Bobo-Dioulasso : Gaz lacrymogène et débandade à Belleville

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Dans la matinée du lundi 11 avril 2016, des manifestants venus des zones non-loties du secteur 29 (Belleville), ont organisé  un rassemblement devant le conseil régional de Bobo-Dioulasso. Ils ont exigé la démission de la Présidente de la délégation spéciale de l’arrondissement n°7, Djenné/Sanou Salimata, l’accusant d’avoir fait des bornages nocturnes dans ledit secteur.

« Nous ne voulons pas de cette dernière à la tête de notre arrondissement, nous demandons son départ immédiat et impératif, si  possible dans les 72 heures qui suivent », a laissé entendre Séraphin Simporé, porte-parole des manifestants des zones non-loties du secteur 29 de Bobo, sortis ce lundi déclarer leur mécontentement devant le Conseil régional.

Pour Séraphin Simporé, les manifestants demandent le départ de la Présidente de la délégation spéciale (PDS) de l’arrondissement n°7, Salimata  Djenné/Sanou. La raison de ce courroux ? « Elle s’est déplacée pour venir dire aux gens de partir parce que les parcelles sur lesquelles ils habitent ont déjà été vendues », explique-t-il.

Les habitants des zones non-loties de Belleville ont demandé le départ immédiat de la PDS de leur arrondissement
Les habitants des zones non-loties de Belleville ont demandé le départ immédiat de la PDS de leur arrondissement

C’est pourquoi les concernés se sont concertés pour la  rencontrer le 9 mars 2016, à un malentendu. Mais la DPS aurait réitéré ses propos. « Donc nous sommes allés voir le gouverneur le 11 mars 2016 et il n’a pas réagi », continue Séraphin Simporé.

En plus, les manifestants ont accusé Salimata Sanou d’avoir procédé à des bornages nocturnes et demandent un audit et une autorité compétente qui va trancher l’affaire.

La PDS s’explique. Concernant les reproches qui lui sont faits, Salimata  Djenné/Sanou, celle qui fait office de maire,  assure qu’elle n’a pas vendu illicitement de parcelles. « Moi-même je suis là pour empêcher la vente illicite de parcelles, dit-elle. Quelqu’un qui a sa parcelle et veut la vendre,  il n’y a pas de problème, c’est son droit. Mais la vente illicite de parcelles, là, on n’accepte pas ».

Pour les attributions de terrains, dit-elle, malgré la suspension des mesures de  lotissement par un décret, il y a eu une ordonnance du Premier ministre qui autorise de placer des bornes dans les zones qui ne sont pas destinées aux habitations.

Salimata  Djénné Sanou s'explique
Salimata Djénné Sanou s’explique

« Forts de cette mesure, nous avons fait placer des bornes pour les constructions des centres sociaux qui sont d’intérêt public. En dehors  de ça,  je ne me reconnais pas en train de placer des bornes », dit-elle.

Qu’en est-il du fait selon lequel elle a intimé à certains habitants de quitter leurs habitations ?

Elle répond en ces termes : « J’ai été approchée par un usager qui m’a dit  ceci : « PDS, j’ai fait un tour à la fin du lotissement de Karim Barro, il y a des habitations spontanées qui poussent ».

Elle dit s’être alors déplacée pour le constat. Et là, a-t-elle affirmé, des habitations sont en train de pousser sur les aménagements de l’ex-maire Moussa Héma. « Alors que Moussa Héma avait dit qu’ils ont pris une zone vierge, qu’il n’y a pas d’habitation et qu’ils ont recensé seulement des propriétaires terriens », ajoute-t-elle.

A cet effet, elle a conseillé aux personnes qui voulaient acheter ces parcelles d’éviter de créer des problèmes, « car acheter dans une zone aménagée, vous pouvez vous retrouver sur la parcelle de quelqu’un. Donc pour éviter cela, il faut passer l’information. C’est bon de suspendre les achats et les constructions sur ce site en attendant que la situation soit réglée », a déclaré la PDS.

A l’entendre, certains habitants sont venus la voir en affirmant qu’ils sont les lieux depuis longtemps mais n’ont pas été recensés.  « Si c’est le cas, je prends note et le prédécesseur qui va venir, je vais attirer son attention sur le recensement.  Et j’ai pris un communiqué pour attirer leur attention », a-t-elle expliqué.

A noter que la manifestation s’est terminée en queue de poisson à travers les jets de gaz lacrymogène et des courses poursuites entre  manifestants et forces de l’ordre.

Sidiki TRAORE

Correspondant Burkina 24 à Bobo-Dioulasso

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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