kamboinsin avec des enseignants vacataires. Des convois sont organisés avec des bus privés pour les y amener chaque matin. Il est à noter que ce différend qui oppose l’administration à une partie du personnel a fait voler en éclat le bureau des étudiants.

Yannick Sawadogo

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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