Ada Sorgho : « Il est plus facile de casser un mur sur un papier que sur un terrain »

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80% des projets de bâtiments échappent aux circuits des cabinets d’architectes et des architectes. L’annonce a été faite par l’Ordre des architectes du Burkina (OAB), en conférence de presse le jeudi 7 juillet 2016. L’ordre célèbrera ses 25 ans d’existence en octobre prochain lors de la semaine de l’architecte prévue pour se tenir du 03 au 09 octobre sous le signe de ce défi « majeur » à relever.

Partant du fort taux de Burkinabè ne faisant pas recourt aux services de cabinets d’architectes, et donc de la méconnaissance même du métier, du rôle du pratiquant, l’ordre des architectes a décidé de mettre l’accent sur l’information et la sensibilisation sur la profession au cours de la 3ème  semaine de l’architecte.

Pour Ada Bocoum Sorgho Yaya, présidente du comité d’organisation, il n’y a plus lieu de se demander « j’ai un petit projet, est-ce que j’ai besoin d’un architecte ? ». « Non ! », s’exclame-t-elle. Tout projet, assure-t-elle, mérite que le client et l’architecte travaillent ensemble pour avoir un produit qui répond aux besoins du maître d’ouvrage.

La situation est plus grave qu’il n’y parait. Bien souvent des particuliers, affirme Ada Bocoum Sorgho/Yaya, se disent que ce n’est pas la peine, pour  une maison de « deux chambres salon », d’avoir affaire à un architecte. « Bien au contraire ! Quand on a un petit budget, il faut plutôt se rapprocher du professionnel pour qu’il puisse nous aider à avoir un projet à la hauteur du budget qu’on a », conseille l’architecte.

La présidente du comité d’organisation justifie le choix du thème « L’architecte, votre partenaire sûr pour des constructions de qualité » en ces termes: « nous sommes conscients que le métier est encore mal connu et souvent incompris par la plupart des populations ».

« Il est plus facile de casser un mur sur un papier que de le casser sur un terrain. Voilà pourquoi, explique-t-elle, avant de passer à l’action, il vaut mieux aller vers ce partenaire sûr qui est l’architecte ».

Evoquant au passage ces constructions qui font l’objet de critiques venant des prospects sur tel ou tel aspect d’une maison, d’un immeuble, Lassina Ouattara, vice-président de l’ordre a déclaré que « l’intervention du professionnel est tout de suite lisible ». En s’adressant au professionnel, dit-il, on est bien guidé, on est bien écouté et le projet aboutit à ce que le client veut. « C’est le premier des soucis de l’architecte », assure le vice-président de l’OAB.

L’étalement des villes est un « réel » problème, juge Ada Bocoum Sorgho/Yaya. Et pour cause « on se dit, logement égale parcelle. Le raisonnement de tout Burkinabè ». Mais pour Ada Bocoum, « je peux être logé sans forcément être propriétaire d’une parcelle ».

Les Habitats à loyer modéré (HLM) ne sont pas la solution miracle à la crise du logement, continue-t-elle. Les logements sociaux non plus. Une des raisons à cela est que « les gens continuent de se plaindre, malgré qu’on leur a remis les clés ».

Les villes s’étalent de manière continuelle à tel point que des surfaces autrefois cultivables sont devenues des sites de constructions de logements sociaux. Une question qui interpelle architecte et urbanistes à plus d’un titre. Mais, « la question de l’étalement est véritablement politique », affirme Lassina Ouattara. La décision de procéder à la délimitation d’une zone d’habitation ne relève pas de la compétence de l’architecte. « C’est bien au-delà de notre petit pouvoir en tant qu’architecte », dit-il.

70 exposants en provenance de 14 pays de l’UEMOA, de l’Afrique du Nord, de la France et du Canada sont attendus à la 3ème semaine de l’architecte.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

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