Regard citoyen – Hivernage à Ouagadougou : Le calvaire des usagers de la route

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Les citoyens burkinabè ont un regard sur leur cité. C’est le cas d’Emile Lalsaga, qui, dans cet article, relate l’état déplorable de deux quartiers de Ouagadougou lorsque l’hivernage s’installe. Lisez donc.

Hivernage à Ouagadougou : Le calvaire des usagers de la route

Après la pluie de ce jeudi (ndrl 16 juin 2016) qui a arrosé  Ouagadougou, j’ai foulé quelques quartiers de la capitale pour vivre les réalités des habitants. Sur quelques artères de la ville, le constat est amer. C’est un secret de polichinelle, Ouagadougou, notre chère capitale, a toujours les pieds dans l’eau pendant l’hivernage.

Est-ce parce que la ville est bâtie sur le Kadiogo (cf cours d’eau) ? Si pour certains, la réponse parait oui, il est bon de signaler que cet état de fait interpelle surtout nos autorités en charge de l’urbanisation, celles en charge du désenclavement et de l’aménagement du territoire, nos maires et tous les acteurs du développement durable  à se pencher sérieusement sur l’entretien de nos routes et l’assainissement de la ville.

1°) Karpala, le quartier délaissé et enclavé.

En rappel, Karpala est un quartier situé au sud de Ouagadougou dans l’arrondissement 11. Cette zone qui regroupe quelques secteurs est une banlieue mais reste peu distante du centre-ville par rapport aux quartiers situés au nord de la ville tels Kilwin, Rimkèta et Bissighin. Malheureusement, ce quartier périphérique est enclavé en saison pluvieuse du fait de ses routes quasiment impraticables et on est tenté de dire que c’est l’arrondissement le plus délaissé de la capitale. Boues, crevasses, mares d’eau, etc occupent presque tous les espaces de Karpala et ce, à défaut d’un plan d’aménagement de l’arrondissement.

A Karpala, il n’y a presque pas de routes bitumées et les caniveaux restent encore un luxe pour les habitants dudit quartier. Du coup, en saison pluvieuse, les eaux pluviales inondent les grandes artères de l’arrondissement et parfois même les pauvres habitations. Les eaux malmènent tout le quartier et l’érosion fluviale détruit le peu de routes tracées qui permettent aux habitants une fois sortis de leur ghetto de rejoindre le goudron le plus proche. Mais cela ne semble émouvoir nos autorités communales voire celles du ministère du désenclavement et de l’urbanisme. Les Karpalais sont-ils abandonnés à leur propre sort ? Suis-je tenté de me demander lourdement.

Une rue du quartier Karpala
Une rue du quartier Karpala

Le cas le plus insolite et le plus frustrant est celui de la mairie dudit arrondissement. Dans la communalisation accélérée, l’Etat a mis la charrue avant les bœufs. En témoigne le cas de l’arrondissement 11 où la mairie occupe les locaux de l’ancien dépôt de la SONAGESS.

 Les locaux sont bâtis non loin d’un ancien dépotoir et pis encore, le site n’est pas clôturé. En saison pluvieuse les flaques d’eau inondent le site et l’on se demande même comment le maire quitte son bureau pour rejoindre son véhicule au parking. Quel spectacle désolant ! En tous les cas le prochain maire de cet arrondissement est vivement attendu sur le dossier du désenclavement et de l’assainissement de la cité karpalaise.

On n’est pas maire juste pour marier ses habitants et parceller son territoire mais plutôt travailler avec tout son conseil municipal à trouver les solutions idoines aux problèmes amers de ses concitoyens. A l’image du député-maire de Dori, le regretté Hama Arba DIALLO qui a su transformer sa cité pour lui donner un visage humain, j’ose croire que nos futurs maires se serviront de son exemple pour faire de leur commune respective un endroit où il fera bon vivre.

C’est uniquement par cette façon de faire la politique que nos élus mériteront davantage la confiance des citoyens qui, en retour, verront leur vote utile. S’il est vrai que le transfert des compétences aux différentes communes est une réalité, chaque municipalité devrait être un maillon important dans la chaine du développement du pays et ce, avec l’appui de l’Etat et de tous les fils du pays.

2°) L’Avenue des Tansoba ou la circulaire délabrée

La partie de la Circulaire qui va du district sanitaire de Bogodogo au maquis Yombo de Floby demeure un tronçon dangereux et ce, à double titre. Premièrement, le goudron est sérieusement  délabré, deuxièmement la circulation y est très dense et cette voie demeure une des artères principales empruntées par les camions poids lourds.

Ces deux raisons suscitées mêlées au non-respect du code de la route et à l’incivisme dans la circulation constituent les véritables causes des accidents sur ce tronçon. En sus, Il est pratiquement difficile voire impossible de circuler sur cette route en saison pluvieuse à cause de ses innombrables nids de poule qui jonchent la chaussée.

Par ailleurs, plusieurs parties de la voie se présentent sous forme de « goudron sparadrap », cette sorte de couche « bizarre » qu’on utilise pour boucher les nids de poule et qui semblent ne pas résister aux intempéries et aux différents trafics qui s’opèrent sur cet axe.

La partie qui va du SIAO au maquis LE POINT FOCAL est quasiment une zone inondable faute de caniveaux pour drainer les eaux et il faut y être après chaque grande pluie pour voir le ruissellement affreux de l’eau et remarquer comment chaque usager de ce tronçon se démène pour circuler. Il est inadmissible que la devanture d’une institution culturelle comme le SIAO se transforme en mare à chaque saison pluvieuse.

S’il est vrai que rien n’est plus comme avant, nos autorités actuelles doivent travailler à éliminer les « goudrons d’avant » et bâtir une capitale moderne aux exigences de l’humanité.

Elles sont donc vivement interpelées sur l’état des voies de la capitale en général et plus particulièrement sur celui de la partie de l’Avenue des Tansoba dont j’ai fait cas. Il faudra repenser le revêtement de nos voies, l’entretien du réseau routier urbain et l’assainissement de nos villes via une politique d’urbanisation et d’aménagement qui tient compte de tous les aspects physique, climatique et humain.

En somme, il faudra entreprendre une profonde métamorphose de nos villes en les libérant des déchets produits par les hommes et  par certains faits naturels. S’il est difficile pour l’homme de prévoir les catastrophes naturelles surtout en saison pluvieuse, il lui est au moins permis d’user de son intelligence pour bâtir une véritable politique d’aménagement de son milieu de vie afin que pouvoir juguler les éventuels corolaires qui viendraient à être causés par ces catastrophes.

Ouagadougou, le 16 juin 2016

Emile LALSAGA

Poète de l’Amour et de la Douleur

Citoyen engagé pour l’émergence

[email protected]


PS : Juste une contribution citoyenne

PJ : Crédit photos : Photos prises après la pluie du jeudi 16 juin 2016 par moi-même.

 



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