Dégradation des terres et sécurité : Le lien est fait à Ouaga

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La dégradation des terres, le changement climatique et la migration sont liés par les conséquences qu’ils ont sur les populations en matière de sécurité et de stabilité. A Ouagadougou, un atelier a lieu du 18 au 19 mai 2016 pour parler de l’implication des politiques pour renforcer la résilience des populations et prévenir les problèmes de sécurité.

La dégradation des terres influe sur la migration, parce qu’elle est  à la fois sa cause et sa conséquence. La raréfaction des terres cultivables amène les populations à migrer vers des horizons plus cléments, entraînant une pression sur ces zones. Un phénomène accentué par le changement climatique. Des situations qui sont favorables à l’insécurité et sont propices à des drames : conflits communautaires, catastrophes humanitaires lors des tentatives de traverser les océans à bord d’embarcation de fortune.

Le Burkina et les pays de l’Afrique de l’Ouest n’échappent pas à cette réalité. C’est ce qui justifie cet atelier régional organisé à Ouagadougou du 18 au 19 mai par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM),  en collaboration avec le Mécanisme mondial de la Convention des Nations Unies contre la désertification, la Fondation Konrad Adenauer, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et le gouvernement du Burkina.

Le thème s’intéresse à l’implication des politiques dans la résolution de la problématique. Il porte en effet sur  « dégradation des terres, changement climatique et migration en Afrique de l’Ouest : implications politiques pour la résilience locale et la sécurité sous-régionale ».

Lors de la cérémonie d’ouverture ce mercredi, la coordinatrice résidente du Système des Nations Unies au Burkina, a déjà esquissé des pistes. Il s’agit, selon elle, de la mise en place d’un système opérationnel de données fiables et actualisées qu’elle juge « indispensable » et qui doit permettre une planification efficace d’alerte et de gestion des risques de catastrophes. Elle ajoute l’implication des populations bénéficiaires dans les initiatives de résilience et la coordination des interventions des partenaires.

Les participants à la rencontre
Les participants à la rencontre

L’ambassadeur de l’Union européenne au Burkina, Jean Lamy, y a ajouté la nécessité d’avoir une « vision globale, transversale, interministérielle et intégrée ».  Gennaro Gentile, directeur du  bureau de la coopération italienne au Burkina, pour sa part, a indiqué que la coopération italienne a déjà initié des projets dans ce sens. En plus du projet Kéita, qui a permis de planter 4 millions d’arbres d’acacia au Niger, un autre, le projet  « Afrique de l’Ouest : promouvoir la gestion durable des terres dans les zones sujettes à la migration à travers les mécanismes de financements novateurs » est en cours d’exécution au Sénégal, au Niger et au Burkina. Il a pour objectif de favoriser la réhabilitation des terres et la résilience aux changements climatiques.

Le ministre burkinabè en charge de la solidarité nationale, Laure Zongo, a indiqué  que le Burkina est bien conscient de la problématique et met déjà en œuvre des politiques, notamment le programme d’action nationale d’adaptation, le programme national du secteur rural et un programme en cours de formulation qui permettra d’anticiper sur les effets néfastes du changement climatique.

L’atelier sous-régional regroupe les représentants des gouvernements du Burkina, du Niger, du Sénégal, de la CEDEAO et des experts et partenaires internationaux. Il devra aboutir à sa clôture à la formulation de recommandations pour juguler les problèmes de sécurité liés à la migration, à la dégradation des terres et au changement climatique.

Abdou ZOURE

Burkina24

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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