Acquis syndicaux : Le point de l’Union d’action syndicale

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Face à la presse ce vendredi 8 juillet 2016, l’Union d’action syndicale (UAS) avait pour objectif de faire l’état de mise en œuvre des engagements du gouvernement. Outre cela, des sujets ayant trais aux Koglweogo et d’autres actualités ont été abordés par Olivier Guy Ouédraogo, Président de mois des Centrales syndicales, et ses camarades.

Le 1er mai 2016, lors de la commémoration de la fête du travail, les Centrales syndicales avaient exigé du Gouvernement burkinabè, un chronogramme précis pour la mise en œuvre des différents engagements contenus dans le communiqué final de la rencontre Gouvernement/Syndicat de 2015.

Ce vendredi 8 juillet 2016, un bilan des réponses du Gouvernement a été fait par l’Union d’action syndicale (UAS) :

Quel bilan pouvons-nous faire des réponses données alors par le gouvernement ?

* sur la tenue d’un atelier de finalisation des décrets devant permettre les reversements des fonctionnaires dans la nouvelle loi : comme prévu, l’atelier s’est tenu du 25 au 30 avril à Koudougou et les 2 décrets en question ont été adoptés par le conseil des ministres du 11 mai 2016. Le reversement qui était annoncé pour commencer en juin 2016 n’a pas été effectif.

* sur la relecture de l’arrêté conjoint N° 2013-195/MEF/MFPTSS du 30 mai 2013 portant procédures de traitement et modalités de liquidation de la retenue pour fait de grève.

* l’atelier sur les permanents syndicaux a été convoqué mais a dû être reporté par deux fois à la demande du patronat. La nouvelle date proposée par le patronat est le 28 juillet 2016 ;

* la session du cadre de concertation tripartite s’est tenue mais avec les insuffisances liées à sa composition.

* la relecture de la loi 028 portant Code du Travail est entravée d’une part par l’absence des observations et propositions du patronat et d’autre part par l’absence de ressources financières ; une requête budgétaire y relative a été adressée au ministère des finances ;

* la relecture de la loi 027 portant régime applicable aux agents des collectivités territoriales, selon le ministre, est avancée. Il existe un avant-projet de loi et une session du comité qui a dû prendre fin le 1er juillet devait examiner le régime indemnitaire ;

* les mesures en faveur des travailleurs victimes de la destruction de leurs lieux de travail lors de l’insurrection n’ont toujours pas pu être mises en œuvre en raison selon le ministre de l’ampleur des dommages, de la complexité de la question et des contraintes budgétaires actuelles ;

* concernant les plans d’action et les échéances sur le LMD, le gouvernement annonce que « les réflexions déjà engagées par le ministère se poursuivent dans le sens de trouver des solutions idoines».

* Enfin, sur l’extension des conventions collectives, le gouvernement évoque un délai plus long demandé par le patronat.

Source : Dossier de presse UAS

Même si les points développés plus haut n’ont pas connu de satisfaction dans leur mise en œuvre, ceux qui ont abouti ont été énumérés. Entre autres, Bassolma Bazié cite l’abrogation de l’arrêté portant sur l’institution des zones rouges, la baisse du prix des hydrocarbures, « même si ce n’est pas à la hauteur de nos attentes », dit-il, et également la révision de l’arrêté portant retenue sur fait de grève.

Des blocages inexplicables. Même si ces points sont résolus, note Bassolma Bazié, « d’autres préoccupations restent toujours (…). Certaines sont en cours d’exécution ou il y a des blocages inexplicables ». Ces blocages dans le traitement diligent des points de revendication des syndicats est du fait du patronat, selon Olivier Guy Ouédraogo.

A ce propos, une correspondance sera adressée au Gouvernement pour attirer son attention sur ce comportement du patronat et « donner des ultimatums concernant certains engagements qui impliquent le patronat. A titre d’exemple, pour les permanences syndicales, la date du 28 juillet (2016) est une date butoir », explique Président de mois des Centrales syndicales.

Aussi, indique-t-il, pour le Code du travail, « nous allons exiger que les travaux de la Commission consultative du travail commence le 30 ou le 31 août et pas au-delà. Sinon, poursuit Olivier Guy Ouédraogo, nous prendrons nous responsabilités ».

Il a été question des Koglweogo. Des sujets d’actualité, à propos des différents secteurs (Impôts, GSP, GRH, boulangers, etc.) qui sont en lutte pour la régularisation se leur situation, l’UAS leur assure son plein soutien. Il a été également question des Koglweogo. A ce propos, après de longs mois d’attente, les Centrales syndicales se sont enfin prononcées.

Selon Olivier Guy Ouédraogo, Président de mois des Centrales syndicales, « tout citoyen a le droit de se défendre. Les groupes de citoyens ont le droit de s’organiser et de se défendre. Nous reconnaissons à nos populations le droit de s’organiser et de se défendre contre les malfaiteurs. Les Koglweogo ne sont pas à nos yeux des parias ».   

Bassolma Bazié à propos des Koglweogo

« Beaucoup d’acteurs ont vu que le mouvement syndical n’a pas réagi. Et la réaction du mouvement syndical qu’on attendait là, c’est de sortir dire qu’on est contre les Koglweogo. Non ! On ne va pas faire des réactions sur le sentimentalisme, sur l’émotion.

Parce que le Koglweogo est une conséquence, c’est né de quelque chose. Mais quand l’Etat même dit qu’il lutte contre la pauvreté, allez-y dans les villages, quelqu’un qui a  des bœufs, tout son patrimoine de richesse se résume à  10 bœufs. Il se lève un matin, il n’y a plus rien.

C’est la pauvreté qui vient subitement lui dire bonjour. Mais qui est responsable ? C’est l’Etat ! Ce n’est pas les moyens qui manquent. Quel est le ministre qui se promène sans sécurité en estimant qu’il n’y a pas de ressources ? ».

Mais pour ce qui est des exactions qui portent atteinte aux droits humains, le mouvement syndical dit condamner et appelle le Gouvernement à encadrer les groupes d’autodéfense.

Sur la question des libertés, Bassolma Bazié s’est offusqué de l’interdiction de voyager de deux membres de l’ex parti au pouvoir, le CDP. « Aujourd’hui, ce sont des acteurs politiques, mais demain qui sera concerné ? », s’interroge-t-il.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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