Appel aux candidats pour les élections présidentielles et législatives couplées du 29 novembre 2015

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Ceci est une déclaration du Projet appui à l’organisation du secteur de l’économie informelle au Burkina Faso à l’intention des candidats à aux élections couplées au Burkina Faso.

L’organisation des travailleuses et des travailleurs dans l’économie informelle et le développement du travail décent qui inclue l’emploi, le respect des normes internationales du travail, la protection sociale et un meilleur dialogue social, constituent des priorités de la Confédération syndicale internationale en Afrique (CSI-Afrique). Aussi, le dernier sommet de l’Union Africaine, du 30 au 31 janvier 2015 à Addis Abeba s’est tenu autour du thème de « l’autonomisation des femmes et du développement de l’Afrique pour la concrétisation de l’Agenda 2063 ».

Prenant en compte les nombreuses actions qui font avancer la réflexion et l’organisation sur cette problématique, et croyant en l’importance de continuer à développer des synergies entre ces différentes initiatives, le CISO, Centre International de Solidarité Ouvrière, du Québec (Canada) et ses partenaires au Burkina Faso, les Centrales Syndicales, les Syndicats Autonomes des enseignements, la Marche Mondiale des Femmes / Action Nationale, à travers un protocole de collaboration, se sont engagés à  apporter leur contribution :

  • A l’amélioration de la prise en compte de la situation des travailleuses du Secteur de l’Economie Informelle au Burkina Faso, particulièrement celle des femmes et des jeunes, pour favoriser l’emploi décent et la réduction de la pauvreté.

  • Par un travail combiné en les organisations syndicales et de la société civile, en regard de la défense des droits des travailleuses et des travailleurs du secteur de l’économie informelle.

Ce projet assez atypique, dans sa démarche, voudrait allez au-delà des pratiques traditionnelles, bien connues dans les manifestations socioéconomiques des syndicats et des organisations de la société civile. Ce projet veut apporter un service de développement, un service de solutions socioéconomiques, spécifiquement, aux femmes et aux jeunes organisés en mouvements, et ce, en combinaison avec programmes nationaux de développement.

La situation sociopolitique du Burkina Faso, depuis les évènements insurrectionnels des 30 et 31 octobre 2014, nous interpellent sur la nécessité de saisir toutes les occasions pour construire les synergies nécessaires, capables de nous conduire vers une gouvernance socioéconomique qui limite l’aggravation des inégalités et de l’injustice sociale.

C’est pourquoi le Comité de Coordination du projet a surtout la charge d’imaginer les sources de pérennisation et de résilience de ce programme pilote, en y associant toutes les collaborations possibles au niveau national, régional et international.

Il est donc opportun de saisir l’occasion, dans le cadre des élections couplées, présidentielles et législatives, du 29 octobre 2015, pour interpeler les candidats à l’une ou l’autre des mandatures soumises au suffrage universel, la nécessité de prendre en compte, dans leur projet de gouvernement, la problématique spécifique des femmes et des jeunes qui travaillent dans le Secteur de l’Economie Informelle.

Malgré les avancées enregistrées ces dernières décennies dans le monde, malgré le fait avéré que l’amélioration de l’égalité réelle va de pair avec la croissance et le développement :

– les femmes demeurent les premières touchées par la pauvreté ;

– les femmes demeurent moins bien rémunérées que les hommes, voire non rémunérées ;

– les femmes demeurent discriminées dans l’accès aux ressources économiques et productives ;

– les femmes meurent en donnant la vie faute d’accès à des soins appropriés ;

– les femmes demeurent massivement confrontées à la violence physique ou sexuelle ;

– les filles demeurent massivement privées de l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle ;

– les femmes demeurent sous-représentées dans les espaces de décision politiques, économiques, sociaux.

Quant aux jeunes, environ 51% des jeunes de 15 à 29 ans sont sans emploi au Burkina Faso. Si le ce phénomène semble être gonflé par le chômage dans les centres urbains, c’est parce que, en milieu rural, les jeunes se sentent sous valorisés par les emplois agricoles et migrent donc en ville, où le secteur informelle permet des solutions de débrouillardise. Malheureusement ce secteur inorganisé, qui concentre le plus gros effectif de la population en âge de travailler, est caractérisé par une forte précarité.

La récente histoire de notre pays révèle que les inégalités sociales et le manque de justice conduisent imparablement à la révolte et à l’instabilité sociopolitique. C’est pourquoi le gouvernement futur du Burkina Faso est condamné à trouver les meilleures stratégies, afin d’engager un processus durable qui mette progressivement toutes les filles et tous les fils du pays au travail, qui donne à chacune et à chacun la part de richesse qui lui revient de droit et une protection sociale adaptée à la réalité socioprofessionnelle de chaque citoyenne ou citoyen.

Cette stratégie prendra pour socle et de manière concrète, la mise en œuvre effective des textes existant, tant au niveau national qu’international :

  • contre les inégalités de tous ordres ;
  • contre les violences faites aux femmes et aux filles ;
  • contre les pires formes de travail des enfants.

Nous lançons, pour ainsi dire, une forte interpellation au futur gouvernement du Burkina Faso, pour qu’il :

  • accorde la priorité à un renforcement institutionnel capable de garantir la sécurisation durable des vies humaines et des activités productives, sur l’ensemble du territoire national ;
  • assure l’accès à l’école et à la santé ;
  • développe des initiatives pour un accès durable à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour tous au Burkina Faso ;
  • éradique les formes de discriminations liées au sexe ;
  • crée les conditions pour une réelle autonomisation économique des femmes,  et pour leur accès à la formation professionnelle et à l’emploi ;
  • développe une politique honnête visant la valorisation économique du Secteur de l’Economie Informelle.

Le Burkina de Demain devra faire des Femmes et Jeunes : des vecteurs de paix et des acteurs de développement !

 

Pour la Coordination Technique Nationale

Pascal KERE

B24 Opinion

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