Sécurité alimentaire dans l’Oudalan: « L’agriculture dans la zone de Tin Akof ne répond pas » (Tasséré Koudougou)

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Après le constat sur le terrain, l’heure est à la capitalisation, question de partager les résultats de deux études avec les structures étatiques chargées d’assurer la sécurité alimentaire aux populations. Elles ont porté sur l’effet des filets sociaux sur les moyens d’existence des communautés dans la commune de Tin Akof et sur deux stratégies de prévention de la malnutrition chez les enfants de 6 à 23 mois dans la province du Passoré. La rencontre entre les différentes parties a eu lieu ce 05 avril 2016.

Partager les résultats d’études

Oxfam Burkina partage les résultats de deux études (financées par l’Union européenne à travers ECHO) avec les structures de l’Etat et 9 autres structures partenaires afin de les orienter de telle sorte qu’elles puissent mener de manière plus efficace et efficience la lutte qu’elles mènent contre la malnutrition et d’assurer l’autosuffisance alimentaire.

Il s’agit d’une étude sur la malnutrition  dans la province du Passoré (réalisée par GVC et GRET, l’université de Ouagadougou et d’Ottawa) et d’une étude comparative sur les moyens d’existence des ménages très pauvres dans la province de l’Oudalan, commune de Tin Akof entre 2012 et 2015.

C’est guidé par la volonté d’améliorer la situation alimentaire des ménages affectés en période de soudure (juin-juillet-août-septembre), que ces études ont été conduites. Le but est d’« obtenir des argumentaires pour les décideurs pour qu’ils développent des stratégies », explique Sosthène Konaté, responsable de programme résilience d’action humanitaire.

Sosthène Konaté, responsable de programme résilience d’action humanitaire à Oxfam Burkina.
Sosthène Konaté, responsable de programme résilience d’action humanitaire à Oxfam Burkina.

De ses explications, l’on peut retenir que lorsque nous avons des appuis couplés (transferts monétaires sous forme de cash ou de vivres, de farines infantiles aux enfants de 6-23 mois) en période de soudure, on se rend compte qu’on arrive à maintenir constant le niveau de prévalence de la malnutrition.

« Nous voulons que les différents programmes de développement de long terme puissent intégrer dans leur intervention (structures étatiques) l’appui en complément nutritionnel pour ces enfants », a déclaré Sosthène Konaté.

Situation  alimentaire sous pression

Tasséré Koudougou travaille au Secrétariat exécutif du conseil régional de sécurité alimentaire (SE-CNSA). Dans le cadre de sa formation en sécurité alimentaire, il a mené une étude d’analyse des moyens d’existence des ménages depuis 2012 dans la commune de Tin Akof dans la province de l’Oudalan.

« Dans la zone, la principale source de revenu des ménages est l’élevage, la vente du bétail. Depuis 2012, il y a une baisse légère des prix des animaux, ce qui fait que le pouvoir d’achat des ménages a relativement baissé », souligne Tasséré Koudougou.

Tasséré Koudougou, agent du Secrétariat exécutif du conseil national de sécurité alimentaire.
Tasséré Koudougou, agent du Secrétariat exécutif du conseil national de sécurité alimentaire.

A cela s’ajoute le fait que « l’agriculture dans la zone de Tin Akof ne répond pas. Aussi bien le climat que les types de sol ne sont pas favorables à l’agriculture si bien que  les ménages dans cette localité sont fortement dépendants du marché ».

Tasséré Koudougou dit avoir constaté qu’il y a une évolution « positive » de la situation des ménages à l’issue des interventions menées sur le terrain. Toutefois, la dépendance du marché ne contribue pas à résoudre le problème.

« Si vous êtes dépendants du marché et que votre pouvoir d’achat est en relative baisse, comprenez que la situation alimentaire est sous pression dans cette localité », estime Tasséré Koudougou. Il ne reste donc plus qu’à espérer que les organismes étatiques prennent note de toutes ces difficultés rencontrées afin de débarrasser les populations des fléaux de la malnutrition en assurant au passage la sécurité alimentaire.

Oui Koueta

Burkina24   



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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