Répression de la corruption : L’ASCE/LC a obtenu « carte blanche » du Président Kaboré

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Le Burkina a perdu la première place du pays le moins corrompu de la zone UEMOA au profit du Sénégal et devient du coup deuxième. C’est l’une des conclusions du rapport général annuel de 2014 de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/LC) qui révèle des malversations qui ont porté sur la somme de 822 millions de F CFA. Ledit rapport a été remis au Président du Faso qui a donné « carte blanche » à l’ASCE/LC pour conduire sa mission de lutte contre la corruption, ce jeudi 14 janvier 2016.

L’ASCE/LC décrit l’absence de pratiques institutionnelles. Dans son rapport général, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat note des absences criardes. Ce sont notamment l’absence, l’insuffisance et la mauvaise qualité des outils de gestion, celle de manuels de procédures et de critères formalisés d’octroi de crédit pour les fonds contrôlés, celle de pratique institutionnelle due au peu d’égard pour les règles de gestion préétablie quand elles existent et l’incapacité de l’Etat à doter ses représentations de ressources financières conséquentes pour leur fonctionnement.

Luc Marius Ibriga, président de l’institution, déplore que les multiples fonds créés par l’Etat, fonctionnent sur des critères « vagues et imprécis ».   « Notre administration est férue de textes, mais les pratiques sont en dehors des textes », note le contrôleur général d’Etat.

Il en résulte le favoritisme, la collusion, la corruption, le détournement de deniers publics, le gaspillage de fonds et le clientélisme. Et par n’importe où. Les fonds alloués aux mesures sociales sont les plus touchés.

D’année en année, les pratiques ont augmenté au regard de l’évolution des détournements. Et le pays a perdu la première place du pays le moins corrompu de la zone UEMOA au profit du Sénégal. Le Burkina est ainsi passé de la première à la deuxième  place. Le contrôleur général d’Etat préconise ainsi un contrôle « régulier » et « rigoureux » et « une chaine pénale spéciale » pour sanctionner les crimes économiques et y mettre un terme.

Le chef de l'exécutif a lieu aussi reçu le rapport 2014 de l'ASCE/ LC.
Le chef de l’exécutif a lui aussi reçu le rapport 2014 de l’ASCE/ LC

Pour améliorer la note du pays, l’ASCE/LC préconise des actions fortes « fortes » et « concrètes ». L’institution souhaite l’application effective de la loi 004-2015/CNT du 03 mars 2015 portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso.

Du rapport, il ressort que sur un total de 48 dossiers, un seul a été jugé, trois ont fait l’objet de non-lieu et un dossier a été détruit à la suite de l’incendie du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. Les 43 autres sont toujours en instance. L’impunité « ambiante » est citée comme étant la raison de la persistance et du développement de la corruption.

Concernant les débiteurs de l’Etat, l’ASCE indique qu’elle fera en sorte que « ces personnes lui disent de quelles manières elles vont rembourser ».

L’ASCE/LC usera de ce que la loi lui donne comme prérogatives pour que les personnes incriminées aillent payer au niveau du trésor. Le cas échéant, « ils vont être exclus de tous les marchés et de toutes les possibilités de travailler avec l’Etat », martèle Ibriga. Et l’institution peut compter sur la volonté du Président du Faso et du chef du gouvernement pour y parvenir. Elle a obtenu « carte blanche », foi de son président.

Oui Koueta

Burkina24



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