Dénis Nikièma, premier vice-président de l’UPC : « Il n’y a aucune crise qui nécessite un gouvernement d’union nationale »

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Gouvernement : Participera, ne participera pas ? L’Union pour le progrès et le changement (UPC) vient de rompre tout suspens. Burkina 24 a joint le premier vice-président du parti venu second à la présidentielle du 29 novembre dernier, Dénis Nikièma ce mardi 15 décembre 2015. « Le MPP doit appliquer son programme », a-t-il lancé.

L’idée d’un gouvernement d’union nationale avait été proposée par des responsables du Mouvement du peuple pour le progrès, parti qui a remporté la présidentielle avec Roch Marc Christian Kaboré comme candidat.

En somme, l’Union pour le progrès et le changement (UPC) n’est pas enchantée de participer à un tel gouvernement. « D’abord le MPP ne nous a pas contacté et deuxièmement, le MPP doit appliquer son programme. Il a été élu pour appliquer son programme, ce n’est pas le programme de l’UPC » qui le sera, a rappelé Dénis Nikièma, 1er vice-président de l’UPC.

Aussi dit-il, les gouvernements « d’union nationale et d’alliance nationale, c’est quand il y a des crises. D’après ma compréhension, il n’y a aucune crise qui nécessite une alliance ou un gouvernement d’union nationale ».

A la soupe. Dénis Nikièma prend un exemple pour son argumentaire : « Si tous les partis vont pour l’union nationale, toute l’Assemblée (nationale) sera monologue. Pensez-vous que ce soit une bonne démocratie ? Si toutes les forces politiques rentrent dans un gouvernement, ce sera un parti unique, ce qu’on a décrié dans les années » antérieures.

Pour lui, « une bonne démocratie suppose qu’il y ait une opposition. Si tous les partis courent à la soupe, à la table pour manger, pensez-vous que ce serait même bon pour nous à l’intérieur comme pour ceux de l’extérieur ? ». Et de poursuivre : « vous pensez que ce serait bien que nous tous nous allons au gouvernement pour des portefeuilles ? Les jeunes qui nous observent et qui sont découragés par la politique, nos militants qui voté pour nous, qui ont foi en notre intégrité vont dire qu’ils sont comme les autres. On les a appelés pour manger et ils n’ont pas hésité. Ils sont partis s’asseoir à la table pour manger ».

Le MPP vient d’où ? « Nous étions dans l’opposition avec le MPP non ? Et le MPP vient d’où ? Ce n’est pas du CDP ? » a répondu Dénis Nikièma à la question de savoir si l’UPC accepte de diriger l’opposition burkinabè aux côtés du CDP.

Ainsi affirme-t-il, on ne peut pas ostraciser une partie des Burkinabè. « Ceux qui ont voté les 18 députés, ce ne sont pas des Burkinabè ? » a interrogé le vice-président de l’UPC avant d’ajouter que « certains militants (du CDP) ne savaient même pas que Blaise (Compaoré) voulait rebeloter et nous ne sommes pas plus citoyens que ces militants ! ».

Dénis Nikièma estime qu’il faut installer un bon climat pour que « le pays marche bien » car « ceux qui sont majoritaires aujourd’hui peuvent devenir opposants demain (…). Il faut dépasser les considérations des partis et voir ce qui serait bien pour le pays. « Pour l’instant », le parti de Zéphirin Diabré ne voit pas d’opportunité à aller dans un gouvernement d’union nationale.

Yannick Sawadogo

Burkina24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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