AJB : 48 heures pour revisiter les fondamentaux du journalisme

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Dans un contexte marqué par des questions sécuritaires et de lutte contre la corruption, l’Association des journalistes du Burkina (AJB) a jugé bon de regrouper un certain nombre d’acteurs, des journalistes et des représentants des différentes entités des Forces de défense et de sécurité (FDS) pour une réflexion en vue d’une meilleure collaboration d’une part et d’autre part pour le renforcement des capacité des hommes de presse.

L’impact de l’insécurité et de la corruption sur la pratique du journalisme a constitué le leitmotiv pour la tenue de cet atelier de deux (02) jours organisé par l’Association des journalistes du Burkina (AJB) à Koudougou les 11 et 12 juillet 2016.  

Avec pour objectif principal le renforcement de la pratique de l’éthique et de la déontologie dans la pratique professionnelle des journalistes et d’un journalisme responsable, les participants ont pu échanger sur plusieurs thèmes : les fondements de l’éthique et de la déontologie, l’éthique et la déontologie à l’épreuve des textes et des pratiques, l’exercice de la profession de journaliste dans un contexte d’insécurité et de corruption, Secrets de défense et médias etc.

« L’éthique et la déontologie constituent aux mains du journaliste une armure pour parer les coups ou les missiles ; pour résister aux pressions d’où qu’elles proviennent (…)On a vu des journalistes céder à la tentation, à la corruption, souvent sous le couvert injustifié de la pauvreté.

Vie privée dira-t-on ! Mais reconnaissons que pour des journalistes, ce n’est vraiment pas fameux. Et on ne les prendrait pas pour exemple, tout comme leurs productions vaporeuses, à odeur d’irresponsabilité ».

Sita Tarbagdo, communicateur.

Dans des échanges directs, les participants ont interagi et avec les différents communicateurs, ils ont tous rappelé que l’éthique et la déontologie doivent être les fondements pour un journalisme professionnel comme ici résumé par Sita Tarbagdo, communicateur, qui a lancé ceci aux participants : « Restez des reporters et non des supporters ».

La collaboration parfois empreinte de discourtoisies entre forces de l’ordre et journalistes a été largement débattue lors de cet atelier. A battons rompus, les représentants des services de communication des Forces de défense et de sécurité et les journalistes ont débattu, exposant les problèmes et les pistes  pour des solutions.

L’une des communications qui a surtout marqué cet atelier a été celle animée par Sita Sangaré, directeur du Tribunal militaire, sur le thème Secrets de défense et médias. Selon le directeur, le terme “secret défense” renvoie à des informations qui ne doivent être connues que par des personnes bien définies. Au Burkina, il existe trois niveaux de secret défense : le très secret défense, le secret défense et le confidentiel défense.

Et en fonction des niveaux, c’est le chef de l’Etat qui détermine la classification et les personnes habilitées. Dans la même lancée, le journaliste peut avoir accès à des informations classées à condition d’avoir l’habilitation pour le faire, note Sita sangaré.

L’AJB a organisé cet atelier avec la collaboration de son partenaire le Programme de Gestion non-violente des conflits (GENOVICO). Selon son représentant Eric Sawadogo, la présence des différents acteurs concernés par la formation « témoigne de son intérêt à travailler pour relever les défis qui se posent ».  

A noter que cet atelier a regroupé 46 hommes de médias et des représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie et de l’Etat-major des armées, des défenseurs de la liberté de presse et des représentants d’organes de régulation (CSC, OBM).

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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