Burkina: Face à la montée de l’incivisme, voici les mesures envisagées par le gouvernement

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Le gouvernement sort de sa réserve. Face à l’incivisme grimpant, il organise un forum sur le civisme. La rencontre réunit ce vendredi 3 juin 2016 des personnes (leaders coutumiers et religieux) dont le poids social « indéniable » a permis auparavant de résoudre les problèmes avant leur éclosion et de pacifier des situations que l’on croyait « irrécupérables ». De cette rencontre, il est  attendu d’autres propositions de solutions à même de mettre un terme à la montée du phénomène. Mais d’ores et déjà, des mesures sont prises pour enrayer le phénomène.

Le Collège des sages avait proposé des pistes pour enrayer l’incivisme. Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) l’a également fait. Et c’est un ministre de la sécurité, Simon Compaoré, stupéfait face à un fléau  « qui s’est insidieusement installé dans la société au point d’en constituer une préoccupation nationale », qui s’est adressé à l’assemblée, comme pour lui témoigner de l’urgence à y trouver solution.

Faisant un petit bond en arrière, Simon Compaoré a rappelé qu’il y a une vingtaine d’années, « ce mot (incivisme) faisait partie des parfaits inconnus du vocabulaire de nombre de Burkinabè ». Il confie avoir nourri l’espoir que la tenue des élections et la mise en place des nouvelles institutions permettrait d’espérer que le sursaut de conscience avait mis un terme aux manifestations de rue, aux incendies et saccages de biens privés et publics ou de soupçons de mauvaise manière de servir des agents publics.

Mais « hélas ! », soupire le ministre. C’est « comme si s’ériger contre le pouvoir en 2014, avait balisé une nouvelle autoroute pour l’incivisme et l’impunité », a fini par dire  Simon Compaoré. En témoigne les agissements d’élèves contre leurs enseignants par-ci (Nagaré), par-là (Gounghin), les marches sans préavis, le non-respect des règles de la circulation (décès de l’assistant de police stagiaire Doussoungou Rasmané), les comportements de défiance envers les autorités morales. Des faits « qui donnent froid au dos quand on pense à l’avenir du pays ». Des faits auxquels le forum national sur l’incivisme des 30 et 31 mai 2013 avait formulé des recommandations « pertinentes ».

Et comme, ces recommandations combien « pertinentes » n’ont pas réussi à venir à bout du phénomène, le gouvernement envisage  un tas d’action « concrètes » par domaine.

Incivisme dans les services publics de l’Etat

Le ministre de l’administration territoriale a déclaré que la montée et la descente des couleurs nationales seront restaurées dans les prochains jours. De même que la dynamisation des conseils de discipline dans les départements et les institutions étatiques, sans omettre la lutte sans complaisance contre la corruption et l’impunité.

Incivisme en milieu scolaire

Là, le ton est encore plus ferme. Les actions iront de la traduction systématique devant les juridictions compétentes de tout élève, étudiant ou apprenant qui viendrait à porter atteinte aux symboles de l’Etat. A cela s’ajoute la traduction systématique en conseil de discipline suite à un acte portant atteinte à l’intégrité physique d’un enseignant ou d’un responsable administratif scolaire. Et là encore, l’effectivité de la mesure de montée et de descente des couleurs est prévue.

Incivisme dans le domaine de la circulation routière

Au regard de la fréquence des violations du code de la route, qui entrainent des disparitions groupées, le gouvernement convient qu’ « il faut sévir ». Et pour sévir, les contrevenants doivent s’attendre à des sanctions avec « rigueur » et à la « mise en fourrière » des engins et des véhicules.

Les Koglwéogo

Ces structures d’auto-défense continuent de défrayer la chronique depuis des mois avec des techniques d’interrogations tout droit sorties de films d’horreur. Mais, le gouvernement campe toujours sur leur encadrement (obligation de reconnaissance et formations des membres au respect des droits humains). Au-delà, il est envisagé des sanctions sans complaisance des membres des groupes, qui violent les lois et les institutions de la République.

Non-respect des règles relatives à la liberté de manifestation et de réunion sur la voie publique. Les actions envisagées sont l’encadrement pour les manifestations licites, l’interdiction de toute manifestation publique présentant des risques de commission d’actes de violence ou de destruction de biens publics et privés.

« Toutes ces actions ne manqueront pas de susciter des incompréhensions, sinon de la grogne et hérisseront à n’en pas douter des personnes », admet le ministre de la sécurité.  Et pour éviter tout désagrément, le gouvernement envisage « une vaste campagne de sensibilisation (sans répression) durant une certaine période afin que les Burkinabè soient pleinement informés des gestes à ne pas commettre pour l’harmonie de la vie en société ».

Oui Koueta

Burkina24

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