Face à la montée de l’extrémisme violent, « il faut aiguiser l’attention » (Simon Compaoré)

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L’extrémisme violent se nourrit  aussi bien des inégalités sociales et que de la non-dénonciation de pratiques tendant à créer des germes, dont certains prêches. Ce qui rend aisée la dissémination d’idées « nocives » au sein des communautés. Contrer le fléau passe par la prévention. C’est la tâche à laquelle sont commis des responsables en matière de sécurité et des leaders coutumiers et religieux. Ils ont toute la journée de ce jeudi 9 juin 2016 pour y réfléchir et proposer des réponses « pertinentes ».


VIDEO – Simon Compaoré

Burkina24


« Les exclusions sociales sont souvent le lit de mécontentements légitimes des autres pour développer des théories fondées sur l’apologie de la haine et de la violence », a admis le ministre de la sécurité, Simon Compaoré.  Et dans la lutte qu’il mène contre le phénomène qu’est l’extrémisme violent, le Burkina peut compter sur l’appui du Danemark. Elle est la « cheville ouvrière » de l’initiative visant à renforcer les capacités de résilience du pays face cette menace.

Selon l’ambassadeur Jensen Bo, l’engagement de son pays auprès du Burkina est lié au fait que le terrorisme et l’extrémisme violent sont un problème international. « C’est important que nous puissions établir un partenariat avec tous les acteurs, qui ont un intérêt dans cette question et discuter comment nous pouvons de  la meilleure façon combattre l’extrémisme violent », dit-il.

La présence de certains prêcheurs est à craindre selon le ministre de la sécurité. Le fondement de sa crainte se situe à ce niveau : « la tendance, affirme le ministre, est à la dissémination des idées extrêmement nocives au sein des populations notamment jeunes et femmes et qui se traduit par l’installation de cellules dormantes ». « Et c’est extrêmement dangereux », avoue Simon Compaoré.

Toutes ces  pratiques existent, explique le ministre parce qu’« il y en a qui profitent du fait que nous sommes un pays, on peut venir y résider et repartir tranquillement. Il y en a qui peuvent profiter de cette facilité, de ces largesses pour semer des graines ». D’où une raison pour lui de se réjouir de la participation des communautés religieuses et traditionnelles à la rencontre. « Il faut aiguiser l’attention », dit-il.

Responsables de sécurité et leaders religieux et coutumiers sont présents à la rencontre.
Responsables de sécurité et leaders religieux et coutumiers sont présents à la rencontre.

« Ils ont été de tout temps des faiseurs de paix, des gardiens de cette tradition de paix dans ce pays qui s’appelle le Burkina Faso », a reconnu Simon Compaoré.  Il souhaite de ce fait que les leaders de ces communautés pèsent de tout leur poids pour que « cette tendance à des prêches qui ne disent pas leurs noms et qui peuvent contribuer à alimenter l’extrémisme violent » soit étouffée dans l’œuf. « Sinon, ce sera tard », prévient-il.     

Et pour cause a dit le ministre de la sécurité intérieure, les politiques longtemps basées sur la répression ont montré leurs limites. Il préconise de mettre en place de manière progressive des approches préventives comme un complément nécessaire pour lutter contre les causes sociales et institutionnelles de la criminalité et de l’extrémisme violent. Cela relève de la « nécessité », dit-il.

Pour se faire comprendre des participants, le ministre de la sécurité s’est improvisé médecin. Parlant toujours de prêches, il y en a selon lui, qui d’apparence n’ont l’air de rien, mais peuvent à la longue peuvent faire « très mal ». Ainsi, « les idées que certains sont en train de disséminer en Afrique de l’Ouest, ce sont des piqûres qui ne font pas mal au départ, mais qui en réalité vous causent de gros ennuis après ».

Pour terminer Simon Compaoré a demandé à tous les participants de faire un examen avec la « plus grande » perspicacité et attention des différents documents de travail et de proposer des recommandations « pertinentes » à même d’apporter des réponses « appropriées » au fléau. Car, dit-il, « en  matière de sécurité, il n’y a pas de sentiments qui tiennent ».

Oui Koueta

Burkina24

 

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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