L’Union Nationale des Archivistes du Burkina pour une gestion durable des archives

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Ceci est une déclaration de l’Union Nationale des Archivistes du Burkina Faso (UNAr-BF) à l’occasion de la Journée Internationale des Archives prévue le 9 juin 2016. Pour mémoire, l’UNAr-BF a été portée sur les fonts baptismaux le 09 avril 2016. La journée internationale sera célébrée sur le thème « Archives, harmonie et amitié » et l’UNAr-BF souhaite saisir cette occasion pour mettre en relief l’importance des archives et relever le peu d’intérêt qui leur serait accordé au Burkina.

Chaque 09 juin et ce depuis 2007 est célébrée à travers le monde la Journée Internationale des Archives. Si la journée passait jadis inaperçue au Burkina Faso, ce ne sera plus désormais le cas avec l’Union Nationale des Archivistes du Burkina Faso (UNAr-BF), portée sur les fonts baptismaux le 09 avril 2016. Célébrée cette année sur le thème « Archives, harmonie et amitié », l’UNAr-BF saisit cette occasion pour mettre en relief l’importance des archives et relever le peu d’intérêt qui leur est accordé dans notre pays.

Les archives sont aux termes de la loi nationale y relative au Burkina Faso, « l’ensemble des documents, quels que soient leur date, leur forme, leur support, et leur nature produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé, dans l’exercice de leur activité ».

L’archiviste quant à lui, a pour rôle en tant que professionnel bénéficiant d’une formation initiale et continue en archivistique, de servir sa société en appuyant la création de documents, en procédant à leur sélection, leur préservation et en les rendant accessibles pour leur utilisation.

Bien malin qui pourra décrire l’état d’ensemble des archives au Burkina Faso ; une situation mi-figue mi-raisin. En effet, entre une volonté politique traduite par quelques actions isolées et une passivité royale, la balance est à l’équilibre.

Au titre des acquis, on pourra noter :

  • L’existence d’un Centre National des Archives rattaché à la Présidence du Faso et doté d’une Direction générale : tout un symbole ;
  • L’ouverture de la filière Archives à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) afin de rompre avec la gestion non conventionnelle des archives ;
  • L’adoption dans l’organigramme des institutions, les ministères notamment de Direction des Archives et de la Documentation (DAD).

Autant d’acquis qui ne doivent pas faire perdre de vue certaines  insuffisances. Sans être exhaustif, on mentionnera :

  • Des Directions des Archives et de la Documentation (DAD) qui n’existent que par leur nom, car dépourvues en majorité de budget de fonctionnement ; faisant d’elles le condensé de tous les problèmes ;
  • Une répartition inopportune des archivistes sortant de l’ENAM avec pour corollaire des ministères qui en abusent et d’autres qui en demandent ;
  • Le manque de locaux normalisés pour la conservation des archives.
  • Etc.

Et pourtant on ne peut dénier aux archives leurs caractères utilitaires et :

  • Uniques, à la fois témoignage authentique des activités administratives, culturelles et intellectuelles et reflet de l’évolution des sociétés ;
  • Essentiels pour la conduite efficace, responsable et transparente des affaires, la protection des droits des citoyens, la constitution de la mémoire individuelle et collective, la compréhension du passé, la documentation du présent et la préparation de l’avenir ;
  • Divers, permettant de documenter l’ensemble des domaines de l’activité humaine.

C’est pourquoi, reconnaissant  la responsabilité de tous, (citoyens, décideurs publics, propriétaires ou détenteurs d’archives publiques ou privées, archivistes et spécialistes de l’information) dans la gestion des archives et jouant sa partition, l’UNAr-BF interpelle d’une part, l’ensemble des archivistes à rester mobilisés, soudés et déterminés. D’autre part, elle interpelle les décideurs afin que :

  • la gestion des archives soit valorisée et pleinement exercée au sein de toutes les administrations publiques et privées ;
  • les ressources nécessaires, incluant l’embauche de professionnels qualifiés et stratégiquement répartis, soient allouées à la gestion adéquate des archives ;
  • les archives soient gérées et conservées dans des conditions qui en assurent l’authenticité, l’intégrité et la plus grande marge d’utilisation ;
  • les archives soient rendues accessibles à tous, dans le respect des lois en vigueur et des droits des personnes, des créateurs, des propriétaires et des utilisateurs ;
  • les archives soient utilisées afin de contribuer à la promotion de citoyens responsables.

Dans tous les cas, il y a toujours eu matière à archiver, l’Administration ayant toujours fonctionné. Mieux, les événements de ces cinq dernières années liés à la situation socio politique du pays ont généré des masses considérables d’archives de toute nature (physique, électronique, audio-visuelle…) plus importantes qu’elles ne paraissent habituellement. Il faut donc leur accorder le sérieux qui sied au risque d’être tous comptables de la perte ou de la détérioration de la mémoire collective jusque-là constituée et de la sous information des générations futures.

                                                                                              Pour le Bureau Exécutif National

                                                                                                             Le Président

                                                                                                          Lassané OUEDRAOGO

                                                                                                           Conservateur d’archives



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