Boukary « Le Lion » membre des Koglweogo : «Il ne faut pas parler de rébellion ici »

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Boukary Kaboré dit Lion s’est « enrôlé » dans les rangs des Koglweogo. Le Président du Parti pour l’unité nationale et le développement (PUND) a été vu lors de la rencontre nationale des groupes d’autodéfense du pays le 22 juin 2016 à Kombissiri. Pourquoi l’ancien Commandant du Bataillon d’infanterie aéroporté (BIA) de Koudougou a-t-il rallié l’appel des groupes d’auto-défense ? Que pense-t-il du titre qui lui a été donné à Kombissiri ? Koglweogo et rébellion, qu’en pense-t-il ? Réponses dans cette interview téléphonique accordée à Burkina24 ce 23 juin 2016.

Burkina24 (B24) : Pourquoi vous êtes-vous  rendu à Kombissiri lors de cette rencontre des Kolgweogo ?

Boukary Kaboré dit « Le Lion » (Le Lion) : La rencontre des Kolgweogo s’est tenue suite à une information qui était sortie annonçant justement l’arrêt des activités des Koglweogo, d’une manière détournée. Les responsables de kolgwéogo se sont rencontrés à Kombissiri pour essayer d’avoir une idée commune sur l’association.

B24 : Est-ce que vous avez été invité à cette rencontre ?

Le Lion : Je suis un membre des Koglweogo.

B24 : Pourquoi avez-vous  adhéré au Koglweogo ?

Le Lion : Le Koglweogo, c’est quoi d’abord ? Le koglweogo, c’est le peuple qui s’est organisé pour mettre fin à la délinquance qui est en train de se développer au grand galop, principalement le vol. Le peuple voyant justement qu’il a été abandonné par la sécurité s’est organisé pour mettre fin à ça. C’est cela le koglweogo.

Effectivement là où c’est vraiment bien installé, les vols sont écartés net. C’est clair, les vols de poulets, de chèvres, de bœufs, de labours, de mouton, tout ceci s’est arrêté. Les magasins, les gens sont tranquilles maintenant.

Je suis dedans parce que je suis avec le peuple. La préoccupation du peuple m’intéresse. C’est pour cela que je me suis engagé avec eux pour ce combat qui est noble.

B24 : Lors de cette rencontre,  on vous a donné un titre. Est-ce que vous pouvez revenir là-dessus ?

Le Lion : Le titre, d’abord je peux dire que c’est la rumeur. On n’était pas là pour la mise en place des structures, mais ils ont fait sortir le cri de cœur pour dire non, il fallait que moi je prenne le devant et c’est tout. Ça ne veut pas dire que c’était un lieu où on m’a donné une responsabilité.

B24 : Vous n’avez pas accepté la responsabilité en question ?

Le Lion : Non ce n’est pas que je n’ai pas accepté. On n’en est pas encore arrivé là. C’est une organisation. Il faut qu’on s’asseye, qu’on dise qu’on va  former des bureaux, qu’on prendra des responsables et à partir de ce moment-là,  on peut essayer de décider de ci ou de ça.

Il va de soi  que c’est un mouvement qui semble populaire et  dans les mouvements populaires,  le chef se choisit comme ça. Mais ce n’est pas une raison pour confirmer ça tout de suite, en attendant justement le moment venu pour essayer de voir  si oui ou non je peux prendre cette responsabilité ou pas.

B24 : C’est quoi le titre exactement ?

Le Lion : On dit que je suis le président national des koglweogo. C’est cela qu’ils ont demandé que j’assume. Je n’ai pas dit oui,  je n’ai pas dit non parce que ce n’était pas le moment. Ce n’était pas la mise en place des structures.

B24 : Certains observateurs pensent que c’est assez déplacé qu’un président de parti politique soit membre des koglweogo. Quelle est votre appréciation par rapport à cela ?

Le Lion : Oui oui, justement. Certains pensent comme ça. Moi je dis que les gens cherchent des histoires là où il n’y en a pas.

 Un président de parti politique est un citoyen. Mais ça n’a rien à voir avec la politique. C’est social. Moi je suis au champ. Je suis carrément  avec le peuple donc je veux vaincre avec le peuple. Et ça n’a rien à voir avec les questions de politique. Il faut qu’on arrête ça.

B24 : D’autres pensent aussi à  des questions de rebellions. Ils s’inquiètent par exemple que Boukari Le Lion, un ancien militaire,  fasse partie des Koglweogo. Que répondez-vous ?

Le Lion : Ce sont des rêveurs.  Depuis longtemps, on a toujours parlé de la rébellion du Lion. Mais le Lion est parti comme réfugié politique et  est revenu. Cela tire maintenant vers la trentaine d’années.

 Et ce n’est pas le moment d’aller remettre ça.  Si c’est pour faire la rébellion, j’ai des militaires qui sont prêts pour ça. C’est moi-même qui ne veux pas. Alors cette histoire de rébellion que les gens font courir… Que ceux qui sont en faute contre le peuple craignent que le peuple leur fasse du mal mais qu’ils ne  parlent pas de rébellion ici. Alors je regrette.

Parce que si vous avez souvenance, on a détruit un village sous le règne de Blaise au carrefour de Koudougou sur la route de Bobo en disant que le Lion voulait installer une rébellion dans ce village. On a détruit le village inutilement.

Moi je ne murmure pas ce que je vais faire. Si j’ai besoin de faire la rébellion, je vais dire à celui-là que je veux combattre que j’arrive. Il ne faut pas qu’on essaie de salir le nom des koglweogo pour rien.

B24 : Justement que pensez-vous des mesures prises par le ministre de la sécurité concernant les koglweogo ?

Le Lion : Moi je pense que c’est une erreur. Certains journalistes cherchent à opposer les koglweogo au gouvernement. Mais je pense que ce n’est pas le gouvernement, c’est une autorité, c’est le ministre (Simon Compaoré, NDLR) qui est intervenu mais ce n’est pas le gouvernement. C’est une autorité et l’autorité peut commettre une erreur.

 Je pense que c’est une erreur parce qu’on ne peut pas demander à la population, qui s’est organisée pour mettre fin aux vols,  d’aller combattre ces voleurs qui sont armés  avec les mains nues.

Les kolgwéogo existent depuis longtemps. C’est grâce à ces sanctions que les résultats sont probants sur le terrain.

La quiétude des nobles citoyens concerne aussi le pouvoir. Venir s’opposer à ça, je pense que c’est (…) une erreur.

B24 : Une erreur. Dans ce cas, est-ce que vous allez appliquer ces mesures ou qu’est-ce que vous allez faire finalement ?

Le Lion : Nous ne sommes pas d’accord. Nous allons le lui (Simon Compaoré, NDLR) dire. S’ill accepte de corriger l’erreur,  il n’y a pas de problème. Si maintenant le ministre refuse de corriger l’erreur, ce qui va arriver,  c’est lui qui va endosser les responsabilités. Parce qu’on ne peut pas laisser les voleurs et combattre les nobles citoyens. C’est comme ça que ça  se présente.

 Les voleurs sont armés et on demande aux nobles citoyens de les combattre les mains nues. Cela veut dire qu’on veut que les voleurs les tuent. Ça  veut dire que le ministre prend parti pour les voleurs. Voilà pourquoi je dis que c’est une erreur parce que si on avait bien réfléchi, on va se rendre compte que cette décision allait arranger les voleurs.

B24 : Mais est-ce que vous ne trouvez pas dangereux que des citoyens se promènent avec des armes ?

Le Lion : Il n’y a pas de danger ! C’est le peuple ! Le peuple est souverain. Le peuple ne fait pas de politique. Si on  politise la question, cela risque d’apporter des complications. Il faut  laisser on va laver les citoyens pour que l’homme intègre renaisse proprement. C’est pour retrouver l’intégrité, c’est tout.

Entretien réalisé par Abdou ZOURE et Mamady ZANGO

Burkina24

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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