Travail des enfants : 28 mineurs interceptés à Madouba

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La Migration des jeunes reste un fait d’actualité dans la province de la Kossi en raison de la proximité de cette partie du Burkina avec le Mali. Le phénomène touche malheureusement des mineurs qui abandonnent chaque année leur parents et partent à l’aventure à la recherche d’un mieux être. Le jeudi 10 décembre 2015, vingt –huit (28) enfants dont six filles et 22 garçons qui tentaient encore de franchir la frontière, ont été interceptés par le poste de police de Madouba. D’âges compris entre 10 et 17 ans, ils ont tous été conduits à la direction provinciale de l’action sociale et de la solidarité nationale de la Kossi avant d’être remis à leurs parents.

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On se souvient encore que le 11 décembre 2014, 45 enfants de diverses communes de la Kossi qui se rendaient au Mali ont été interceptés par  la police transfrontalière de Madouba. Un an après, soit le 10 décembre 2015, la même situation se reproduit au  même endroit.

Cette fois-ci, ce sont vingt-huit enfants de 10 à 17 ans, qui sont retrouvés dans un car de transport en commun qui a quitté Djibasso avec pour destination Bamako, la capitale malienne. Un contrôle de la police a permis d’interpeller ces mineurs non accompagnés et sans papiers d’état civil, les unes pour aller travailler comme domestiques et les autres dans des sites d’orpaillages ou dans des exploitations agricoles.

Tous ont été emmenés à la direction provinciale de l’action sociale et de la solidarité nationale de la Kossi. Les  entretiens avec les enfants ont permis d’identifier et d’appeler  leurs parents qui sont venus les chercher.

Si  certains parents reconnaissent avoir participé au départ de leurs enfants, d’autres cependant sont étonnés de voir leurs enfants dans cette situation. Nazi Traoré, conseiller du village de Sirakoro dans la commune de Djibasso,  explique que ses quatre enfants qui étaient dans le groupe ne sont pas à leur premier voyage vers le Mali.

« C’est le début de la saison sèche et au lieu de passer inutilement leur temps au village ils partent s’occuper au Mali en attendant l’hivernage. Mes enfants ne sont pas scolarisés parce que le village n’avait pas d’école au moment où ils ont atteint l’âge d’y aller », dit-il.

Explications. Le Directeur provincial de l’action sociale et de la solidarité nationale de la Kossi explique cette recrudescence par l’aspect culturel du phénomène. « Dans le temps, aller à l’aventure était pour les jeunes, une façon de s’affirmer. Mais dans un monde où l’humanisme et la solidarité se sont volatilisés, il est inconcevable de laisser un enfant aller à l’aventure. Il s’expose à l’exploitation et à d’autres grands risques», a souligné Moustapha Ouattara.

Dans ce cas précis,  la plupart des enfants justifient leurs tentatives de départ par la précarité de leurs parents.  Faute de moyens pour assurer sa scolarité, Sidonie Koéta, 17 ans, qui était élève au CEG de Tienekuy, a abandonné les études. Elle se rendait à Bamako, travailler comme aide-ménagère afin d’avoir un revenu qui lui permettra de subvenir à ses besoins ainsi que celle de ses parents.  Jérôme Dembélé, 15 ans, lui effectuait son deuxième voyage vers le Mali, précisément sur un site aurifère.

Il reconnait que ce travail dépasse ses capacités physiques mais Jérôme tient à sa moto et comptait l’acheter à travers cette activité.  Rigobert Diarra, 16 ans, lui ne sait pas ce qui l’attendait à destination. « C’est une fois sur place que je chercherais le travail qui me convient », a-t-il dit.

A la date du 12 décembre 2015, tous les 28 enfants avaient rejoin leurs familles. Le Directeur provincial de l’action sociale et de la solidarité nationale de la Kossi a indiqué que  ses agents effectueront des déplacements dans les différentes communes pour s’assurer que les enfants sont retournés chez eux.

Pour freiner le phénomène, M. Ouattara préconise la construction de centres d’apprentissage de métiers dans les quatre communes transfrontalières de la Kossi, principalement touchées par le départ massif et risqué des jeunes vers d’autres contrées.  Mais avant, l’accent sera mis sur la sensibilisation des parents en vue d’un  changement de mentalité et à la scolarisation de leurs enfants. « Si l’éducation pour tous devenait une réalité, ce problème ne serait plus qu’un mauvais souvenir »,  a conclu M. Ouattara.

Boureima Badini La Ruche

Correspondant de Burkina24 à Nouna

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