Olivier Ouédraogo : « Il faut que les camarades du privé apprennent aussi à se mobiliser »

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Dans ses revendications, l’Unité d’action syndicale (UAS) ne laisse pas le secteur privé de côté. Plusieurs points sont inscrits sur sa plateforme tel qu’indiqué lors d’un point de presse ce 19 avril 2016.

Il n’y a pas que la loi 081 ou les revendications des travailleurs de la fonction publique qui figurent sur la plateforme des syndicats. Il y a aussi les intérêts des employés du privé.

Bassolma Bazié, secrétaire général de la CGT-B, cite par exemple le code du travail qui « contient  des aspects qui ne permettent pas  aux travailleurs dans le privé de s’exprimer et de vivre de façon digne ». Il indexe notamment la possibilité de renouveler indéfiniment les contrats de travail et aussi les conditions de licenciement abusif qui précarisent la situation des travailleurs.


VIDEO – Bassolma Bazié

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Bassolma Bazié rappelle également la revendication qui porte sur l’établissement d’un fichier unique du foncier. A son avis, ce fichier permettra « d’éviter les questions de  malversations et d’interpeller tous ceux qui sont plongés dans ces malversations pour qu’ils répondent ». Le capitaine de la CGT-B a aussi relevé la nécessité de baisser les prix des hydrocarbures, étant donné que « le prix du baril qui était à 130 dollars en 2012, est  autour de 40 dollars aujourd’hui ».

Le gouvernement burkinabè a décidé de recruter 16000 jeunes agents communautaires dans les collectivités territoriales. Mais de l’avis de Bassolma Bazié, le gouvernement Roch Kaboré « est en train de donner le mauvais exemple à suivre par le privé ».

Il s’explique :

« Quand on prend le SMIG, ça fait 30 684 F CFA. Quand on recrute des agents communautaires et on dit qu’on va leur donner 10 000 F CFA ou 20 000 F CFA par mois, cela veut dire que l’Etat est en train de piétiner ses propres textes pour permettre au privé d’aller dans le même sens. Si l’Etat a le droit de publier qu’il va recruter un agent, quel que soit le travail qu’il va faire, et qu’il va lui donner 10 000 ou 20 000 F CFA, ce n’est pas un Etat responsable ».

Tous égaux devant les boutiquiers !

Enfin, Bassolma Bazié trouve inapproprié le deux poids deux mesures qui prévaut lors des négociations d’augmentation de salaire dans le privé et le public. Il explique que cette technique est inconnue devant les boutiquiers :

« La dernière augmentation, qui était de 5% (pour le public, ndlr), quand on est parti pour négocier pour le privé, c’est 4% qu’on a pu obtenir. Ce n’est pas correct. Il n’y a pas une boutique où quand vous allez pour acheter, on va vous dire vous êtes un agent du public et vous, vous êtes du privé. C’est le même prix ».

Autant de raisons qui amènent les syndicats à lutter également pour le secteur privé. Mais encore faut-il que les acteurs de ce secteur se joignent aussi à l’effort. C’est ce qu’a indiqué Olivier Ouédraogo, secrétaire général de la CSB, en ces termes : « Quand nous allons lancer le mot d’ordre de grève, si ceux du privé vont en grève, la pression est où ? Elle est sur le patronat. Vous savez bien que les patrons sont accrochés à leur profit. Voilà pourquoi il faut que les camarades du privé apprennent aussi à  se mobiliser et à aller en action ».

Abdou ZOURE

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Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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