Burkina : Tout savoir sur la rencontre entre Roch Kaboré et l’opposition

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L’opposition burkinabè était à nouveau au palais présidentiel de Kossyam, ce jeudi 7 juillet 2016. A la fin de la rencontre avec le Président du Faso, le Chef de file de l’opposition politique (CFOP), Porte-parole des opposants, Zéphirin Diabré, a tenu à préciser que c’est le Président du Faso qui les a conviés « en vue d’un échange sur la situation nationale ». Plusieurs sujets étaient donc à l’ordre du jour.

La délégation de l’opposition politique venue à Kossyam, ce 7 juillet 2016, était composée entre autres de Zéphirin Diabré de l’UPC, de Rasmané Ouédraogo de la NAFA, de Me Gilbert Noël Ouédraogo de l’ADF-RDA, de Victorien Tougouma du MAP. Ils étaient une vingtaine d’opposants.

Les échanges, qui ont duré plus d’une heure, ont porté sur différents sujets d’actualité. Si le dialogue permet de déboucher sur des avancées concrètes, cela est salutaire, a d’emblée fait savoir le porte-parole des opposants, Zéphirin Diabré.

Il a annoncé un nouveau format de rencontre et de dialogue : l’opposition et le Chef de l’Etat se rencontreront désormais deux fois par an, hormis les cas d’urgence et les contacts permanents. « Nous avons une appréciation positive de cette manière de faire », a-t-il indiqué.

L’opposition a porté à la connaissance de Roch Kaboré plusieurs thématiques. Il ne s’agit pas, selon le Président de l’UPC, de dire aux journalistes, les réponses du Président du Faso à sa place. Il a donc fait une synthèse des sujets abordés.

« Il y a une misère sociale que tout le monde constate »

Parlant de la 1re problématique, les problèmes sociaux, M. Diabré fait allusion aux questions d’éducation, d’emploi, d’accès aux services sociaux de base, de pouvoir d’achat, etc. « Il y a de nombreux problèmes sociaux qui assaillent les Burkinabè de toute catégorie », reconnait-il avant d’insister qu’ « il y a une misère sociale que tout le monde constate ».

L’opposition souhaite « que le Président instruise son gouvernement pour qu’il prenne en compte ces questions-là ». En plus de ces problématiques, Zéphirin Diabré a fait cas de questions économiques. Sur ce sujet, il pense qu’il faudrait par exemple résoudre urgemment la question de la dette intérieure. Il désire que les projets annoncés (avant les élections) par le Président « se matérialisent concrètement pour que l’économie aille de l’avant ».

« De nombreux secteurs d’activités sont en panne »…

Concernant le nouveau référentiel de développement (le PNDES en élaboration), le porte-parole de l’opposition se dit « attentif à voir ce qu’il va apporter de plus et de mieux par rapport à la SCADD ». Si consultée, l’opposition y apportera sa « contribution intellectuelle » pour son amélioration.

« De nombreux secteurs d’activités de notre pays sont en panne qu’il s’agisse du secteur agricole ou industriel. Et on souhaite voir une action vigoureuse de relance », a-t-il affirmé. Toujours selon lui, le Président a, en tout cas, fait montre d’une attention en la matière.

Insécurité, cas des Koglweogo…

Qu’il s’agisse de la circulation des personnes et des biens à l’intérieur du pays ou des attaques terroristes, la crainte des Burkinabè est très grande. Les attentes sont également fortes à ce niveau. « On souhaite voir rapidement une évolution tendant à montrer que nos Forces de défense et de sécurité dûment équipées et entraînées font des progrès rapides en la matière », a dit Zéphirin Diabré.

Concernant le cas des Koglweogo, le message de l’opposition se résume ainsi : « C’est à l’Etat, dans sa grande souveraineté, de faire en sorte que l’ensemble des facteurs qui ont donné lieu à la naissance de ce phénomène soient éradiqués et de restaurer donc l’autorité de l’Etat ».

L'opposition burkinabè a rencontré le Président du Faso, le 7 juillet 2016.
L’opposition burkinabè a rencontré le Président du Faso, le 7 juillet 2016.

Violences post-électorales, commission constitutionnelle…

Par rapport à la question des violences électorales, les termes de Zéphirin Diabré sont clairs : « Ce n’est pas une très bonne image de démocratie que nous avons offerte. Nous, en tant qu’opposants, non seulement nous déplorons, mais nous avons tenu à informer le Chef de l’Etat et son gouvernement pour qu’ils prennent des mesures qu’il faut pour que tous les auteurs de ce genre d’acte soient identifiés, poursuivis, arrêtés et châtiés conformément à la loi ».

L’opposition veut par ailleurs que des dispositions soient prises dans les reformes du Code électoral « pour que les éléments de configuration politique, qui ont pu amener ces questions, soient revus fermement afin que la quiétude s’installe dans le pays ».

Concernant la commission constitutionnelle, les préoccupations émises par l’opposition demeurent en l’état malgré les assurances données par le Chef de l’Etat.

Les questions liées à la justice, à l’incivisme et à la réconciliation nationale ont aussi été abordées lors de cette audience. Les opposants souhaitent en fait une justice indépendante « qui explique parfois les décisions qu’elle prend ».

Financement pendant campagne électorale, interdiction de voyager de Achille Tapsoba et de Zambendé Théodore Sawadogo…

L’opposition espère que les questions de financement des partis politiques soient vues avec une certaine attention. Cependant, selon son porte-parole, elle déplore qu’à l’occasion des dernières campagnes municipales, « pour des raisons que nous ne comprenons pas, la subvention a été débloquée trois à quatre jours avant la fin de la campagne ».

L’opposition désire que dès lors que la somme est disponible, qu’elle puisse être débloquée à temps. Le rôle et la place de l’opposition politique au Burkina ont aussi été sur la table des discussions avec Roch Kaboré. « Il y a des améliorations que l’on peut apporter », a indiqué le Président de l’UPC.

Sur le dernier point, l’interdiction de voyager de Achille Tapsoba et de Zambendé Théodore Sawadogo, tous deux du CDP, ancien parti au pouvoir, Zéphirin Diabré a confié à la presse ceci :

« La réponse du Chef de l’Etat nous a donné satisfaction puisse qu’il y a eu réponse. Le Chef de l’Etat a présenté ses excuses pour ce qu’il appelle des malentendus et des erreurs et a pris l’engagement devant nous, que ces genres d’entraves-là ne se reproduiront jamais. Ce qui bien entendu nous ravit au plus haut point.

Mais par-delà, ça c’était la différence d’un principe de la liberté d’aller et venir, non pas pour les opposants mais pour tout citoyen burkinabè. Il n’est pas normal dans un Etat de Droit, un Etat qui n’est pas voyou, un Etat républicain, que des décisions de cette nature soient prises sans fondement juridique ».

Noufou KINDO

Ismaël Ignace NABOLE

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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