Boucle du Mouhoun : Le Cinéma numérique ambulant s’attaque au mariage précoce

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Le Cinéma numérique ambulant (CNA) a animé une conférence  de presse ce mardi 16 février 2016 à Ouagadougou pour faire le bilan de sa sortie de sensibilisation contre le mariage des enfants dans la boucle du Mouhoun. 20 villages ont été sillonnés et 32 407 personnes touchées par les activités de sensibilisation.

Au Burkina, le mariage des enfants demeure toujours d’actualité. Cependant, l’ampleur de la pratique est fréquente en milieu rural avec un taux de 62% des filles mariées avant l’âge de 18 ans. La boucle du Mouhoun est classée 3e  région où le phénomène a toujours de l’ampleur après celles du Sahel  et de l’Est. 32 % des filles âgées de 15 à 19 ont déjà commencé leur vie féconde dans cette région.

Ignorance des textes. Plusieurs causes expliquant la persistance de cette pratique ont été relevées lors des micros-trottoirs réalisés dans les villages et selon les témoignages des leaders communautaires, Ouédraogo Wendlasida, président du Cinéma numérique ambulant/Burkina : ce sont entre autres la pauvreté, les pesanteurs socio-culturelles, la peur des grossesses précoces des filles, l’ignorance des textes, la fuite de responsabilité des parents en matière d’éducation des enfants.

Au regard de la spécificité de la problématique et de l’ampleur, des cibles et des implications socioculturelles, les activités de sensibilisation du CNA a proposé des activités comme la formation des leaders communautaires, la réalisation de courts métrages, un micro trottoir et des débats.

« Nous réalisons sur le terrain des courts métrages avec une implication forte des enfants parce que ce sont eux qui sont affectés par le mariage. Des micros-trottoirs  pour sonder les connaissances des populations sur le thème et ces micro trottoirs sont montés et projetés les soirs pour servir de cadre de débat avec la population », explique Wendlasida Ouédraogo .

La suite sera bonne ! Après une sensibilisation sur les multiples conséquences, les fistules obstétricales, la déscolarisation,  les grossesses précoces, confie toujours le président, les différents participants ont pris des résolutions notamment la mise en place d’un comité de plainte et de suivi ; la multiplication des sensibilisations, la dénonciation d’éventuels cas et le recours aux autorités compétentes.

Même s’il faut reconnaître, affirme toujours le président, que dans certaines localités, la pratique relève des coutumes et s’attaquer à ces coutumes n’est pas facile. Il a bonne foi qu’avec les engagements pris par l’ensemble des leaders communautaires, la suite sera bonne. Les activités se sont déroulées du 4 janvier au 1er février et ont permis de réaliser 20 courts métrages, 6O projections de films suivi de débat, 32 407 personnes femmes, hommes et enfants touchées, 200 leaders communautaires formés.

Implanté au Burkina depuis 2007, le Cinéma numérique ambulant/Burkina (CNA) est une association culturelle à but non lucratif qui diffuse des films africains auprès des populations démunies. Et à Wendlasida Ouédraogo de dire que « quand on se déplace aussi loin, on essaie de coupler le manque d’information et la promotion du cinéma africain ».

Revelyn SOME

Burkina 24



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