Richard Danziger : « La migration n’est pas un problème, c’est un phénomène qu’il faut gérer »

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L’atelier régional sur le lien entre la dégradation des terres, le changement climatique et la migration a clos ses portes ce 19 mai 2016 à Ouagadougou. Des recommandations ont été faites pour une meilleure implication des politiques dans la résolution de la problématique de la sécurité qu’induisent ces trois phénomènes liés.

Au deuxième jour de cet atelier qui a regroupé des participants venus du Sénégal, du Niger, du Burkina, de la CEDEAO et des experts et partenaires internationaux, plusieurs recommandations ont été formulées pour arriver à l’implication politique pour un bien-être social des populations et la sécurité sous-régionale.

Ramatoulaye Dieng Ndiaye, Secrétaire générale du ministère de l’environnement et du développement durable du Sénégal, lors de la cérémonie de clôture, a retenu, entre autres, la nécessité d’intégrer la gestion durable des terres dans les politiques aux niveaux national et international. Elle y ajoute le renforcement des plateformes et des mécanismes de coordination des actions et organismes intervenant dans les secteurs de l’agriculture, la gestion du foncier et de  la gouvernance afin de créer des synergies.

Ramatoulaye Ndiaye a enfin souligné la nécessité du renforcement d’une coopération régionale et internationale et la définition de mécanismes capables d’agir sur les politiques.

Reconstituer les sols. Richard Danziger, Directeur régional de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a greffé à tout ceci, la nécessité de la reconstitution des sols dégradés et de favoriser une plus grande liberté de circulation des biens et des personnes. Présent à la rencontre, Sanoh Nfaly, directeur de la libre circulation de la CEDEAO, a opiné avec cette dernière exigence et a réitéré l’engagement de l’organisation à s’inscrire dans cette dynamique.

oim adenaeurLe pays hôte de cet atelier, le Burkina,  à travers la voix de Dieudonné Sougouri, Secrétaire général du ministère burkinabè des affaires étrangères, de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur, représentant le ministre, a exprimé sa satisfaction quant aux résultats atteints. Il a affirmé que les conclusions serviront de guide pour des actions futures. « Ce ne sera pas lettres mortes », a assuré pour sa part, Ramatoulaye Dieng Ndiaye.

La migration n’est pas un problème. La dégradation des sols et les changements climatiques influent sur les migrations. Celles-ci sont sources souvent de crises. Mais pour Richard Danziger, il faudra changer l’angle d’approche des migrations pour trouver des solutions adaptées. Ces propos, qu’il a tenus lors de cet atelier, soutiennent sa réflexion :

« On a parlé de crises migratoires. Il n’y a pas de crises migratoires, il y a une crise humanitaire. Certes les gens fuient le Moyen-Orient, l’Afghanistan, la dégradation des terres. Mais il n’y a pas de crise, il y a un système  de migrations qui ne fonctionne pas. La migration n’est pas un problème. C’est un phénomène qu’il faut gérer. Malheureusement, dans certaines régions du monde, en Europe surtout, on ne veut pas encore voir la réalité de la migration et le fait d’absorber par exemple un million de personnes par an en Europe, est tout à  fait faisable ».

Pour rappel, cet atelier a été organisé à Ouagadougou du 18 au 19 mai 2016 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM),  en collaboration avec le Mécanisme mondial de la Convention des Nations Unies contre la désertification, la Fondation Konrad Adenauer, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et le gouvernement du Burkina.

Abdou ZOURE

Burkina24

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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