Fadal Dey : “Chanter pour immortaliser Thomas Sankara, c’est chanter la vie”

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A l’occasion du plénum de l’Union pour la Renaissance/ Parti Sankariste (UNIR/PS), le jeudi 4 août 2016 à Ouagadougou, l’artiste ivoirien Fadal Dey a procédé à la présentation du clip du titre «Sankara forever » dont il a cédé les droit au parti. 

Me  Bénéwendé Sankara et le reggae

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Le titre « Sankara forever » de Fadal Dey, qui rend hommage à Thomas Sankara, est désormais une propriété de la formation politique burkinabè,  l’Union pour la Renaissance/parti Sankariste. Après avoir tourné le clip au Burkina, l’œuvre a été présentée aux militants et à la presse à la clôture du plénum ce 4 août, marquant l’anniversaire de l’avènement de la Révolution d’août 1983.

Cependant,  Fadal Dey,  en «sankariste convaincu », n’a réclamé que les frais liés à la production de la chanson. Pour lui, c’est une collaboration qui visait juste à immortaliser le Président Thomas Sankara et ses idées. «Je suis fier de faire ce travail parce que pour moi,  chanter pour immortaliser Sankara, c’est chanter la vie », dit-il.

"C'est ça un rasta !", a déclaré Me Bénéwendé à l'endroit de Fadal Dey - © Burkina24
“C’est ça un rasta !”, a déclaré Me Bénéwendé à l’endroit de Fadal Dey – © Burkina24

Il poursuit en expliquant que «quand on a parlé de collaboration, je me dis que nous travaillons tous sur l’image de Thomas. Sankara, eux politiquement et nous dans la chanson. En  cédant les droits, ils peuvent travailler à travers leurs manifestants en sensibilisant la foule. C’est donc une collaboration propre et nette. Je ne regrette pas du tout. Il n’y a pas eu d’argent. Ils m’ont juste remboursé le prix de la production de la chanson, mais pas de l’album ».

Mais voici ce qui a le plus marqué Fadal Dey concernant le père la Révolution de 1983:

«Il avait de grandes idées pour l’Afrique. Voici un pays qu’on appelait la haute volta, qui ne voulait rien dire. C’est comme la Côte d’Ivoire. Des gens sont venus nous trouver sur une terre,  des hommes avec des éléphants, ils ont pris le nom des éléphants pour nous donner, la côte des ivoires. Sankara a eu le courage de donner une autre vision du pays en changeant le nom de Haute -Volta en Burkina Faso. Pour cela, je voue un respect pour le peuple burkinabè. Le Burkinabè naît avec son intégrité. Tu peux tout faire à un burkinabè mais ne joue pas avec son honneur ».

Me Sankara Bénéwendé  Sankara, le président de l’UNIR/PS,  a pour sa part dit toute sa reconnaissance «à cet artiste qui a connu la prison à cause de l’UNIR/PS », avant de lui souhaiter une belle carrière.

« Il ne le dit pas mais je le dis, continue-t-il. Il a tenu à ce que cette chanson nous soit léguée et il ne nous a pas demandé un kopeck. Les frais qu’il supporte pour venir au Burkina, il ne nous a jamais demandé de l’argent ».

“C’est ça être rasta !”

Ce “frère et ami”  a connu beaucoup de déboires, mentionne toujours Me Sankara. « Pendant la convention avec Mariam Sankara, on ne lui a pas permis de chanter. Quand on mettait son morceau, on a tout débranché. Vrai ou faux, il ne veut pas parler, moi ça m’a fait mal. Mais qu’est-ce que vous voulez c’est ça aussi les hommes », s’est épanché le président du parti de l’œuf.

Pour son engagement, Me Sankara n’a de mot pour le remercier. «Quand la dernière fois il nous a demandé des militants pour tourner son clip, confie-t-il,  il se trouvait que le bureau politique du Kadiogo avait une réunion. Je lui ai dit “Bramogo, ya foyi” et on s’est retrouvé sous l’arbre à côté pour tourner (…). Il nous a dit qu’il venait le 4 août et il est arrivé ce matin. C’est ça être rasta ! ».

En rappel, l’album « Djan Coco » de Fadal Dey qui dans le langage de la rue en Côte d’ivoire veut dire « Jamais» ,  comporte 17 titres.

Revelyn SOME

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