A la découverte des fonctions jusqu’ici insoupçonnées de la musique pour le cerveau

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Que nous soyons jeunes, adultes ou vieux, elle nous parle. Elle va même au-delà de nous égayer et de nous divertir. La musique développe nos capacités intellectuelles et nous aide à lutter contre des maladies telles que l’Alzheimer. Lisez plutôt !

Universelle au même titre que le langage, la musique est présente dans toutes les sociétés depuis des lustres. De l’avis des neurologues et des neuropsychologues, elle serait d’un apport encore plus grand et insoupçonné. Ainsi, la musique va au-delà d’adoucir les mœurs comme le dit l’adage.

Tout un chacun a déjà vibré au son d’une chanson. Certains ne se lassent jamais de fredonner une mélodie qui leur donne des sensations que seuls eux peuvent décrire. Et comme le besoin élémentaire qu’est la nourriture, la musique sollicite le circuit de la récompense dans le cerveau de celui qui l’écoute.

L’artiste musicien burkinabè Zedess était allé jusqu’à dire « Hmmm la musique, sans toi, je pète les plombs ! », une vision encore plus mélodieuse du plaisir et du bien-être que procure la musique à l’auditeur ou au chanteur.

Selon Hervé Platel, professeur de neuropsychologie de l’Inserm, exerçant à l’université de Caen (France), tous les deux lobes (l’hémisphère gauche intervient dans la logique et le langage et l’hémisphère droit dans l’artistique) du cerveau sont mis à contribution lorsqu’on écoute ou joue de la musique. « La musique sollicite le cerveau dans sa globalité, elle le sollicite dans des zones qui ont des fonctions beaucoup plus larges », fait remarquer l’expert.

Quotient intellectuel

L’apprentissage (d’une langue, d’un jeu) développe des zones du cerveau. Il en va de même lorsqu’on s’intéresse à la musique. Ainsi, apprendre à jouer un instrument de musique, même à un âge avancé, fortifie le cerveau. La musique « muscle » le cerveau et l’enrichie d’une quantité de capacités cognitives.

Cet exercice neuronal bénéficie encore plus aux enfants qui jouent à la musique. « Avant l’adolescence, le cerveau étant encore immature, chaque nouvel apprentissage bouleverse sa structure », note Hervé Platel.

A la question la musique rend-elle intelligent ?, voici la réponse du neuropsychologue: « Evidemment, ce serait un raccourci. Aller  au conservatoire, c’est comme aller deux fois à l’école. Apprendre le solfège, maitriser un instrument, s’obliger à synchroniser avec les autres musiciens sont des activités extrêmement exigeantes qui vont stimuler de nombreuses parties du cerveau, les développer et entraîner quantité de bénéfices dont il gardera trace toute sa vie, même s’il arrête plus tard la musique », indique le neuropsychologue.

Remède contre l’alzheimer ?

La musique au-delà d’impacter le fonctionnement de notre cerveau, a des propriétés thérapeutiques sur lui. Et cela a contribué à l’augmentation des ateliers de musique. L’objectif est d’aider les malades d’alzheimer en apaisant leur anxiété et en améliorant leur humeur. Etonnant ? « Avec les malades d’alzheimer, la mémoire musicale résiste, même à un stade très sévère. Leur cerveau continue d’encoder des informations », note l’expert qui se réjouit de cette trouvaille.

Selon lui, l’hippocampe (cinquième circonvolution du lobe temporal de l’encéphale), connu pour son rôle dans la mémoire,  a beau être dégradé, la mélodie persiste dans la tête du malade. La mémoire emprunte ainsi un autre chemin beaucoup moins vulnérable aux légions cérébrales.

La bonne nouvelle, c’est celle-ci « Nous sommes actuellement en train de lancer une étude qui va permettre d’observer le cerveau de personnes atteintes pour comprendre le cheminement de cette mémoire inconsciente », a confié l’expert en neuropsychologie.

Oui Koueta

Burkina24

Source : Le Point N°2251 du 29 octobre 2015

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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