Burkina : Un réseau de placement de filles en Arabie saoudite démantelé

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L’agence de voyage « SAWA TOURS » n’était pas qu’organisatrice du pèlerinage à la Mecque et de la Oumrah. Elle est impliquée dans un circuit « illégal » de placement  de filles en direction de l’Arabie Saoudite. C’est ce qu’a révélé le colonel Ouédraogo Sam Djiguiba, commandant du groupement départemental de gendarmerie de Ouagadougou au cours d’une conférence de presse ce jeudi 4 février 2016.

Tout est parti d’une correspondance en date du 12 octobre 2015  de l’ambassadeur du Burkina Faso en Arabie Saoudite relative au décès de suite de pendaison de Mlle Malgoubri Aicha Philomène, employée comme fille de ménage à Médine.

Dans ladite correspondance, l’ambassadeur sollicitait des autorités burkinabè, une enquête en vue du démantèlement des circuits « illégaux » de placement de filles en direction de l’Arabie Saoudite. Saisis, l’adjudant-chef major Abdoulaye Sawadogo et ses hommes ont mené une enquête qui a abouti à une perquisition dans l’agence de voyage « SAWA TOURS » et l’arrestation du sieur Sawadogo Rasmané et son représentant à Bobo.

, ils ont découvert 179 dossiers et 40 passeports de personnes déjà recrutées à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Kaya. Le recrutement se faisait moyennant une somme  comprise entre 400 000 à 600 000 F CFA par personne.

Le sieur Sawadogo Rasmané profitait de sa licence d’agence de voyage et du tourisme de catégorie « A » pour mener à bien le placement des personnes recrutées. Il aurait été contacté par une société privée saoudienne en quête de main d’œuvre « facile ».

Par le biais de cette licence, 282 Burkinabè dont 156 dans la région de Bobo, 10 à Ouagadougou et 7 à Kaya seront engagés en vue de mener à bien l’activité.

Contribution de la population

« Nous avons, avec les informations qui nous ont été données par certains citoyens, réussi à démanteler ce réseau », note le colonel Ouédraogo. C’est grâce à la contribution de certains citoyens que la combine du sieur Sawadogo Rasmané a été découverte, évitant à  d’autres personnes de tomber dans le filet.

Mais, « combien en existent-il au Burkina et dont les gens font silence là-dessus ? Combien sont partis sans citer de pays expressément et que jusqu’à présent on n’a pas de nouvelles, qui veulent bien venir, mais qui n’ont aucune possibilité de revenir ? », interroge-t-il.

Le colonel Ouédraogo Sam Djiguiba (milieu) avec à sa gauche l'adjudant-chef major Sawadogo Abdoulaye.
Le colonel Ouédraogo Sam Djiguiba (milieu) avec à sa gauche l’adjudant-chef major Sawadogo Abdoulaye.

Ce sont autant de questions sans réponses pour le moment. « Que nous puissions même dans la pauvreté évoluer en toute dignité au lieu de faire croire, de faire miroiter un eldorado qui en réalité n’existe pas, de récolter sur le dos des pauvres citoyens une somme assez grande pour les envoyer certainement en enfer », déplore le colonel Ouédraogo Sam Djiguiba.

Il aura fallu le décès de Malgougri Aicha Philomène pour que soit découvert ce circuit « illégal » de placement. Et le colonel de noter l’absence de la culture de dénonciation. « Si on avait ce réflexe de dénonciation, il y a beaucoup de choses que nous pouvons ensemble éviter ». Il invite donc les populations à contacter les numéros verts que sont le 16, 17, 1010, ou le 80 00 11 45.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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