Economie verte : Qu’est-ce que c’est ?

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Le concept « d’économie verte » a été pleinement consacré au Burkina avec son introduction dans la dénomination du ministère en charge de l’environnement. Que signifie-t-il ? Pourquoi est-il nécessaire ? Le Groupe de recherche et d’analyse appliquées pour le développement (GRAAD) a initié ce 19 février 2016 un échange avec la presse à ce sujet.

« L’économie verte : quelle pertinence aux impératifs de développement durable au Burkina Faso ? ». C’est sous ce thème que le GRAAD, en partenariat notamment avec le PNUD, a placé la conférence de presse de ce vendredi.

Cette rencontre a permis de faire la lumière sur l’économie verte, désormais consacrée par le gouvernement burkinabè à travers un ministère. « Il faut produire en réfléchissant à demain ». C’est ainsi que le Dr Goutiéni D. Lankoandé, secrétaire exécutif et directeur du GRAAD, la définit. Il s’agit d’une économie dans laquelle « les activités de croissance et de développement sont conçues de façon à ce que les ressources naturelles continuent de produire les ressources et les services pour les générations futures ».

Cette « nouvelle façon de penser » le développement est née de la prise de conscience par l’être humain qu’il doit changer sa façon de concevoir l’économie, c’est-à-dire utiliser au maximum les ressources naturelles pour atteindre la croissance. « Il s’agit de consommer rationnellement pour produire plus », ajoute Rasmané Ouédraogo, directeur des politiques environnementales au Ministère de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique.

De gauche à droite, Oumar Ndiaye, Hama Traoré, représentant directeur Pays du PNUD, Rasmané Ouédraogo et Gountiéni Lankoandé ( © Burkina24)
De gauche à droite, Oumar Ndiaye, Hama Traoré, représentant directeur Pays du PNUD, Rasmané Ouédraogo et Gountiéni Lankoandé ( © Burkina24)

Cette prise de conscience a conduit à développer l’économie verte comme un moyen d’atteindre le développement de façon réellement durable.

Au Burkina Faso, le concept a fait son entrée depuis 2007, révèle Oumar Ndiaye, conseiller technique principal au PNUD. Des projets et programmes (Initiative pauvreté environnementale, projet résilience, projet Jatropha, entre autres) ont été depuis lors initiés jusqu’au changement de dénomination du ministère de l’environnement sous la gouvernance du président Roch Marc Christian.

Enjeux

Cette option politique est pertinente, explique Rasmané Ouédraogo, compte tenu des enjeux. Le coût de la dégradation de l’environnement représente 21% du Produit intérieur brut du Burkina (PIB), révèle-t-il. De plus, 85% de la population burkinabè vit aux dépens des ressources naturelles et 70% des emplois sont générés par l’agriculture (qui apporte 2/3 des richesses du pays).

L’environnement contribue par ailleurs à près de 7% à l’économie nationale. Enfin, toujours selon Rasmané Ouédraogo, l’économie verte apporte sa pierre à la lutte contre la pauvreté et le chômage à travers la création de nouveaux métiers dits « émergents » (recycleurs de déchets, gestionnaires de ressources énergétiques, marché de l’énergie solaire, etc.).

Autant de raisons qui ont poussé le gouvernement burkinabè à établir un cadre règlementaire « solide », à recourir à une fiscalité environnementale et au renforcement de capacités, révèle Oumar Ndiaye.

L’économie verte est «un outil indispensable au développement durable », affirme Daouda Zallé, qui a représenté le ministre en charge de l’économie verte à cette rencontre et a réaffirmé l’option du gouvernement burkinabè « d’utiliser les ressources naturelles en pensant à demain ».

Abdou ZOURE

Burkina 24

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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