Putsch manqué en Turquie : « Ça ressemble à ce qui s’est passé au Burkina » (ambassadeur turc)

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Selon l’ambassadeur turc Korkut Tufan, le putsch manqué du 15 juillet 2016 a de similitudes avec celui du 16 septembre 2015 au Burkina Faso. Il a fait le rapprochement ce lundi 18 juillet 2016 lors d’une conférence de presse qu’il a animée à l’ambassade. Il a par ailleurs qualifié les auteurs de terroristes au même titre que l’auteur de l’attaque de Nice en France.


Putsch manqué en Turquie: comme au Burkina?

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A entendre Korkut Tufan, l’ambassadeur de la Turquie au Burkina, il n’y a aucun doute. La similitude entre le putsch manqué dans son pays et celui du Burkina est tout à fait frappante. « Toute analogie est dangereuse », note le diplomate. « Mais là, je pense que ça ressemble assez à ce qui s’est passé au Burkina. Ce n’est pas l’armée même. C’est une faction au sein de l’armée », analyse-t-il. Au passage, il a fait cas du mérite l’armée régulière « qui a résisté dès le début avec le peuple » en prenant ses responsabilités pour anéantir le plan des putschistes.

« Qui que ce soit derrière cela peut être qualifié de terroriste »

Korkut Tufan n’a pas hésité à qualifier la tentative de putsch, d’acte terroriste. L’ambassadeur estime qu’il n’y a aucune différence entre leurs auteurs et l’auteur de l’attaque de Nice. « Il y a eu des chars qui ont roulé sur des gens. Ce qui s’est passé à Nice, quelle différence entre écraser les gens par un camion, ou par des chars, tirer sur son peuple, sur son parlement ? Qui que ce soit derrière cela peut être qualifié de terroriste », a-t-il affirmé.

Derrière ce « qui que ce soit », le gouvernement turc a déjà son suspect numéro 1. Il s’agit de l’opposant Fettullah Gülen et ses sympathisants. Notamment ceux issus des forces armées nationales.

« Ils savaient qu’au conseil militaire de début août, ils allaient être démis de leurs fonctions. Ceci ressemble à une tentative suicidaire, d’un coup qui n’allait pas marcher, parce ce qu’il  n’avait pas l’appui du peuple, le plus important, il n’avait pas l’appui de l’armée », a déclaré l’ambassadeur. « L’hostilité envers le gouvernement démocratiquement élu de la Turquie, assure le diplomate, est assez claire si vous voyez les dernières déclarations de cette organisation ».

« Parfois, il faut couper le bras pour sauver le corps »

Le bilan des opérations menées dressé par l’ambassadeur se résume à l’arrestation de plus de 6 000 personnes soupçonnées d’être liées au putsch dont plus de 100 autres ont perdu la vie. Selon lui, plus de 190 citoyens innocents sont morts sous les balles des putschistes avec plus de 1 400 blessés.

L’ambassadeur n’occulte pas que ces milliers d’arrestations puissent porter un  coup à la cohésion sociale dans son pays. Mais, dit-il tout net « parfois, il faut couper le bras pour sauver le corps ». Pour cette raison, ajoute Korkut Tufan, « l’Etat doit se protéger. Donc toute personne que l’Etat soupçonne, qui voulait changer le gouvernement démocratiquement élu, doit être entendue ».

L’ambassadeur estime qu’il est temps de finir avec ce qui se passe dans son pays. « Ce qui s’est passé le vendredi soir, juge-t-il, est vraiment lamentable. Ça ressemble plus à une action terroriste qu’à un coup d’Etat ». Et « les terroristes seront punis conformément à la loi », a conclu l’ambassadeur.

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