Maco : 52 détenus et agents de sécurité pénitentiaire formés à la musique

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52 détenus de la Maison de correction et d’arrêt de Ouagadougou (MACO)  ont reçu ce  vendredi 18 décembre 2015 leurs attestations de participation à la formation en technique vocale et de chant. Cette activité entre  dans le cadre du projet d’amélioration des droits sociaux culturels des détenus du centre pour la qualité du droit et la justice (CQDJ) en collaboration avec Seydoni production.

Une première activité culturelle à la MACO en mars 2015, organisée par le CQDJ,  a permis de constater le manque de matériels pour l’orchestre dudit lieu. Le centre a lors lancé  un appel à don de matériels de musique pour équiper l’orchestre.

Seydoni production pour sa part, propose une formation en technique vocale et en chant. Pendant deux semaines, du 7 au 18 décembre 2015, des détenus et agents de la sécurité pénitentiaires ont pris part à cette formation. Au nombre de 52, ils ont chacun reçu un parchemin attestant de leur participation.

Cette première formation du genre n’a pas laissé indifférents les participants qui ont souhaité que l’initiative soit pérennisée.

Ouédraogo Salif voit une opportunité de saisir sa chance de réinsertion. « Dès maintenant et à partir d’ici je peux prendre une décision pour me réinsérer dans la société quand je vais sortir d’ici… J’avais déjà commencé la musique avant de venir ici et cette formation m’a permis de me concentrer et d’avancer », dit-il.

Drabo Hortense, en service à la maco et bénéficiaire de la formation
Drabo Hortense, en service à la MACO et bénéficiaire de la formation

Outre l’apprentissage, cette formation participe au maintien de la sécurité même au sein de la MACO, aux dires de l’assistante Drabo Hortense, en service dans l’institution pénitentiaire et bénéficiaire de la formation. « C’est une belle initiative, dit-elle. La formation s’est bien passée et on a appris beaucoup de choses et ça fait un plus pour nous. Nous aimerions que ce genre de formations se répète. Ça nous aide au niveau même de la sécurité parce que quand ils sont tranquilles, le travail devient facile !».

Même si  donner une formation dans un tel cadre ne semble pas évident, Bertrand Coulibaly, le formateur, dit avoir eu des tactiques pour s’adapter.  « Je ne suis pas venu en tant que professeur mais en ami, explique-t-il. Leur faire comprendre que je ne suis pas là pour leur faire la morale, que je suis venu pour qu’on échange. Dans cet élan, on s’est compris et on est devenu des amis et j’ai pu dispenser mes cours normalement sans perturbation. Je leur ai fait comprendre qu’ici, ils ont le temps. C’est le moment d’apprendre quelque chose ».

Le CQDJ est un creuset pluridisciplinaire et de regroupements populaires. Ses missions sont, entre autres, l’assistance, la promotion de la coproduction normative, la communication du droit. A travers cette dernière activité, il entend participer à la prise de conscience sur la nécessité de légiférer ou de faire appliquer les textes pour l’amélioration des conditions de détention ainsi que sur l’importance de la réinsertion sociale.

Sidwaya Sosthène Ouédraogo, président du conseil d’administration du centre, pour qui tout a commencé avec leur projet de toucher du doigt la réalité que vivent les prisonniers, promet que d’autres initiatives seront envisagées.

Revelyn SOME

Burkina24



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