Claude Wetta : « Les gens parlent de Zida mais le blanchiment d’argent date de longtemps »

Roch Marc Christian Kaboré a bouclé ses 100 premiers jours à la tête de l’Etat burkinabè. Quel bilan faut-il tirer sur le plan de la lutte contre la corruption ? Le Dr Claude Wetta, secrétaire exécutif du Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC),  a été interrogé sur la question le 31 mars 2016, en marge d’une Assemblée générale du réseau. Voici l’intégralité de ses propos.

100 jours de Roch Kaboré

Il y a eu des discours qui revenaient sur la question de la lutte contre la corruption que nous apprécions. Tout ce qui a été fait sur le terrain,  c’est que le ministère de la justice dans la continuité de l’action de la transition, nous a invités pour qu’on puisse adopter le décret de l’application de la loi anti-corruption.

Nous avons été à Koudougou avec le ministère des finances et il y a eu des choses qui ont été arrêtées et il s’agit maintenant que le ministère de la justice se penche sur la question.

Sur la question du blanchiment d’argent

A part cela,  il y a peut-être aussi les questions liées au blanchiment d’argent. Et comme nous l’avons dit, c’est une mauvaise communication du gouvernement parce que nous estimons que lorsqu’on va aborder des questions aussi sérieuses,  on donne une information qui est aussi juste.

Lorsqu’on parle de blanchiment d’argent, il faut prendre la période 2009 2015, mais vous ne pouvez pas pointer la période 2015 alors que la CENTIF ( Cellule nationale de traitement des informations financières, NDLR) elle-même dit que c’est de 2009 à  2015. Je pense qu’en termes de communication, il n’ont pas bien réagi ou alors est-ce que c’était intentionnel. Ça nous nous ne le savons pas,  mais je pense que la communication n’a pas été bonne.

Zida et la SONATUR

Le régime de Compaoré est dans le blanchiment d’argent. Toutes les questions liées j’allais dire à la ZACA à Ouaga 2000, c’est des questions de blanchiment d’argent. Si vous prenez la question de Ouaga 2000, les gens ont blanchi de l’argent là-bas. Les gens parlent de Zida aujourd’hui, mais le blanchiment d’argent date de longtemps. Depuis que la SONATUR est créée,  la question de deals de parcelle a toujours existé.

En matière de lutte contre la corruption, nous pensons qu’il y a quelques actions qui ont été posées. Mais comme nous l’avons dit, nous allons suivre tout cela.

Sur la question de Guiro, nous allons aussi le gérer avec le gouvernement et la justice actuels. Nous estimons que le jugement de Guiro a été fait mais nous ne sommes pas satisfaits. Est-ce que le gouvernement est capable de conduire le dossier jusqu’au bout ? Nous  attendons de voir.

L’utilité publique du REN-LAC

Sur la question de la lutte contre la corruption,  il faut que le gouvernement sache que le REN-LAC est une organisation  d’utilité publique. Nous travaillons aujourd’hui à faire en sorte que les finances de l’Etat soient assainies, que le devoir de redevabilité soit effectivement assuré par les uns et les autres.

On a déposé des dossiers pour qu’on soit reconnu comme organisation d’utilité publique. Ils ont refusé. La transition n’a rien fait pour nous. On attend le gouvernement actuel sur ce terrain. Cela aussi montrera si les gens sont engagés dans la lutte contre la corruption.

Propos recueillis par Mamady ZANGO (stagiaire)

Burkina24



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