Centrale d’achat au Burkina : Le RVCC apporte sa pierre

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Le gouvernement burkinabè a annoncé la mise en place d’une centrale d’achat des produits agricoles en vue de maîtriser les fluctuations de prix. Le Réseau de veille sur la commercialisation des céréales (RVCC) a commandité une étude sur cette centrale et a rassemblé les acteurs de la chaine pour en faire la restitution ce 25 mars 2016 à Ouagadougou.

L’annonce par le ministère du commerce et de l’industrie de la mise en place d’une centrale d’achat a suscité l’intérêt des acteurs de la chaine de production, de transformation et de commercialisation des produits agricoles, précisément les céréales.

Mais quelle sera  sa forme ? Comment sera-t-elle financée ? Va-t-elle concerner tous les produits, notamment les produits périssables qui nécessitent des chambres froides ? En somme, quelles sont les conditions de réussite d’une telle centrale ? Autant de questions, qui, explique Moussa Joseph Dagano, vice-président du comité de pilotage du RVCC, a conduit le réseau à commanditer une étude de réflexion sur le sujet.

La restitution de cette étude a lieu ce 25 mars 2016 à Ouagadougou au cours d’un atelier qui rassemble tous les acteurs du domaine, notamment les producteurs, les transporteurs, les commerçants et une représentation de  l’Etat burkinabè. « Tous les acteurs sont représentés », affirme Moussa Joseph Dagano.

Selon Moïse Kaboré, la centrale d'achat ne doit pas être un monopole d'Etat
Selon Moïse Kaboré, la centrale d’achat ne doit pas être un monopole d’Etat

L’idée d’une telle étude est d’envoyer le RVCC à la table du débat et de lui permettre de faire des recommandations sur la centrale d’achat, qui  centralisent les propositions des acteurs concernés. Le rapport de ce travail de réflexion fait en effet quelques propositions quant aux conditions que cette structure doit  réunir pour être efficace.

L’une d’elles est que cette centrale ne doit pas faire l’objet d’un monopole. « Il ne faut pas que ce soit un monopole d’Etat. Il faut intégrer dans la négociation, dans la discussion tous les acteurs », indique Moïse Kaboré, spécialiste en économie agricole et personne ressource au RVCC.

Ensuite, explique-t-il, « pour les produits agricoles, il n’est pas possible de créer un lieu de stockage unique pour qu’on vienne mettre les produits. Il faut regarder au niveau des acteurs, quelles sont les disponibilités et  faire des centralisations spontanées pour des offres particulières».


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La dernière condition jugée essentielle par Moïse Kaboré est liée au mode de coordination. «Le mode de coordination doit être réfléchi, dit-il. Il ne faut pas que ce soit coordonné par des fonctionnaires car cela ne cristalliserait pas les énergies des acteurs autour de la centrale ».

L’Etat burkinabè prendra-t-il en compte ces recommandations ? Moussa Joseph Dagano est confiant : « l’Etat écoute et a besoin de conseils ».

Pour rappel, le RVCC est une coalition d’organisations de la société civile engagée dans le suivi des politiques céréalières et le plaidoyer sur ces politiques en vue de l’amélioration des conditions de production, de transformation et de commercialisation des céréales.

Abdou ZOURE

Burkina24



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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