Bobo-Dioulasso : Séance d’information et de communication sur l’essai vaccinal contre Ebola

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Dans le cadre du développement d’un vaccin prophylactique contre le virus Ebola, le centre Muraz a initié une séance d’information et de communication sur l’essai vaccinal EBOVAC2 au profit des journalistes, le jeudi 7 avril 2016 à Bobo-Dioulasso, dans la salle moyenne du centre.

L’objectif de cette rencontre est, informer, sensibiliser, communiquer et rassurer les uns et les autres sur la bonne qualité du vaccin contre Ebola mis par l’institution de recherche du centre Muraz qui conduit cette expérimentation, a indiqué le Pr Nicolas Méda, Directeur général du centre Muraz et investigateur principal du projet EBOVAC2.

C’est au cours d’une séance d’échanges avec des journalistes de Bobo-Dioulasso, ce jeudi 7 avril 2016 que les initiateurs ont présenté le protocole du projet EBOVAC, le processus d’expérimentation et le niveau de recrutement. Cette phase a été effectuée par la Coordinatrice du projet EBOVAC2, Dr Hourératou Barry, médecin épidémiologiste.

Qu’est-ce qu’EBOVAC2 : EBOVAC2 est un projet visant à évaluer un schéma de vaccination comportant 2 candidats vaccins contre le virus Ebola. Pour Dr Barry, les 2 candidats vaccins sont « Ad26.ZEBOV » qui est un  vaccin monovalent exprimant la totalité de la glycoprotéine (GP) du virus Ebola (EBOV, auparavant connu sous le nom de Zaïre ebolavirus) souche Mayinga et qui produit sur la lignée cellulaire humaine PER.C6.

« MVA-mBN226B », également appelé la Vaccine Ankara Modifiée (Modified Vaccinia Ankara, MVA) BN-Filo, qui est un vaccin multivalent exprimant la GP du virus Soudan (SUDV), la GP de l’EBOV, la GP du virus Marburg (MARV) Musoke, et la nucléoprotéine (NP) du virus de la forêt Taï (TAFV connu auparavant sous le nom de virus Ebola Côte d’Ivoire) et qui est produit sur des cellules de fibroblastes embryonnaires de poulet.

« En aucun cas ces candidats vaccins ne peuvent entrainer la maladie à virus Ebola chez la personne vaccinée car la préparation vaccinale n’utilise pas des virus vivants atténués mais plutôt des molécules synthétisées incapables de se multiplier » a-t-elle indiqué.

Objectifs et déroulement de l’étude : Pour les initiateurs, l’expérimentation permettra d’évaluer la sécurité d’emploi, la tolérance et l’immunogenicité de différents schémas de vaccination par l’Ad26.ZEBOV et MVA-BN-Filo administré par voie intramusculaire (IM) dans le cadre de schéma prime-boost (rappel) hétérologue les jours 1 et 29, les jours 1 et 57, ou les jours 1 et 85, chez des adultes sains.

Ainsi, le Pr Méda, confie, « nous sommes en train d’expérimenter ce vaccin à la phase 2 dans le processus normal d’expérimentation qui correspond vérifier que le produit n’est pas toxique pour les organismes humains au Burkina Faso, et vérifier que les organismes tolèrent le vaccin injecté ».

Quant au déroulement, il durera 18 mois, constitué de la phase de sélection, phase de vaccination et suivi postérieur au rappel et suivi à long terme. Pour Dr Hourératou Barry, la sélection vérifiera l’éligibilité des participants, et se fera dans les 8 semaines précédant la date à laquelle les participants recevront le vaccin à l’étude.

La deuxième phase, les participants recevront 2 vaccinations au cours de l’étude. « 1er vaccination aura lieu le jour 1, la 2em vaccination de rappel le jour 29, 57 ou 85 chez des adultes sains y compris des personnes âgées, les personnes vivant avec le VIH et les enfants dans 3 groupes d’âge ».

La dernière phase, les participants ayant reçu le vaccin actif au cours de cette étude devront se soumettre au suivi à long terme au jour 180 et au jour 360 après la vaccination.

Par ailleurs, le DG du centre Muraz a expliqué que l’expérimentation permettra d’assurer que les organismes qui reçoivent ces vaccins développent et produisent des anticorps dirigés contre la maladie. Il a lancé un appel aux volontaires pour tester le vaccin.

En rappel, le projet a débuté en janvier 2015 et la séance d’essai a été lancée le 7 janvier 2016. Le site de centre Muraz a enregistré 233 notes d’information, 136 consentements signés, 116 participants examinés, 60 participants vaccinés, 6 personnes ont reçu le rappel et aucun problème de santé noté. Le coût total pour tester le vaccin est de 1 200 000 euros.

Sidiki TRAORE

Correspondant Burkina 24 à Bobo-Dioulasso

Rédaction B24

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