Tensions liées à l’élection des maires: Le ministre de la sécurité intérieure fait le point

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On en sait un peu plus sur les troubles qui émaillent l’installation des différents exécutifs locaux dans certaines localités du pays. Le ministre de l’administration territoriale et de la sécurité intérieure Simon Compaoré a donné un peu plus de détails à sa sortie du Conseil des ministres de ce mercredi 22 juin 2016.

Dans cinq régions du pays, les élections de maires sont complètement terminées a déclaré le ministre de l’administration territoriale. Ainsi sur les 367 communes où il y a eu des élections, les installations des exécutifs locaux se sont déroulées dans plus de 330 communes. Mais, il y a eu des localités où il a fallu recourir au report du fait de « vive » tension.

Ainsi à  Kantchari, des incidents « graves » ont abouti à la mort d’un militant à la suite d’altercations. Suite à une saisie du Procureur du Faso, « cinq personnes ont été appréhendées, dont l’ancien maire de ladite localité », a annoncé Simon Compaoré.

Même scénario à Karangasso Vigué. Là, le bilan humain est encore plus lourd. « Il y a eu deux morts », a dit le ministre de la sécurité. Des disparitions qui sont dues à des rixes entre deux camps « qui ont instrumentalisé des  populations. L’un de populations autochtones et l’autre de populations allogènes, c’est-à-dire de migrants ». Pour faire revenir le calme, le gouverneur et les forces de l’ordre ont été dépêches  sur le terrain. Et « ils sont en train de tout mettre en œuvre pour que la paix revienne ».

Et ce n’est pas tout. Des destructions de biens publics ont été constatées à Gomboro dans le Sourou, à Soulougui. Ainsi « deux mairies ont été brûlées ». Ces « actions qui n’honorent pas leurs responsables, qui n’honorent pas cette démocratie locale que nous sommes en train de bâtir et qui est en train de prendre pied », le Conseil des ministres  les regrette et les condamne avec la « dernière » énergie. « C’est vraiment regrettable », s’indigne le ministre de la sécurité.

A ces altercations entre militants politiques s’ajoutent celles entre d’autres populations suite à l’installation d’un chef coutumier dans la commune rurale de Zam, à Paté, un hameau de culture « illégalement installé » dans la forêt classée, rapporte le ministre Simon Compaoré.

« On y a nommé un chef. Et c’est le chef coutumier de Kougri qui a nommé ce chef coutumier au niveau de ce hameau de culture. Il s’est trouvé qu’un autre chef venant d’un autre village appelé Dawaka a également nommé un chef » relate le ministre. Le conflit a eu lieu entre le chef de Kougri et celui de Dawaka. Et « de fil en aiguille s’en est suivie une mobilisation au niveau des deux camps. Il y a eu affrontement et il y a eu mort d’homme ». La victime a été inhumée hier mardi.

Suite à toutes ces dérives, le ministère public et les procureurs des juridictions ont initié des procédures judiciaires. Et le ministre de la sécurité de conclure par l’assurance que la justice jouera son rôle : « Soyez sûrs que ces actes ne resteront pas impunis, que ce soit les actes qui ont conduit à des décès ou des actes de vandalisme qui ont consisté à mettre le feu à certaines mairies, la procédure va suivre son court et aller jusqu’au bout ».

Mais avant de conclure, le ministre de l’administration territoriale a lancé un appel aux responsables de partis politiques à appeler leurs militants au calme et à la retenue. « Force reste à la raison, dit-il, pour que quelle que soit la volonté des uns et des autres d’être responsables au niveau d’une commune, que cette volonté n’aille pas jusqu’à des troubles du genre qu’on a constatés et qui malheureusement ont conduit à des pertes en vies humaines »

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

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