Elections de maires : « Violentes comme jamais », selon Le Balai Citoyen

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Dans une déclaration publiée sur sa Page Facebook, le Mouvement Le Balai Citoyen donne son analyse sur les violences qui émaillent actuellement l’élection des maires dans plusieurs localités du Burkina. Le mouvement s’interroge sur le sens de la responsabilité des acteurs politiques et aussi sur le contenu qu’ils donnent à la gestion des mairies, en particulier, et à la démocratie en général.

Après les violences enregistrées lors de la campagne électorale pour les municipales du 22 mai 2016, le processus de désignation des maires et des conseils communaux a sans surprise débouché sur des violences plus graves et plus généralisées.

Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré avait d’ailleurs déclaré à la presse juste après son vote le 22 mai, parlant des brutalités : ” c’est vraiment la première fois que j’estime que nous avons franchi le Rubicon”.

En toute logique, le Rubicon étant franchi, on a enregistré des menaces, échauffourées, actes de vandalisme, course-poursuite, agressions, affrontements. Résultats : de nombreux blessés, des personnes expulsées et au moins trois morts.

  • Gomboro, province du Sourou : le tout nouveau maire, Moussa Diallo, a été tabassé et grièvement blessé juste après sa désignation par le collège des conseillers. La mairie a été incendiée.
  • Peni : les candidats de l’opposition ont été agressés par les conseillers MPP : 2 blessés, Soumaïla Ouattara (SG UPC/Peni) et P. Amadou Ouattara (NAFA).
  • Andemtenga / Kouritenga : 25 blessés et 29 engins saccagés. L’ex-Maire Inoussa Oumdambre du MPP décrié par la population.
  • Kantchari : L’élection du Maire a tourné à l’affrontement entre militant du MPP. Machettes, gourdins sont sortis ce 20 juin 2016. Au moins un mort et plusieurs blessés graves évacués à Diapaga.
  • Sabcé: l’élection du maire s’est soldée par des affrontements entre militants MPP et militants NTD.
  • Kongoussi : La désignation des responsables municipaux de Sabcé, a été interrompu ce lundi 20 mai par des affrontements, entre militants du MPP et de ceux du NTD.
  • Arrondissement 4 de Bobo- Dioulasso : le 16 juin, des militants MPP marchent pour protester contre la candidature d’Anatole Sanou qui de leur avis, a été imposé à la tête de l’arrondissement par son frère aîné, le député Léonce Sanou, par ailleurs secrétaire général provincial du MPP/Houet.
  • Paongho : Un conseiller UPC a été abattu par son frère chasseur, dans la matinée du samedi 18 juin 2016.
  • Arrondissement n°8 de Ouagadougou : Le siège de campagne du MPP a été était envahi ce mardi 21 juin 2016 par des militants qui exigent la reprise des élections car ils ne veulent pas de Mahamadi Zongo comme maire. Pour eux la mairie doit revenir à Kassoum Simporé.
  • Karangasso Vigué (Hauts Bassins) : Le maire élu de a été grièvement blessé dans de violents affrontements survenus suite à son élection ce mardi 21 juin 2016. Il a été hospitalisé à Bobo-Dioulasso. 2 personnes ont en outre perdu la vie.
  • Koubri : Pour le choix du maire, le MPP et l’UPC avaient chacun un candidat. Une fois en salle, un 3eme candidat se déclare. Il est issu du MPP. Surprise! Les conseillers MPP demandent la suspension de la séance afin de se concerter. Une fois dehors, le conseiller déclaré par surprise fut copieusement bastonné par ses camarades.

Le ministre de la sécurité intérieure et de l’administration territoriale, Simon Compaoré, invité au 13h15 de la RTB ce 21 juin 2016 est revenu sur les incidents et a déploré que « des gens s’affrontent au sein d’un même parti ou entre les militants d’un parti contre les militants d’un autre parti ». « Ce sont des militants qui instrumentalisent la population », « Nous demandons l’intervention, le concours des responsables politiques, des personnes ressources pour que la sérénité revienne ». Le ministre a omis de citer le ou les partis responsables des violences.

Face à tous ces troubles, devant toutes ces personnes qui se bousculent pour prendre la tête de nos institutions, l’on se demande à quoi sert la politique telle que pratiquée au Burkina Faso : à s’engager bénévolement pour résoudre les problèmes des populations ou bien c’est une question d’orgueil qui pousse à rechercher les honneurs, les privilèges et l’argent?

Les politiciens cherchent-ils à être utiles ou juste importants. Ont-il le sens de la responsabilité ? Il y aura t-il une quelconque mutation dans la gouvernance locale au profit du peuple ? Il est permis d’en douter. L’on espère simplement que les nouvelles autorités prennent la mesure du problème.

Les gouvernants doivent se rendre compte que nous avons affaire à une bombe à retardement qui va se déclencher lorsque les questions de la spoliation des terres et de la spéculation foncière vont refaire surface.

Le risque est grand que bientôt l’on assiste au spectacle lamentable de nouveaux maires pourchassés par leur propre population.

Le Balai Citoyen



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