Abraham Kabré: “Il faut réduire le fossé entre connaissances théoriques et pratiques”

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Abraham Zoewindtaalé Kabré est un étudiant burkinabè résidant à Paris, la capitale française. Natif de Ouagadougou où il a suivi la majeure partie de mon cursus scolaire, c’est après l’obtention d’un baccalauréat série G2, au Lycée Technique de Ouagadougou (LTO) en 2009, qu’il s’est envolé pour la France pour y poursuivre ses études. Ce “passionné par les métiers du chiffre”, tel qu’il se présente, est également  le président deu Comité des étudiants burkinabè à la Maison du Burkina Paris-France.

Burkina24 (B24): Présentez-nous le Comité des étudiants burkinabè à la Maison du Burkina Paris-France que vous avez présidé.

Abraham Zoewindtaalé KABRE (A.Z.K.): Le Comité de Résident de la Maison du Burkina a pour mission de représenter les résidents auprès de l’Ambassade et de faciliter leur intégration à travers l’organisation d’activités intellectuelles, sportives et culturelles. Il se compose de 5 membres dont un Président. Le mandat est d’une durée d’un an, renouvelable.

En tant que Président du Comité, mon rôle principal est d’agir au nom et pour le compte des résidents auprès de certaines instances administratives et associatives de la diaspora burkinabè en France.

Avec les autres membres du Comité, nous avons eu à mener entre autres, des activités intellectuelles. A titre d’exemple, l’une de nos activités phares a été l’organisation de la journée des métiers qui nous a permis de réunir dans un même lieu des professionnels burkinabè et des étudiants burkinabè pour aborder les questions liées aux compétences théoriques et techniques nécessaires pour embrasser leurs métiers, comment exploiter les perspectives d’immersion dans la vie active à travers des stages et des emplois. Et aussi comment mettre nos acquis au profit du Burkina tout en travaillant en France ou au Burkina.

Il y a aussi des activités footballistiques, culturelles et festives (projection de film, réveillon de fin d’année, etc.).

B24: A quoi répond la création d’un tel comité et comment intervient-il concrètement dans la vie de ses membres qui sont les étudiants burkinabè ?

A.Z.K.: Il faut noter qu’il s’agit d’un comité qui est sous la houlette de l’Ambassade du Burkina Faso à Paris. Le rôle du comité est donc de créer une certaine animation et dynamisme au sein de la Maison du Burkina au profit des étudiants de la résidence et plus largement au profit des étudiants burkinabè de la région parisienne.

Il faut également souligner que les activités menées sont une opportunité pour se rencontrer, renforcer les liens entre frères et sœurs d’un même pays vivant à l’étranger et aussi pour se partager des informations utiles concernant les choix universitaires et les moyens d’immersion rapide dans la vie active.

B24: Parlant de vous, qu’est-ce que vous étudiez ici à Paris ? Et pourquoi avoir choisi l’étranger pour poursuivre vos études ?

A.Z.K.: De façon lapidaire, je suis fraîchement diplômé d’un Master 2 en Comptabilité-Contrôle-Audit (CCA) de l’Université Paris Dauphine. Je suis en cours de préparation d’un examen national dans le domaine de la Comptabilité et de la Gestion (DSCG).

J’ai choisi l’étranger pour poursuivre mes études dans le but d’acquérir de nouvelles expériences sociales et professionnelles. C’est une expérience très enrichissante qui me permet d’apprendre autrement car les méthodes pédagogiques ne sont pas les mêmes d’un pays à un autre et aussi d’avoir une certaine maturité d’esprit, car étant loin de la famille on est très rapidement obligé d’apprendre à se débrouiller tout seul.

De plus, mon domaine d’étude connaît une mutation rapide et tend à s’uniformiser, si bien qu’une ouverture au monde s’impose aux professionnels du secteur.

Le fait de partir étudier à l’étranger procure des avantages non négligeables et apporte un trait de différenciation sur le CV.

B24: En général, les talents africains décident de s’installer ici en occident pour davantage monnayer leur savoir-faire. En ce qui vous concerne, quels sont vos projets à la fin de vos études? Le retour au pays fait-il partie de votre agenda ?

A.Z.K.: Pour être honnête avec vous, je fonctionne au regard des opportunités qui s’offrent à moi. Mais, que je m’installe ici en France, au Burkina Faso ou partout ailleurs dans le monde, sachez que je nourris une forte ambition de mettre sur pied des projets au Burkina. Avec des amis nous avons quelques idées sur la création de business qui seront pourvoyeurs d’emploi et sources de création de valeur ajoutée au développement du pays.

Il ne s’agira pas forcément de monter un business dans mon domaine d’étude. Les projets seront axés sur les nouvelles technologies, les investissements socialement responsables (agroalimentaire, énergies renouvelables, etc), etc.

B24: A votre avis, quelles seraient la solution pour un meilleur épanouissement de la jeunesse burkinabè?

A.Z.K.: Le Burkina est composé de plus de 60% de jeunes âgés de moins de 25 ans. Je dirai qu’il est nécessaire d’apporter une touche d’amélioration sur l’acquisition de compétences pratiques afin de faciliter l’insertion des jeunes dans l’économie du pays.

Il faudrait agir dans le sens de réduire le fossé entre les connaissances théoriques enseignées dans nos écoles et universités et les compétences pratiques nécessaires dans la vie professionnelle. Les actions à entreprendre doivent permettre à la jeunesse d’avoir les outils nécessaires pour développer leurs propres activités et de facto résorber le chômage.

Bien évidemment, l’implication de l’Etat est vivement souhaitée dans cet épanouissement de la jeunesse. Outre l’apport de moyens humains et financiers, l’Etat devrait sensibiliser les entreprises sur le bien fondé des stages et au besoin les inciter à prendre des stagiaires à travers l’initiation d’un système de points pour les « bons élèves » dans l’attribution des marchés publics.

B24: Parlons maintenant du Terrorisme qui secoue tous les pays et n’épargne pas nos pays africains. Le Burkina Faso en a d’ailleurs payé un lourd tribut récemment. Que vous inspire ce phénomène ?

A.Z.K.: Les terroristes posent des actes ignobles et méchants que je condamne. Ils sèment la désolation, la peur d’autrui, le retard de croissance économique dans un pays comme le Burkina et créent aussi l’amalgame à l’égard de la religion musulmane.

Je saisis l’occasion pour présenter mes condoléances aux familles touchées par l’attaque de janvier à Ouagadougou et à tout le peuple burkinabè. J’ose espérer qu’il existe d’autres moyens de communication en dehors de la violence pour faire passer un quelconque message.

Que Dieu nous protège et nous épargne de tout danger sur terre et au ciel.

B24: Votre dernier mot à la fin de notre interview…

A.Z.K.: Merci à Burkina24 de m’avoir accordé cette opportunité de m’exprimer sur des questions transversales. Je ne saurai terminer sans exhorter mes collègues étudiants de la diaspora à mener des activités à l’honneur de notre chère patrie, le Burkina Faso. Il faut garder à l’esprit que nous sommes des atouts majeurs pour le développement de notre pays.

Ensemble, nous irons très loin ! Que Dieu bénisse le Burkina !

Interview réalisée par Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

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