Victor Démé : Soirée d’hommage à une « référence de la musique burkinabè »

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Décédé le 21 septembre 2015 pendant que le pays traversait un coup d’Etat, Victor Démé n’a pas eu en son temps l’hommage mérité. Le Samedi 5 décembre 2015, a été le jour choisi pur lui rendre un vibrant hommage par une soirée concert à l’institut français. Plusieurs artistes, Bill Aka Kora, Alif Naba, Patrick Kabré, Sissao, Basta Guinga, Moustapha Maiga, ATT ont tous interprété ses chansons devant ses parents, amis et mélomanes venus nombreux à cet effet.

Parti il y a de cela quelques mois, des artistes, tous ayant une petite histoire avec Victor Démé, lui ont rendu hommage, qui soit en interprétant ses chansons, soit en lui dédiant une chanson.

Cette soirée a été l’occasion pour les uns et les autres de témoigner de ce qui les liait à l’artiste.

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« Victor Démé était un grand frère qui m’appelait affectueusement son oncle. Je lui dédie le titre Alio de mon album qui parle des orphelins vu qu’il nous a laissé tel des orphelins », dit Bill Aka Kora.

Parlant de l’artiste, il dira que « par sa vie, Victor Démé, c’est la patience, la persévérance. On l’a tous vu quand il arrivait à Ouaga au premier moment…Sa première production a bien marché à l’international. C’est maintenant, quelques 5 années après son succès que même certains de nos artistes découvrent ses œuvres ».

« Ce qui est dommage pour les artistes, continue-t-il, c’est quand ils ne sont plus qu’on découvre vraiment leurs œuvres. Pour moi il reste une référence de la musique burkinabè ».

Quant à Alif naaba, confiant ne jamais interpréter un artiste, le fera avec fierté pour Victor Démé. Il lui a aussi dédié une chanson. «Victor Démé m’a une fois confié en coulisse qu’il aimait beaucoup chanter l’amour. Je lui dédie cette chanson d’amour que j’ai composée hier pour lui rendre hommage», dit Alif Naaba sur scène.

« Si on me demande de décrire Victor, je dirai que c’est un musicien talentueux, incompris par son pays mais qui a fini par fleurir », ajoute-t-il.

Et à Moustapha Maiga, un aîné de l’artiste de dire que «Victor Demé a souffert à Bobo, mais c’est quand il est parti en Europe que les gens ont commencé à l’aimer ».

Bien que peu connu du public burkinabè, ces collègues affirment que l’artiste ne faisaient pas une musique élitiste.

« La musique de Victor Demé est une musique imprégnée de sa musique de bobo, de la musique Mandingue. C’est une musique faite de sa tradition. C’est un faux débat, et d’ailleurs, il faut apprendre à connaître l’homme en écoutant sa musique. Ce n’est pas une musique élitiste, les thèmes abordés dans sa musique sont des choses que nous vivons ici », s’en défend Alif Naaba.

La faute serait-elle imputable à la stratégie de communication? La soirée hommage elle-même a été sans une effigie de l’artiste ni CD disponible pour ceux qui aimeraient découvrir l’artiste.

Qu’à cela ne tienne, ce fut une salle Georges Méliès de l’institut français qui a été prise d’assaut par le public où a été donné de voir à cet hommage par les artistes un concert tantôt mélancolique tantôt ambiancé.

C’est la joie et l’émotion qui ont envahi la famille du défunt qui a fait le déplacement. Elle n’a cessé de remercier les organisateurs de la soirée.

«C’est à sa mort que nous avons constaté que les gens l’aimaient, vu tout ce que les uns et les autres font actuellement pour sa mémoire», explique Tapsoba Oumou, seconde épouse du défunt.

Victor Démé laisse derrière lui deux épouses et deux enfants et trois albums dont le dernier «Yafakè » paru à titre posthume le 27 novembre 2015 à Paris.

Revelyn SOME

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