Chrysogone Zougmoré: “Nous ne sommes pas contre l’existence des Koglweogo, mais…”

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Le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), a présenté ce 1er juillet 2016, son rapport sur l’état des droits humains au Burkina Faso en 2015. Sur cette période de Transition politique, le rapport met le doigt sur de graves violations, ainsi que sur la lenteur de la justice.

Le contexte de 2015, était celui d’une Transition politique d’après insurrection. Un contexte national où les dirigeants avaient en point de mire essentiellement l’organisation des élections présidentielle et législatives. « Pourtant, ce sont ces aspirations liées à la lutte contre l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques, à la lutte contre la vie chère et pour un progrès économique et social véritable qui ont constitué les raisons objectives de l’insurrection populaire», note le rapport.

Atteintes aux droits. C’est donc dire que la Transition n’a pas été à « la hauteur des attentes populaires ». Aussi, un événement particulier a-t-il attiré plus d’attention : le putsch manqué de septembre 2015. Une triste période marquée par de graves violations de droits humains.

Mais hélas, la justice traine les pas, selon Chrysogone Zougmoré, président du Comité exécutif national du MBDHP. « Nous avons mis l’accent particulièrement sur ce qui s’est passé en septembre 2015 avec les victimes du putsch avorté. Vous savez également que jusqu’à présent nous n’avons pas de justice pour les victimes ».

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Recommandations. C’est donc à juste titre que le rapport formule comme première recommandation le traitement diligent des dossiers en justice, qu’ils soient liés à de récents événements ou pas.

« Nous avons fait des recommandations allant dans le sens de l’accélération des procédures pour le jugement de l’ensemble des dossiers pendant en justice. Vous savez qu’il y a de vieux dossiers comme le dossier Thomas Sankara, le dossier Norbert Zongo et le dossier Dabo Boukary et les dossiers des victimes de l’insurrection populaire d’octobre 2014, ainsi que de la résistance victorieuse au putsch manqué»,  a expliqué le président du comité du MBDHP.

La question sécuritaire y figure aussi. Le président du Comité exécutif national a lancé un appel pour que les autorités s’appesantissent davantage sur cette préoccupation. Dans ce sens, il s’est prononcé sur le groupe d’autodéfense des Koglwéogo.

Leur existence pourrait s’expliquer, seulement ce sont certaines pratiques qui posent problème, selon Chrysogone Zougmoré: « Nous ne sommes pas contre l’existence des Koglweogo. Nous demandons surtout que certaines pratiques qui vont à l’encontre des principes qui régissent le respect des droits humains puissent cesser ».

Structure du document. Le rapport qui tient en 80 pages, se subdivise en trois parties dont la description du contexte national, les violations de droits de l’homme relevées pendant le putsch, et les autres cas de violation. Un exemplaire a été remis à Simon Compaoré, Ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure (MATDSI) et au ministre de la justice ainsi qu’à d’autres structures.

Issouf NASSA

Burkina 24



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