Pénurie d’eau à Nagrin : L’ONEA explique

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Ouagadougou souffre actuellement de la pénurie en eau potable. En fonction du programme de distribution alternée, les populations de certains quartiers sont obligées de veiller pour s’offrir ce liquide précieux devenu rare en cette période de forte consommation. Le quartier Nagrin, situé côté sud de la ville pendant au moins deux jours. Burkina24 a contacté Isabelle Tiendrébéogo, chef du département communication à l’ONEA pour en savoir  davantage.


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Burkina24 (B24): Constat fait à Nagrin à la date du 5 mai 2016, les populations affirment qu’elles ont été privées d’eau pendant au moins deux jours. Est-ce que vous confirmez cette information ?

Isabelle Tiendrébeogo (I.T) : Avant de répondre, je voudrais au nom de tous mes collègues, qui sont sur le terrain depuis plusieurs jours, à présenter nos sincères excuses aux populations qui vivent cette pénurie. Nous sommes un distributeur d’eau. Et ce n’est pas un plaisir pour nous ce que les populations vivent en ce moment.

Nous tenons à dire qu’il y a d’autres quartiers tels que Bassinko, Rimkièta, Pabré, la Zone 1 qui vivent également un durcissement de la situation depuis quelques jours. Je confirme qu’à Nagrin, il y a eu difficultés ces deux derniers jours.

B24 : Qu’est ce qui a expliqué cette situation ?

I.T : Nous avons un centre de dispatching  à Bendogo, qui conduit l’eau qui arrive de Ziga dans 3 branches.  La branche nord qui va vers Somgandé et Kossodo. La branche qui va au niveau de la ville centrale et la branche sud qui va sur Nagrin. Il y a trois pompes qui refoulent l’eau vers Nagrin.

Malheureusement, il se trouve qu’avant-hier (le 4 mai, NDLR), il y a deux pompes sur trois qui sont tombées en panne. Avec la forte chaleur, nos équipements sont très éprouvés. C’est le fait  que ces deux pompes sont tombées en panne, qui a durci la situation à Nagrin.

B24 : Est-ce qu’il y a des mesures qui sont prises ou des solutions qui sont prévues pour mettre un terme à cette situation ?

I.T : Quand ce genre de situation arrive,  tous nos techniciens sont mobilisés. Je vous assure qu’ils ne dorment même pas. Ils ont commencé à travailler dès la panne et ils ont pu achever les travaux hier 5 mai. La situation est rentrée dans l’ordre.

Mais, la question d’eau, ce n’est pas comme l’électricité où il suffit de toucher un bouton pour qu’une zone ait l’électricité. Il y a le temps de reprise des pompes. Il y a le fait que l’eau doit arriver dans les zones basses. Les gens font des prélèvements un peu sauvages et cela met du temps pour remonter vers les zones hautes. C’est dommage que ceux qui sont près d’un château, dans les zones  hautes, ne comprennent pas qu’il n’y ait pas d’eau.

C’est dire que la situation est revenue à la normale. Nous avons réparé les pompes. Mais comme  c’est une question d’eau, c’est en train de s’améliorer.

Nous avons des points focaux qui nous ont confirmé avoir eu l’eau à Nagrin. Nous demandons la patience des populations parce que tout est en train de renter dans l’ordre.

B24 : N’y a-t-il pas d’échéancier clair pour le moment pour la fin de cette tension ?

I.T : Normalement d’ici samedi, nos techniciens nous ont dit que l’équilibre va revenir et donc le programme de distribution alternée tient. Ce programme va marcher à merveille en dehors des cas  non prévus de coupure d’électricité et  de pannes. A partir de demain (samedi, NDLR), tout va rentrer dans l’ordre, selon le programme de distribution.

B24 : Nagrin est-il dans le groupe de distribution ?

I.T : Nagrin est dans le groupe 18 et est censé avoir l’eau  entre 20h et 11 h du matin. C’est une zone qui est surtout desservie la nuit. Dans ce contexte-là, nous avons de la peine que les gens n’arrivent pas à dormir, parce qu’ils ne peuvent pas avoir l’eau. Mais au moins, si la nuit ils arrivent à avoir cette eau, ce liquide précieux, c’est déjà une bonne chose.

B24 : De façon générale, quelles sont les raisons qui expliquent la tension hydrique que vit Ouagadougou ?

I.T : Vous me ramenez au projet Ziga II. Ouagadougou n’a pas de problèmes de ressources en eau. Autrement dit, l’eau du barrage de Ziga et du  barrage de Loumbila, suffit amplement. Mais, c’est la capacité de production.

Avec le projet Ziga II,  une nouvelle station de traitement d’eau est en train d’être construite sur le site de Ziga. Une grosse conduite devra, à terme, amener l’eau à Ouaga. Depuis 2013, nous savons que la situation allait être difficile et nous avons dit que c’est à la fin du projet Ziga II en juin 2017 que nous allons pouvoir souffler.

Nous n’avons  jamais manqué de dire que c’est à partir de 2017 que la tension va s’apaiser.  Mais là encore, il ne faudrait pas que la ville continue de s’étendre à l’infini et que les taux d’accroissement de la population ne soient pas maitrisés. Ce sont ces éléments qui viennent souvent remettre en cause tous ces calculs.

B24 : Est-ce que les populations peuvent s’attendre à ce qu’il y ait des mesures compensatoires, par exemple que les pénalités sur les factures en retard soient levées ?

I.T : Quel lien y a-t-il entre l’eau et les pénalités de retard ? N’oubliez pas que comme nous aimons à le dire, les clients consomment notre eau à crédit. Nous avons deux mois de retard dans la facturation. Cela veut dire que la facture d’eau que vous payerez en avril, c’est une facture de février. Cette question n’est pas à l’ordre du jour

Ce qui est à l’ordre du jour, c’est que nous travaillons, nos techniciens travaillent quotidiennement pour que ce programme de distribution alternée soit efficace. Nous comprenons les populations et nous savons qu’elles sont sensibles aux efforts que nous faisons. Si on arrive à ce que ce programme-là soit globalement respecté, je pense que pour le moment, on s’en tiendra là en attendant.

Il y a beaucoup de gens qui interviennent et qui ne savent pas de quoi ils parlent. Moi, quand il y a un problème au niveau de la santé, je suis très prudente, parce que je ne suis pas spécialiste. Mais on se rend compte qu’au niveau de l’eau, tout le monde sait, tout le monde prétend savoir. Et donc, ils donnent des informations qui fâchent les populations.

A Ouaga, c’est vrai qu’il y a des barrages, mais il n’y a pas  d’eau dans le sous-sol. A Bobo, rien que dans la semaine, ils ont eu  un forage de 325 m3/heure. Et nous, dans la zone du Centre ici, vous ferez dix forages, mais vous n’aurez pas deux bons forages qui vous donneront 10m3/heure. C’est une réalité que nous voulons partager avec les populations. Nous demandons donc aux populations  de nous faire confiance parce que nous sommes des professionnels.

Entretien réalisé par Abdou ZOURE et Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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