“Des chercheurs qui trouvent, on en trouve” au Burkina ! (Rabiou Cissé, Président de l’UO)

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Des chercheurs qui cherchent et qui trouvent, “on en trouve” au Burkina Faso. La récompense du Pr François Zougmoré, responsable du Laboratoire des matériaux et environnement(LAME) en est une ilustration. Réuni cet après-midi du 11 février 2016 à l’Institut supérieur des sciences de la population (ISSP), le monde universitaire lui a rendu un vibrant hommage pour avoir été sélectionné parmi 1500 postulant pour recevoir le prix de la recherche publique, en énergie, environnement et climat.

La récompense du Pr François Zougmoré vient contredire la “célèbre” formule selon laquelle des chercheurs qui cherchent et qui trouvent, il n’y a en aurait pas au Faso. C’est  l’avis de Rabiou Cissé, Président de l’université Joseph Ki-Zerbo,  “A l’université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo, des cheurcheurs qui trouvent, on en trouve“, a-t-il déclaré.

Le Pr Zougmoré cherchait “un outil pour le renforcement de la résilience des communautés aux changements climatiques“. Il en a trouvé. Lui et d’autres scientifiques issus de différents instituts de recherche et d’universités ont mis en place le consortium Rain Cell Africa.

Etre capable de prévenir les risques !

Rain Cell Africa promeut cette technique qui consiste à utiliser les pylônes des réseaux de téléphonie mobile en lieu et place des pluviomètres, des satellites et des radars (qui coûtent des fortunes et que les Etats peinent à se procurer). “Pour un agriculteur savoir que la quantité d’eau qui est tombée est nécessaire et suffisante pour semer est très importante. Avec ce que nous proposons, on pourra savoir assez largemement la quantité d’eau qui est tombée”, note le chercheur.

François Zougmoré (milieu) avec à sa gauche Filiga Sawadogo, ministre en charge de la recherche scientifique et à sa droite Rabiou Cissé, Président de l'Université Joseph Ki-Zerbo.
François Zougmoré (milieu) avec à sa gauche Filiga Sawadogo, ministre en charge de la recherche scientifique et à sa droite Rabiou Cissé, Président de l’Université Joseph Ki-Zerbo.

Eviter les surprises.  “Parfois, note le professeur, on est très surpris de se rendre compte qu’on a pas eu de pluie dans un quartier et voilà la grande quantité d’eau qui arrive. Il est intéressant que partout, on ait cette possibilité de pouvoir dire aux autorités, il y a telle quantité d’eau qui est tombée. Il peut avoir inondation“, dit-il.

L’effet de surprise peut être évité, grâce à une technologie déjà suffisamment développée. La téléphone mobile. Lorsqu’il pleut, les gouttes d’eau atténuent le signal radio transmis entre deux antennes. Cela permettrait de déterminer la quantité d’eau de pluie tombée rien qu’à travers le signal radio.

Ce qu’on veut faire, c’est que tout paysan, qu’il soit à l’intérieur de Ouagadougou ou ailleurs, qu’il soit capable à partir de son mobile, interroger quelle quantité de pluie il y a eu dans sa région avec assez de certitude“, explique-t-il.

Faire de la recherche un moteur pour le développement…

Faisons des recherches intelligentes“, propose le ministre en charge de la recherche scientifique. Filiga Sawadogo souhaite que les recherches n’aient pas pour but de montrer au Nord que “nous savons faire de la recherche ou que nous pouvons ou savons imiter”.

Cherchons à faire des recherches qui nous permettent de nous développer. Nous devons être capables de nous en sortir“, a indiqué le ministre en charge de la recherche scientifique. Il a terminé ses propos en félicitant le lauréat du prix avant de demander à tous de s’investir afin le pays puisse se développer.

Oui Koueta

Burkina24

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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