Mandat d’arrêt contre Soro : La réaction du RAD

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Ceci est une déclaration du Réseau d’action pour la démocratie (RAD) sur le mandat d’arrêt international lancé contre Guillaume Soro.

Le dossier judiciaire du putsch du 16 septembre 2015 du Général Gilbert DIENDERE a connu un tournant décisif avec le mandat d’arrêt lancé par la justice Burkinabé, en ce mois de janvier, contre le Président de l’Assemblée Nationale (PAN) ivoirienne, Guillaume SORO. Ce mandat d’arrêt, transmis par Interpol Burkina à Interpol Côte d’Ivoire, rencontre des difficultés d’exécution quand on se réfère à la sortie de la présidence et du bureau de l’assemblée ivoirienne qui disent vouloir régler la question par la voie diplomatique et demande le retrait du mandat.

Le Réseau d’Action pour la Démocratie (RAD), rappelle que tous les citoyens sont égaux devant la justice et nulle personne, ne saurait s’y soustraire. Le RAD rappelle aussi son attachement à la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire qu’on soit en Côte d’Ivoire ou au Burkina Faso. Le RAD est d’autant plus outré que cette façon de faire risque de créer un précédent entre les deux Etats et mettre en mal les relations entre les peuples ivoirien et burkinabé qui n’attendent que toute la lumière soit faite sur les tenants et les aboutissants, sur les commanditaires et les exécutants, sur les complicités internes et externes de ce coup d’Etat et que justice soit rendue aux victimes.

Tout président de l’Assemblée nationale qu’il soit, Guillaume SORO a agit malgré son immunité et malgré qu’il soit le garant du temple de la loi ivoirienne, ne saurait être soustrait à la justice. Du reste, le RAD estime que s’il n’a rien à se reprocher, qu’il se met à la disposition de la justice afin de prouver son innocence. Sinon toute tentative d’éviter la justice serait perçu par le RAD comme un aveu de culpabilité.

En outre, les autorités ivoiriennes ne sauraient s’abriter sur le fallacieux mobile que la Côte d’Ivoire ne transfère pas ses ressortissants vers d’autres pays. Le RAD rappelle que le président Laurent Gbagbo est belle et bien ivoirien, mais qu’il a été transféré à la CPI. Le RAD fait remarquer que le président Halidou OUEDRAOGO, alors président du Collectif, a répondu devant la justice ivoirienne sans aucune voie diplomatique pour des accusations portées en son temps contre lui. Même jugé hors de son pays, Halidou OUEDRAOGO a été blanchi au cours du procès.

De ces faits, le Burkina Faso et son vaillant peuple ne sauraient accorder une impunité à quelqu’un, fut-il président de l’Assemblée nationale ivoirienne, qui s’arrose le droit de mort sur des personnalités burkinabé, sous motif qu’il rêve de voir réinstaurer le pouvoir dictatorial de son pseudo mentor, Blaise COMPAORE.

Dans la même veine, le RAD dénonce la nationalité ivoirienne vite accordée à l’ex président burkinabé Blaise COMPAORE afin de le soustraire, lui aussi à la justice burkinabé. De tout ce qui précède :

  • Le RAD condamne les velléités des autorités ivoiriennes de vouloir régler par la voie diplomatique une affaire qui est purement judiciaire.
  • Le RAD invite les autorités burkinabè à ne point se prêter à ce jeu de fourbe.
  • Le RAD exige que Mr SORO soit mis à la disposition de la justice burkinabé ; et invite les autorités ivoiriennes à tirer les conséquences des actes qu’il a posés et faire diligence dans ce sens.
  • Le RAD invite en outre les autorités ivoiriennes à observer la même diligence dans l’exécution du mandat d’arrêt international lancé contre Blaise COMPAORE.
  • Le RAD exige des autorités ivoiriennes le respect des accords internationaux en matières judiciaires.

Toute autre posture et toute autre dérobade ne sont que fuite en avant ; et ne saura détourner le peuple burkinabé dans sa quête d’une justice équitable pour tous et le renforcement de sa démocratie.

LA PATRIE OU LA MORT NOUS VAINCRONS !

Le Président du conseil d’administration

Le Député Casimir W. René SAWADOGO



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