Politique d’immigration : Retour volontaire de 133 migrants Burkinabè de la Libye

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133 migrants Burkinabè en situation de retour volontaire de la Libye sont arrivés à Ouagadougou, dans la soirée de ce jeudi 7 janvier 2016. Ils ont été accueillis à l’aéroport international de Ouagadougou par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM-Burkina) ainsi que des structures étatiques, le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) et le Secrétariat Permanent du Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Etranger (CSBE). Déception, soulagement mais surtout indignation étaient les maîtres mots pour définir l’atmosphère de cet accueil.

La « migration clandestine » est un phénomène grandissant dans les sociétés africaines. Ils sont des centaines voire des milliers par an, les jeunes qui quittent leur pays à la recherche de meilleure condition de vie dans d’autres pays occidentaux ou africains.

Cependant, cette aventure ne tarde pas souvent à se transformer en une grande mésaventure. C’est le cas de 133 migrants Burkinabè en provenance de la Libye. Ils ont atterri ce 7 janvier aux environs de 21h par vol Charter à l’aéroport international de Ouagadougou.

Ils ont été accueillis par l’OIM-Burkina en collaboration avec l’Ambassade du Burkina en Libye et les autorités gouvernementales. Selon l’OIM, l’opération a coûté environ 100 millions FCFA cofinancés par l’Union européenne et la Coopération Suisse. L’on note que c’est le 2e mouvement migratoire opéré récemment par cette organisation internationale après celui du 17 décembre 2015.

Aperçu des cars ayant transporté les migrants jusqu'au site d'hébergement situé au quartier Somgandé
Aperçu des cars ayant transporté les migrants jusqu’au site d’hébergement situé au quartier Somgandé

Parmi la dizaine de migrants interviewés ce jour, aucun d’entre eux ne souhaiterait repartir à l’aventure ni en Libye, ni ailleurs. Le retour au bercail s’apparente à celui d’un soulagement.

« Atterris par la Grâce de Dieu en bonne santé », le visage de la plupart de ces migrants exprime un sentiment de désespoir et d’indignation vis-à-vis des situations « dures » qu’ils auraient vécues au pays de Mouammar Kadhafi.

Quelques jeunes confient leur mésaventure…

Vu le nombre important de migrants appréhendés, les autorités libyennes auraient entrepris des rafles à travers le pays où elles ont pu mettre la main sur des étrangers ne possédant pas tous les documents de séjour. Il faut signaler par ailleurs que la Libye est depuis quelques temps victime de plusieurs attaques terroristes.

« On partait en Libye pour travailler. Peu importe le type de travail. Mais moi, dès mon arrivée à Tripoli, la Police m’a pris, direction la prison. J’ai fait à peu près deux mois en prison. Il y a environ une semaine que l’Ambassade est venue me sauver et me mettre dans un lieu sûr…

Moi je suis venu à Ouaga sans rien. Tous mes biens sont restés là-bas », confie avec amertume Ouédraogo Aly (originaire du Sanmantenga), l’un de ces migrants dont pour la plupart l’aventure a été de courte durée car interceptés dès leur arrivée. Ouattara Adama (famille en Côte d’Ivoire) fait partie de la « vingtaine de prisonniers sauvés par l’Ambassade du Burkina ».

{Vidéo} Retour volontaire de 133 migrants burkinabè de la Libye

« J’ai fait 4 mois et 10 jours en Libye, mais tout ça en prison… On peut venir te trouver chez toi en train de dormir en pleine nuit, on casse la porte et on te prend… Je suis très content de revenir au Burkina », dit-il. Diané Mahama (1 an à Tripoli) et Sanané Adama (deux ans dans la Capitale libyenne et originaire du Yatenga) avouent également que l’aventure a été vraiment très dure là-bas.

A la suite de cet accueil à l’aéroport, les 133 migrants seront conduits sur un site d’hébergement situé à Somgandé, puis recevront des frais de transport (environ 30.000 FCFA) qui permettront à chacun de rejoindre sa localité d’origine à partir de la gare.

Mais ces derniers devront revenir pour d’autres formalités en l’occurrence l’activité que chacun souhaiterait mener au « Pays des Hommes intègres ». « Lorsque l’opération est lancée dans le pays de départ, ce sont les migrants qui se déclarent et expriment leur volonté de revenir au Burkina », indique Abdel Rahmane Diop, le Chef de Bureau de OIM-Burkina.

Il insiste que ce n’est pas un rapatriement. Ces activités, pour lui, s’inscrivent dans le cadre d’un projet (2015-2016) intitulé « Prévention et gestion des flux de migration irrégulière du désert du Sahara à la Méditerranée (SAHMED) ».

Ce projet de secours d’urgence des migrants en détresse vise à fournir l’assistance humanitaire au retour de 600 migrants vulnérables en Libye et à la réintégration de 20% (200 migrants) d’entre eux.

Mme Darga/Sanou Clarisse du CONASUR chargé notamment de l’hébergement dit avoir « un pincement au cœur », compte tenu du nombre de ces migrants. Le CSBE, selon Maxime Sourwèma, le Représentant du secrétariat permanent, intervient surtout dans la délivrance des documents administratifs.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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